RO­SA­MUND PIKE : “DA­VID FIN­CHER M’A BIEN SE­COUÉE“

Be - - TOUT DE SUITE - – PAR GAËL LE BELLEGO

EX-JAMES BOND GIRL, C’EST À 36 ANS, DANS UN THRIL­LER

GLA­ÇANT DE DA­VID FIN­CHER, QUE L’AC­TRICE PIQUE LA CU­RIO­SI­TÉ.

osa... qui ? On ne sait pas trop. Pour­tant cette blonde hit­ch­co­ckienne doit être quel­qu’un, pour per­son­ni­fier le Fin­cher nou­veau, “Gone Girl”. On po­tasse : plante grim­pante de “Meurs un autre jour”, ja­mes­bon­de­rie an­ky­lo­sée de 2002, notre jo­lie An­glaise s’est pro­me­née de na­nars bruyants (“Doom”, “La Co­lère des Ti­tans”...) en po­ta­che­ries (“John­ny English, le re­tour”, “Le Der­nier pub avant la fin du monde”…). Et sou­dain, c’est le drame. Ou plu­tôt ce thril­ler per­fide, dia­bo­lique, por­trait d’un couple en dé­com­po­si­tion, voyage au coeur de la fo­lie hu­maine. Pour l’heure, on si­rote un earl grey au Bris­tol avec Ma­dame. In­ter­view sans sucre, mer­ci.

RDans “Gone Girl”, vous jouez deux rôles pour le prix d’un…

Je ne peux pas ré­pondre à votre ques­tion sans spoi­ler. Six mil­lions de gens ont lu le bou­quin (“Les Ap­pa­rences”, de Gillian Flynn), mais nous es­pé­rons en­core plus de spec­ta­teurs. [Sou­rire.] D’ailleurs, ça fait par­tie du deal, on ne dé­voile au­cune pho­to de moi qui en di­rait trop. Mais c’est vrai, mon per­son­nage d’Amy pos­sède une ri­chesse schi­zo­phré­nique. Jouer double, c’est le pied.

Votre trans­for­ma­tion phy­sique à mi-film est bluffante !

Oui, il m’a no­tam­ment fal­lu faire des yoyos sur le poids, dié­ter, man­ger des chips... Bon, à me voir, vous al­lez croire que je n’ai pas réus­si à perdre. C’est juste que je suis en­ceinte.

Pour­quoi Fin­cher vous a choi­si, vous une An­glaise, plu­tôt qu’une Hol­ly­woo­dienne ?

Peut-être pour mon phy­sique de fille bien édu­quée, ma blon­deur, mon cô­té “feu sous la glace”. Mieux sur­prendre... Fin­cher m’a bien se­couée. Je me suis vue jouer des émo­tions – haine, co­lère, hys­té­rie... – pour la pre­mière fois.

Quel genre de ci­néaste est-il ?

Ses exi­gences sont in­croya­ble­ment éle­vées. Il se ré­fère à “Chi­na­town” ou “Ca­sa­blan­ca”, ne les consi­dé­rant pas juste comme des clas­siques. Mais dont chaque dé­tail (de la mu­sique au mon­tage) s’avère par­fait. Fin­cher est un hor­lo­ger.

C’est un film sur la dif­fi­cul­té à vivre en couple, sans faux-sem­blants...

Vous avez vu “Les Noces rebelles” (avec Leo­nar­do DiCa­prio et Kate Wins­let) ? Ça porte sur les liens qui durent, l’en­nui, les im­pos­tures du quo­ti­dien. Au­jourd’hui, il ne faut pas être juste en couple, mais se mon­trer le couple le plus co­ol, heu­reux, beau... Une course à la per­for­mance va­ni­teuse, ren­for­cée par In­ter­net.

D’être au dé­part vio­lon­cel­liste, ça vous aide dans votre mé­tier d’ac­trice ?

C’est plu­tôt l’op­po­sé. Quand je don­nais un concert, j’avais des at­taques de pa­nique. Je ne pou­vais pas me ca­cher der­rière un rôle. Le ci­né­ma, où l’on est plus soi-même, c’est tel­le­ment plus

confor­table.

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