NU SUR I NTER­NET, LA NOUVELLE DUCKFACE ?

Be - - TOUT DE SUITE - – HOR­TENSE BO­NA­MY

EN SEP­TEMBRE, SUITE À UN PI­RA­TAGE, DES PHO­TOS DE STARS DÉSHA­BILLÉES SE SONT RE­TROU­VÉES SUR LA TOILE.

SUR LA LISTE, UNI­QUE­MENT DES PEOPLE SANS HIS­TOIRES. DES “COMME NOUS”, EN SOMME…

en­ni­fer La­wrence, Kate Up­ton ou en­core Kirs­ten Dunst, que ceux qui n’ont ja­mais en­voyé de sex­to leur jettent la pre­mière pierre ! Ces der­nières an­nées, MMS agui­cheurs et sex­tapes se dé­mo­cra­tisent. Et ce n’est pas la ré­cente en­trée du mot “sex­ting” – mes­sage sexuel – dans le dic­tion­naire an­glais qui di­ra le contraire, ni même un son­dage Ifop*, se­lon le­quel 28 % des Fran­çais ont dé­jà fil­mé leurs rap­ports sexuels. À l’image du film “Sex Tape” – qui ra­conte l’his­toire d’un couple dont la vi­déo est dif­fu­sée à tout leur ré­seau so­cial via le Cloud–, sommes-nous tous des vic­times po­ten­tielles ? Se­lon Stéphane Koch, spé­cia­liste en stra­té­gies numériques, le pro­blème vient du double dis­cours : “D’un cô­té, on a ten­dance à dé­non­cer l’im­pru­dence des gens, sur le Cloud, par exemple, et de l’autre, on leur pro­met la sé­cu­ri­té. En réa­li­té, la tech­no­lo­gie ne peut ga­ran­tir cette sé­cu­ri­té !”

JAd­di­tion­nez ces risques à un com­por­te­ment dé­sin­volte sur les ré­seaux so­ciaux et vous ob­te­nez des bombes à re­tar­de­ment. Se­lon Van­ni­na Mi­che­li-Recht­man**, psy­chiatre spé­cia­liste des cy­ber­dé­pen­dances : “Fa­ce­book a per­mis à des mil­lions de per­sonnes de se mettre en scène en un simple clic.” Un tout nou­veau terrain so­cial sans pan­neau de si­gna­li­sa­tion. “Cette fa­ci­li­té a pro­vo­qué une le­vée des in­hi­bi­tions, brouillant les fron­tières entre l’in­time et le pu­blic”, pour­suit-elle. Alors, faut-il se ter­rer au fond d’une grotte pour ne pas fi­nir nus sur la Toile ? Pour Stéphane Koch, la meilleure pro­tec­tion est la connais­sance, non la peur : “Prendre des pho­tos est un droit, mais quand tout le monde sau­ra chif­frer ses don­nées pour les rendre illi­sibles, alors on pour­ra par­ler de sé­cu­ri­té”. D’ici là, cli­quez sage. *Réa­li­sé en avril au­près de 1 000 per­sonnes. **Au­teure de “La Psy­cha­na­lyse face à ses dé­trac­teurs” (éd. Flam­ma­rion).

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