PIERRE TOUS­SAINT CASENTINI

dit Pierre Tou, 59 ans, ma­raî­cher et pro­prié­taire de la paillote Le Pi­rate à Ca­po di Fe­no

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Comment êtes-vous ar­ri­vé à Ca­po di Fe­no ? Je suis ajac­cien de père, de mère et de grand-mère ! Ca­po, c’est “la” plage des gens du coin. Je l’ai dé­cou­verte ado­les­cent. À l’époque, il y avait juste un ca­ba­non, sans eau ni élec­tri­ci­té. Je fai­sais les sai­sons comme DJ au Week-end, sur les îles San­gui­naires, dans le golfe d’Ajac­cio, et au Blue Moon, à Por­tic­cio. En 1976, j’ai ou­vert ma paillote. Rien n’a chan­gé de­puis, il n’y a tou­jours que six tables. Qu’y a-t-il

de par­ti­cu­lier ici ? C’est sau­vage. Il n’y a que des champs d’orge, de lé­gumes, d’im­mor­telles et des ver­gers... La plage est si­tuée dans l’anse de Mi­nac­cia (“la me­nace”), qui porte bien son nom, parce que la mer y est souvent dé­mon­tée. On est en har­mo­nie

avec la na­ture, ma­gni­fique et par­fois hos­tile... On dit qu’il faut mon­trer patte blanche pour être ac­cueilli

au Pi­rate, c’est vrai ? Nous, les Corses, on a souvent un pas de re­cul. On est comme notre terre, on peut ap­pa­raître comme une mon­tagne in­fran­chis­sable, mais quand les gens veulent vrai­ment les clés, on les leur donne. Et là, ils sont chez eux. Mais il faut nous sé­duire un peu... Pour com­prendre notre fonc­tion­ne­ment, li­sez “As­té­rix en Corse”, les au­teurs ont cro­qué l’île comme per­sonne. Qui sont les

clients du Pi­rate ? Beau­coup d’ha­bi­tués. Ceux qui viennent jus­qu’ici cherchent quelque chose d’au­then­tique. C’est pour ça que de­puis trente-neuf ans, je ne fais pas évo­luer l’en­droit.

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