ALORS, ON AIME?

NOS CINQ JU­RÉS ONT LU, VU ET EN­TEN­DU POUR VOUS. ILS LIVRENT LEUR AVIS TRAN­CHÉ.

Be - - CALEPIN -

NA­THA­LIE DU­CHÊNE a lu “Pé­tro­nille”, d’Amé­lie No­thomb (éd. Al­bin Mi­chel). Sor­tie le 21 août.

La pre­mière ligne du livre ?

“L’ivresse ne s’im­pro­vise pas.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire sans trop en dire...

Ça parle de l’ami­tié entre deux écri­vaines ta­len­tueuses et ha­bi­tées par une fo­lie op­po­sée mais com­plé­men­taire. Le livre évoque la ren­contre de deux mondes s’ac­cor­dant au rythme du cré­pi­te­ment poé­tique et en­ivrant d’une bou­teille de cham­pagne grand cru.

La phrase qui vous a mar­quée ?

“[...] au nom de cette étrange forme d’amour si mys­té­rieuse si dan­ge­reuse et dont l’en­jeu échappe tou­jours, l’ami­tié.” Il n’y a qu’une fine fron­tière entre l’amour et l’ami­tié. No­thomb flirte avec cette am­bi­guï­té, elle crée une ten­sion sexuelle sus­ci­tée par l’ad­mi­ra­tion que ses deux per­son­nages éprouvent l’un pour l’autre.

Une bonne rai­son de le lire ?

Amé­lie No­thomb m’a tou­jours in­tri­guée. Elle dévoile au fur et à me­sure de ses pa­ru­tions une par­tie de sa per­son­na­li­té. Ce der­nier livre est une nou­velle pièce du puzzle.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À un com­pa­gnon noctambule, ama­teur de bon cham­pagne, qui n’est pas contre l’idée de jouer à la roulette russe.

Note at­tri­buée ?

B. J’ai été sai­sie par une fin... qui tombe à l’eau. Na­tha­lie Du­chêne, belge comme l’au­teure, et DJ ré­si­dente au Si­len­cio, à Pa­ris. Pre­mier EP à ve­nir.

HOR­TENSE BONAMY a lu “Tout ce que je sais de l’amour”, de Mi­che­la Mar­za­no (éd. Stock). Sor­tie le 20 août.

La pre­mière ligne du livre ?

“En­fant, je rê­vais de l’amour.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire sans trop en dire...

Il s’agit d’un es­sai sur l’amour. L’au­teur ra­conte ses pen­sées, ses an­goisses et l’évo­lu­tion de tout ce­la au­tour de son his­toire sen­ti­men­tale avec Jacques. Elle re­lie ses maux amou­reux à son en­fance, à sa vi­sion du prince char­mant, et passe de la joie à la peine aus­si ra­pi­de­ment qu’on change de ligne. C’est dé­cou­su, rem­pli de gé­né­ra­li­tés ti­rées de son ex­pé­rience per­son­nelle avec les hommes.

La phrase qui vous a mar­quée ?

“Les hommes ma­riés – si cer­taines ont en­core des illu­sions, elles fe­raient mieux de lais­ser tom­ber avant qu’il ne soit trop tard – ne quittent ja­mais leurs femmes.” Voi­là, voi­là...

Une bonne rai­son de le lire ?

Je n’en vois pas.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À un étu­diant en psy­cho, pour une étude de cas. Tiens, voi­là une rai­son de le lire !

Note at­tri­buée ?

Dif­fi­cile de noter l’au­to­thé­ra­pie d’une per­sonne, même si celle-ci est en li­brai­ries.

Hor­tense Bonamy, ré­cem­ment fian­cée.

ANAÏS RI­CHEZ a vu “Sils Ma­ria”, d’Oli­vier As­sayas. En salles le 20 août.

La pre­mière scène du film ?

Dans le cou­loir d’un train, mal­gré les nom­breuses cou­pures de ré­seau, Va­len­tine (Kristen Ste­wart), l’as­sis­tante de Ma­ria (Ju­liette Bi­noche), es­saie de gé­rer les af­faires per­son­nelles et les ren­dez-vous de l’ac­trice.

Ra­conte-nous l’his­toire sans trop en dire...

Ma­ria En­ders re­joue la pièce qui l’a pro­pul­sée au rang de su­per­star vingt ans au­pa­ra­vant. Mais, cette fois-ci, dans le rôle de la femme mûre pous­sée au sui­cide par sa jeune as­sis­tante dont elle est éprise. Ma­ria se re­trouve alors dé­pas­sée par ce rôle qui re­flète un peu trop sa propre vie.

