Met­tez votre couple en va­cances !

LE LOVE-DÉ­PAY­SE­MENT, C’EST PLUS UNE QUES­TION D’AT­TI­TUDE QUE DE PLAGE EXO­TIQUE.

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C’est quoi, l’ef­fet va­cances ? Un teint d’abri­cot mûr, as­sez de marques de maillot pour faire croire que Mon­drian a peint notre corps, et un cer­veau tel­le­ment dé­ten­du qu’on en­tend la mer quand on nous claque la bise. L’idée est de va­po­ri­ser cet es­prit cool dans le sa­lon conju­gal, où il règne par­fois une am­biance à cou­per au cou­teau. Comment évi­ter la guerre et faire la paix – et, pour­quoi pas, l’amour ? – avec son compte-joint dès au­jourd’hui et le plus long­temps pos­sible ? Ré­ci­tez donc cet ar­ticle trois fois par jour de­vant le lit conju­gal, vous m’en di­rez des nou­velles !

LE FAR­NIENTE

Sans ef­fet va­cances C’est un jo­li concept qui ne veut pas dire grand­chose, un peu comme les films de Da­vid Lynch. Car, con­crè­te­ment, l’oi­si­ve­té, ça concerne qui ? Jean-Fran­çois Co­pé, les re­trai­tés ni­çois et la dame qui sert les choux de Bruxelles à la can­tine. Cer­tai­ne­ment pas les ur­bains ac­tifs à vie so­ciale, fa­mi­liale et cultu­relle. Per­son­nel­le­ment, entre les 750 mails pros à vi­dan­ger toutes les heures et ma to do list longue comme une jambe de top-mo­dèle slave, je ne vois pas bien quand j’au­rai l’oc­ca­sion de far­nien­ter – si je sa­vais comment on fait.

Avec ef­fet va­cances Avez-vous re­mar­qué que lors­qu’on est en congés, on vit à l’ho­ri­zon­tale ? Les apé­ros sur tran­sat et les nuits de dix heures suc­cèdent aux siestes et aux bains de so­leil, ce qui concentre notre ac­ti­vi­té phy­sique à un mètre au-des­sus du sol, maxi­mum. Or, toutes les ac­ti­vi­tés pé­nibles et chro­no­phages (ran­ge­ment, cui­sine, lec­ture de livres à cou­ver­ture fra­gile, course à pied, voire par­tie de squash, quelle hor­reur !) sont si­tuées au-des­sus de ce Tro­pique. On ap­pri­voi­se­ra donc la glande es­ti­vale en abaissant notre zone d’ac­ti­vi­té pro­gres­si­ve­ment,

par pal­lier de dé­com­pres­sion, jus­qu’à at­teindre ce ni­veau de far­niente op­ti­mal. Et, croyez-moi, les idées pour s’oc­cu­per avec un type à ras le plan­cher viennent as­sez vite.

LE DRESS CODE

Sans ef­fet va­cances Du lun­di au ven­dre­di, on nous croi­rait tom­bés d’un pan­neau The Kooples tel­le­ment on ex­hale la mode. Il porte le cos­tume comme s’il était né de­dans, on connaît nos gammes de nude par coeur, nos or­teils sont blo­qués en po­si­tion ta­lons de 12... Bref, on est tel­le­ment chics que le moindre de nos sou­pirs est mo­no­gram­mé. Le week-end, en re­vanche, on se dé­tend. En lan­gage fringues, ça veut dire pan­ta­lon mou et T-shirt confor­table. En lan­gage sex-ap­peal, ça veut dire qu’on a l’air d’être la­vables à 60 °C.

Avec ef­fet va­cances As­sor­tir sa ma­nu­cure tie and dye à sa robe en den­telle vin­tage, por­ter les san­dales à ta­lons hi­ma­layesques qu’on s’est of­ferts en dé­but de sai­son, s’es­sayer au look dis­co-bling fa­çon Bal­main le soir : tout le monde sait bien que les fa­shion ré­so­lu­tions es­ti­vales ne dé­passent ja­mais le péage de Lyon, et qu’on pas­se­ra les va­cances en short et en tongs, ha­billée d’une couche de mo­noï. Car c’est ça, l’ef­fet va­cances : le je-m’en-fou­tisme sexy. DIY : beau­coup de peau, peu de tis­su, les pieds nus le plus souvent pos­sible, et les pau­pières lourdes de sous-en­ten­dus.

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