LA YOUTURAPIE

OU QUAND LES FREUD 2.0 IN­VENTENT LA VIDÉOPSYCHANALYSE SUR LES RÉ­SEAUX SO­CIAUX.

Be - - TOUT DE SUITE - —FIO­NA SCH­MIDT

Notre es­prit est dé­jà un open bar vir­tuel, et nos fol­lo­wers peuvent s’abreu­ver H24 des na­no­dé­tails de notre quo­ti­dien. La self-therapy sur You­Tube de­vrait le trans­for­mer en concept store avec coin yo­ga. Le prin­cipe est le même que sur un di­van, à ce­ci près que l’ana­lyse dure le temps d’une vi­déo, et que votre psy est le monde en­tier. Bien que ré­cente, la Youturapie a dé­jà ses stars, comme Ga­brielle Bern­stein, 33 ans, 38 000 abon­nés sur You­Tube et 87 000 fans sur Fa­ce­book, qu’Oprah Win­frey dé­crit comme un “leader spi­ri­tuel de la gé­né­ra­tion Y” : ses vlogs, dans les­quels elle ex­plique comment elle a évi­té le burn-out grâce à la mé­di­ta­tion, lui ont per­mis d’écrire quatre livres de dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel, dont le der­nier est nu­mé­ro 1 des ventes aux États-Unis. Autres maux, autre gou­rou : Mas­tin Kipp, la mi­cro­tren­taine, com­mence par twit­ter son ad­dic­tion aux drogues dures, puis son li­cen­cie­ment d’une ma­jor hol­ly­woo­dienne dont il est l’un des di­ri­geants, avant de créer the­dai­ly­love.com, pour par­ta­ger ses doutes et ses conseils. Kim Kar­da­shian ret­witte un post sur deux, et le gars se­rait sur le point d’ani­mer sa propre émission té­lé… En­core ? Per­sia et Joey, deux An­glaises fê­tardes et pau­mées en amour, se ra­content sur ad­dic­ti­ve­daugh­ter.com. Au­jourd’hui dé­toxées et amou­reuses, elles viennent de tour­ner un documentaire avec Rus­sell Brand. Plus court, moins cher, plus ef­fi­cace, plus lu­cra­tif, plus sexy… Le cla­vier a-t-il dé­jà rem­pla­cé le di­van ?

Ga­brielle Bern­stein

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