BETTIE, UNE BELLE PAGE DE GLA­MOUR

Be - - TOUT DE SUITE - —MAR­TA REPRESA

JÀ L’HEURE OÙ SES PLUS BELLES PHOTOS – CAP­TU­RÉES PAR LA GÉ­NIALE BUN­NY YEAGER – SONT RAS­SEM­BLÉES

DANS UN LIVRE PA­RU CHEZ RIZZOLI, LA LÉ­GEN­DAIRE PIN-UP NOUS INS­PIRE TOU­JOURS.

e n’es­sayais pas de cho­quer, je ne vou­lais pas chan­ger la so­cié­té ni être en avance sur mon temps. Je ne pen­sais pas être une femme li­bé­rée, et je ne crois pas que mon travail avait de l’im­por­tance. Sim­ple­ment, j’étais moi-même. Je n’au­rais pas su vivre de ma­nière dif­fé­rente.” À la fin de sa vie, Bettie Page, mar­quée par la dé­pres­sion et les dif­fi­cul­tés fi­nan­cières, re­fu­sait de prendre sa car­rière de pin-up et man­ne­quin SM au sé­rieux. Et pour­tant, elle a chan­gé le monde. Sans elle, Ma­don­na ne se se­rait ja­mais af­fi­chée en te­nue bon­dage, Ri­han­na non plus ; Ka­ty Per­ry se­rait blonde et sans frange ; et Di­ta Von Teese, bi­blio­thé­caire plu­tôt que star bur­lesque. Cette brune sexy de Na­sh­ville aux courbes par­faites a char­mé plu­sieurs gé­né­ra­tions à tra­vers des courts-mé­trages où elle ap­pa­rais­sait en do­mi­na­trice, cuir, cra­vache et ta­lons dé­me­su­rés in­clus, ou en vic­time désar­mée et at­ta­chée. Et par ses cli­chés fé­tiches, pu­bliés dans des ma­ga­zines aux titres aussi im­pro­bables que “Flirt” ou “Tit­ter”. Mais c’est à la pho­to­graphe Bun­ny Yeager (dé­cé­dée en mai) que l’on doit ses plus belles images, cap­tu­rées entre 1954 et 1957. An­cienne man­ne­quin, Bun­ny a tout de suite per­çu les qualités de Bettie : “Elle connais­sait son corps à mer­veille et sa­vait le su­bli­mer comme per­sonne. Même com­plè­te­ment dé­nu­dée, elle n’avait ja­mais l’air nue. Son travail l’amu­sait vrai­ment”, di­rait-elle plus tard. Des ob­ser­va­tions par­ta­gées par un Hugh Hef­ner vi­sion­naire qui l’a choi­sie comme “double page cen­trale” du “Play­boy” de jan­vier 1955, où elle pose avec un bon­net de Père Noël pour unique vê­te­ment. La col­la­bo­ra­tion entre Bettie et Bun­ny a pris fin deux ans plus tard, quand la pin-up a dé­ci­dé d’échan­ger les fouets et les Bi­ki­ni léo­pard contre la re­li­gion et les Bible Schools. Mais, comme l’a dé­cla­ré Hef­ner après sa mort, en 2008, “elle conti­nue d’en­flam­mer l’ima­gi­na­tion d’hommes et de femmes avec son es­prit libre et sa sen­sua­li­té sans com­plexe. C’est la beau­té per­son­ni­fiée”.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.