La scène qui vous a mar­quée ?

Lorsque Ma­ria conseille à sa par­te­naire, Jo-Ann (Ch­loë Grace Mo­retz), de jouer une scène dif­fé­rem­ment, et que cette der­nière re­fuse. Mal­gré un dia­logue cour­tois, on peut sen­tir le ma­laise qui plane entre les deux co­mé­diennes.

Une bonne rai­son d’al­ler le voir ?

De très beaux plans, et sur­tout le duo Ju­liette Bi­noche-Kristen Ste­wart, qui fonc­tionne par­fai­te­ment.

Avec qui iriez-vous le voir ?

Avec ma mère, car elle aime les films dans les­quels elle peut se reconnaître.

Note at­tri­buée ?

B+, sur­tout pour la réa­li­sa­tion d’Oli­vier As­sayas. Et l’his­toire traite d’un su­jet ac­tuel : le re­fus et de la peur de vieillir.

Anaïs Ri­chez, co­mé­dienne.

MAT­THIEU SIBONY a écou­té “V”, de JJ (Se­cret­ly Ca­na­dian/ Pias). Sor­tie le 19 août.

Vos pre­mières im­pres­sions ?

C’est ha­bi­té, contem­pla­tif, mais sur­tout tel­le­ment sué­dois.

Vos titres pré­fé­rés ?

“V” parce que c’est l’in­tro du disque, ça sonne comme une pro­messe, une in­vi­ta­tion. Et “I” parce qu’il y a plus de re­lief, c’est plus com­po­sé, plus tra­vaillé mé­lo­di­que­ment, et pas juste ex­ta­tique.

Ceux que vous ai­mez le moins ?

Il n’y a pas vrai­ment de mau­vais mor­ceau en par­ti­cu­lier, mais une sen­sa­tion de conti­nuum tout au long de l’album, par­fois un poil mo­no­tone.

Dans quelles cir­cons­tances écou­te­riez-vous ce disque ?

Le 17 sep­tembre, en La­po­nie, en guet­tant une au­rore bo­réale, ou cet été en re­gar­dant la mer.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À tous les fans de Si­gur Rós, Fe­ver Ray et MØ.

Note at­tri­buée ?

B, parce que c’est bien, et pas A parce que c’est (par­fois) un peu chiant. Mat­thieu Sibony, fon­da­teur de la so­cié­té de pro­duc­tion de bandes-son et de su­per­vi­sion mu­si­cale Sch­mooze, et as­so­cié du res­tau­rant Vic­tor, 14, rue Vic­tor-Mas­sé, Pa­ris 9. le­vic­tor.fr

LAU­RY DA­MIEN a lu “Parle-moi du sous-sol”, de Clo­tilde Co­quet (éd. Fayard). Sor­tie le 20 août.

La pre­mière ligne du livre ?

“Il fal­lait se pré­sen­ter à 8 heures, bien avant l’ou­ver­ture du ma­ga­sin, cette fois à l’en­trée du per­son­nel puisque les quatre pages du contrat in­ter­disent d’em­prun­ter la même porte que les clients, dé­sor­mais nous ne fai­sons plus par­tie de la même ca­té­go­rie, de cette foule in­sou­ciante et avide, et c’est là qu’il faut poin­ter, bien que le pre­mier jour ne compte pas.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire sans trop en dire...

Pour évi­ter de s’ins­crire à Pôle em­ploi, une jeune di­plô­mée en arts ac­cepte un temps par­tiel en tant que cais­sière dans un grand ma­ga­sin.

La phrase qui vous a mar­quée ?

“L’une de mes col­lègues se tour­mente en voyant qu’une note du rayon épi­ce­rie at­teint plu­sieurs mois de son sa­laire.” Une bonne rai­son de le lire ? Le livre met en lu­mière un pro­blème de so­cié­té qui touche les jeunes di­plô­més : la dif­fi­cul­té de se lan­cer dans la vie ac­tive.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À ces per­sonnes qui dé­pensent notre sa­laire en un cla­que­ment de doigts, afin qu’elles dé­couvrent l’autre monde qui existe sous leurs yeux.

Note at­tri­buée ?

A. C’est un ou­vrage juste et tou­chant, qui se lit vite.

Lau­ry Da­mien, ven­deuse et di­plô­mée d’école de com­merce.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.