L’ef­fet va­cances ? Le je-m’en­fou­tisme sexy : beau­coup de peau, peu de tis­su...

Be - - HUMEUR - — FIO­NA SCH­MIDT *Rap­port au dia­mètre des chaises, évi­dem­ment, et pas aux fes­siers régionaux.

LES AC­TI­VI­TÉS DE PLEIN AIR

Sans ef­fet va­cances Quand on ha­bite Pa­ris, c’est guet­ter la na­no­place sur une ter­rasse grande comme un sac à main avec l’air de Sar­ko­zy sur le paillas­son de Li­liane Bet­ten­court, puis pas­ser l’après-mi­di le bras en l’air, en at­ten­dant qu’un ser­veur ex­cé­dé veuille bien nous ap­por­ter un Per­rier chaud à 8 eu­ros. Quand on n’ha­bite pas Pa­ris, c’est pa­reil, mais avec plus d’hec­tare fes­sier* sur la chaise, plus de gla­çons et moins de crampes au porte-mon­naie.

Avec ef­fet va­cances C’est res­ter entre quatre murs uni­que­ment pour dor­mir, et en­core. C’est faire du sport sans s’en rendre compte, et brû­ler des ca­lo­ries rien qu’en cli­gnant des yeux ou en rou­lant ses clopes. C’est avoir les grillons en bande-son jour et nuit, puis­qu’on dort fe­nêtres ou­vertes. C’est dif­fi­cile à re­pro­duire quand on ne vit pas au bord de la Mé­di­ter­ra­née, mais on fait d’as­sez bonnes co­pies avec une fou­ta et un pique-nique dans le parc le plus proche.

LES AC­TI­VI­TÉS IN­TEL­LEC­TUELLES

Sans ef­fet va­cances On suit l’ac­tua­li­té cultu­relle avec un in­té­rêt cour­tois, ne se­rait-ce que pour en­tre­te­nir les échanges conju­gaux. On lit des livres re­com­man­dés dans les ma­ga­zines, on va au musée et au ci­né­ma, on s’up­date sur l’Ig­gy Aza­lea de la se­maine, on porte les T-shirts im­pri­més Jean-Paul Sartre et Si­mone de Beauvoir si­gnés Talc, la nou­velle marque qui buzze. Bref, on tourne à 140 de tour de poi­trine... de QI, au­tant pour moi.

Avec ef­fet va­cances L’été sert aus­si à dé­toxer son es­prit pour qu’à la fin des va­cances, il puisse voir l’élas­tique de notre queue-de-che­val quand il nous re­garde dans les yeux. Et nous, son dé­but de ton­sure dans les siens – ou la marque de sa cas­quette, s’il est né après 1985. Pour ga­ran­tir cette ac­tion “heu­reux les simples d’es­prit”, on peut dès à pré­sent se dé­toxer les neu­rones à Marc Le­vy, et ne plus comp­ter qu’en in­dice de crème so­laire. Le but est at­teint quand on entre un contact dans son Smart­phone au Bic.

LE BRON­ZAGE

Sans ef­fet va­cances On a un teint berg­ma­nien, un peu comme si on vi­vait der­rière le filtre Willow d’Ins­ta­gram.

Avec ef­fet va­cances On passe à la ver­sion co­lo­ri­sée de nous-même, puis à la 3D, en­core plus sexy. D’ici là, un bon gom­mage et un coup de blush sur les pom­mettes valent mieux qu’un plâ­trage au­to­bron­zant + ter­ra­cot­ta sur un teint d’ani­sette (pro­verbe an­na­win­tou­rien).

LE MENU

Sans ef­fet va­cances Ça fait quatre mois qu’on bouffe les “spé­cial corps” des ma­ga­zines fé­mi­nins. Quatre mois qu’on compte jus­qu’à dix avant d’ava­ler la bou­chée de nour­ri­ture sans glu­ten, sucre, huile de palme, OGM, sel, conser­va­teurs, co­lo­rant, lait, goût... Ah ! ça, on les a per­dus, les trois ki­los avant le maillot ! Mais on a en­vie de pleu­rer quand on com­mande une Ba­doit menthe.

Avec ef­fet va­cances On fe­ra at­ten­tion pen­dant une de­mi-heure, puis nos ré­so­lu­tions se dis­sou­dront dans les ca­ca­huètes de l’apé­ro, qui dure de 17 h 30 à 4 heures du ma­tin. Contre ce­la, les jour­na­listes des fé­mi­nins ont une as­tuce : elles en­filent un pa­réo et s’éclatent comme tout le monde.

LE SEXE

Sans ef­fet va­cances Comment ça, “On-bez”, c’est pas le nom d’une ap­pli sur An­droid ?!?

Avec ef­fet va­cances Soyons hon­nête : les va­cances, c’est su­per, mais on s’em­merde as­sez vite. Est-ce pour cette rai­son qu’on a l’air d’avoir une lan­guette “ou­ver­ture fa­cile” sur nos maillots l’été ? En tout cas, le fait de pe­lo­ter autre chose que son Smart­phone, qui ne passe nulle part en août, n’y est sans doute pas étran­ger. Lais­sez-le dans le ti­roir du bu­reau pour voir ce que vos doigts vous sug­gèrent de faire, le soir à la chan­delle...

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.