To be or not to be ? L’odys­sée de l’homme

CE MOIS-CI, FABIEN CONSTANT RE­VIENT SUR LA FA­SHION WEEK HOMME, ET SUR SES CONSÉ­QUENCES SUR LE MÂLE DE L’HI­VER 2014-2015.

Be - - SOMMAIRE -

Nous sommes en août, et vous êtes tou­jours cé­li­ba­taire ? Pour vous re­mon­ter le mo­ral – et votre vie sexuelle et sen­ti­men­tale, tant qu’on y est –, mi­sez tout sur l’homme de de­main. Pas ce­lui de cet été, on s’en fout de ce­lui-là, il n’est plus en ma­ga­sin. Non, ce­lui qui vient de dé­fi­ler, ce­lui de l’été pro­chain. On com­mence par un homme, un vrai. Ce­lui de Dolce & Gab­ba­na est un concen­tré de Sud, de pas­ta et d’huile d’olive. Et comme cette sai­son était rouge to­réa­dor, ajou­tez un zeste d’Espagne. Le mâle D&G est une ba­raque d’un mètre quatre-vingt-dix de haut sur un mètre vingt-cinq d’épaules, très la­tin, prêt à vous dé­fon­cer l’arène (c’est in­croyable ce que vous avez les idées mal pla­cées). Le duo de créa­teurs ita­lo-si­ci­lien a pen­sé à tout en vous épar­gnant la seyante mais très in­com­mo­dante combinaison in­té­grale de ma­ta­dor do­rée et mou­lée à sou­hait. Il a op­té pour le short, mi-to­ré­ro, mi-sport. Ne reste plus qu’à choi­sir votre rôle : être la proie qui fonce dans le tor­chon ou re­tour­ner les ban­de­rilles sur votre bour­reau et vous pro­cu­rer ses oreilles ou tout autre mor­ceau de choix que vous gar­de­rez en tro­phée, jus­qu’à l’été pro­chain. Si vous êtes “poi­lo­phobe”, op­tez pour l’homme Saint Laurent Pa­ris. Ap­pe­lons-le plu­tôt le “gar­çon” Saint Laurent Pa­ris. Lui, le poil, il tente en­core de le faire pous­ser au men­ton. En tous cas, il est rock, il est trash, il est cool, il est même au-de­là de ça. Cha­peau de cow-boy, que même Phar­rell-Williams-il-fait-pe­tit-joueur-à-cô­té, et che­veux blonds hol­ly­woo­diens sur peau dia­phane qui si­gni­fient : “Moi, le so­leil, connais pas. Je vis la nuit, ex­cu­sez-moi.” Col­lier ta­lis­man pour y mettre ses bou­lettes (ou tout autre ac­ces­soire moins pro­hi­bé) : hy­pra hip­pie cool. Jean slim bien mem­bré et bottes de bi­ker im­ma­cu­lées : oh yeah ! Le som­met étant le plaid vo­lé dans le tour bus et dans le­quel il va vous en­rou­ler plus vite qu’il n’a com­po­sé sa der­nière chan­son. À moins que vous n’op­tiez pour l’homme dé­voué. Un gladiateur ro­main dans votre sa­lon : voi­ci l’homme Ver­sace. Do­na­tel­la, n’ayant peur de rien (à com­men­cer par elle-même), a dé­ci­dé de tordre le cou aux cli­chés en pro­po­sant un éphèbe noir en toge mi­ni­ma­liste ras le torse, la fesse et les bi­joux de fa­mille. On vous en­tend dé­jà crier au scan­dale : “Un homme noir en te­nue et col­lier d’es­clave, re­tour à l’hor­rible An­ti­qui­té, ré­gres­sion so­ciale, tra­hi­son des droits de l’homme...” Pas faux. Mais at­ten­dez que ce der­nier vous fasse grim­per aux ri­deaux du sa­lon, et vous ver­rez qu’avant les droits de l’homme, il est par­fois bon de pen­ser aux droits de la femme. Quant à moi, je vous laisse là, avec votre fi­let de bave que vous ve­nez de faire tom­ber sur la page, qui est toute col­lée de­puis. Pas­sez à la sui­vante, y a plein de trucs bien à lire après. Bonne fin d’été.

VER­SACE

To­ré­ro spor­ty chez Dolce & Gab­ba­na, hip­pie cow-boy chic chez Saint Laurent

ou gladiateur chez Ver­sace, faites

votre choix !

SAINT LAURENT PAR HE­DI SLI­MANE

DOLCE & GAB­BA­NA

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