HISTOR'HIC

SHAUN PALMER A VÉ­CU EN UN QUART DE SIÈCLE CE QUE LE COM­MUN DES MOR­TELS MET­TRAIT TROIS VIES À AC­COM­PLIR. SKIEUR, SNOWBOADER, SKATEUR, RIDER MTB ET MOTOCROSS, MAIS AUS­SI LEAD SINGER D’UN GROUPE DE PUNK, LE CA­LI­FOR­NIEN EST SUR­TOUT ET AVANT TOUT UN MARGINAL.

Big Bike Magazine - - SOMMAIRE -

Shaun Palmer, vous en avez en­ten­du par­ler? A homme ex­cep­tion­nel, HISTOR'HIC ex­cep­tion­nel de six pages. Il fal­lait au moins ça pour ra­con­ter ses 12 vies…

Ele­vé sans fi­gure pa­ter­nelle (son père, un surf bum, quitte la fa­mille peu après sa nais­sance), Shaun Palmer passe le plus clair de son temps chez sa grand mère, sa mère étant obli­gée d’ali­gner les pe­tits bou­lots pour joindre les deux bouts.

Pro­mis à un bel ave­nir en ski (il avoue avoir tou­jours vou­lu cou­rir en des­cente), c’est fi­na­le­ment sur le snow­board et le vent de ré­volte que la dis­ci­pline ap­porte qu’il craque. Il construit sa pre­mière planche à 12 ans puis quitte l’école trois ans après pour se consa­crer à sa pas­sion. Au­to di­dacte, peu lui im­portent les cur­sus conven­tion­nels. Il est ha­bi­tué à se dé­brouiller seul et s’est for­gé un ca­rac­tère mais aus­si une rage de vaincre unique. Il passe pro en snow­board juste après avoir quit­té l’école, la pre­mière étape d’une très longue sé­rie de suc­cès. Touche à tout de gé­nie, il fi­nit par rem­por­ter six mé­dailles d’or aux Win­ter X-Games : une en vé­lo (Snow Moun­tain Bike Ra­cing, une course sans grand in­té­rêt d’ailleurs, ndlr), trois en snow­board, une en Skier­cross et une autre en Ul­tra­cross. Le tout de 1997 à 2001, avec une mé­daille d’or en plus en 2002, lors des Gra­vi­ty Games (tou­jours en Skier­cross). Mais si son ta­lent avec tout ce qui roule ou glisse est in­dé­niable, c’est sur­tout sa per­son­na­li­té qui fait mouche aux yeux des spon­sors et de l’in­dus­trie, à la re­cherche de lea­ders d’opi­nion plus ban­kables en termes de mar­ke­ting que les spor­tifs trop lisses et conven­tion­nels. Et alors qu’en snow­board ou en motocross le sport a dé­jà bien évo­lué de ce cô­té là, la DH est une dis­ci­pline en­core très jeune et très asep­ti­sée. Et elle va être com­plè­te­ment re­dé­fi­nie par l’ar­ri­vée du rider ca­li­for­nien, qui dé­barque comme un OV­NI sur le cir­cuit mon­dial en 1996.

EXU­BÉ­RANT, BRILLANT ET BRUYANT, PALMER AR­RIVE…

Palm, Palm Dad­dy, Na­palm, Mi­ni Sh­red, The Mi­se­rable Cham­pion… Au­tant de sur­noms pour de­si­gner un homme qui a mar­qué de son em­preinte tous les sports dans les­quels il a cou­ru. Palmer n’a pas seule­ment le dé­sir de battre ses ad­ver­saires, il veut tout sim­ple­ment les écra­ser. Sa per­son­na­li­té n’est cer­tai­ne­ment pas com­pa­tible avec la de­mi me­sure et sa confiance en lui tout sim­ple­ment inébranlable, taillée à grands coups de suc­cès sur sa planche. Alors après 10 ans pas­sés à en­gran­ger les titres en snow­board,

« SA PER­SON­NA­LI­TÉ N’EST CER­TAI­NE­MENT PAS COM­PA­TIBLE AVEC LA DE­MI ME­SURE ET SA CONFIANCE EN LUI TOUT SIM­PLE­MENT INÉBRANLABLE »

Shaun Palmer

Né le 14 no­vembre 1968 à South Lake Ta­hoe Vit à South Lake Ta­hoe Sports : snow­board, ski, MTB, motocross

il dé­cide d’un coup de tête de se tour­ner vers le MTB. Au dé­part c’est un loi­sir d’in­ter­sai­son, na­tu­rel quand on ha­bite South Lake Ta­hoe. Ha­bi­tué aux sports où la vi­tesse est reine, Palmer com­prend très ra­pi­de­ment qu’il est loin d’être man­chot sur un VTT. Et comme il l’a tou­jours fait tout au long de sa vie, ce se­ra tout ou rien ! Il dé­cide non seule­ment d’al­ler se me­su­rer aux meilleurs pi­lotes du monde, mais sur­tout de les battre.

Au mi­lieu des an­nées 90, la DH en est à ses dé­buts mais sa po­pu­la­ri­té gran­dit vite. De grosses marques en marge de l’in­dus­trie du vé­lo y voient une op­por­tu­ni­té de faire de l’image, la re­con­nais­sance dans les sports ex­trêmes étant tou­jours flat­teuse. Mais il faut dire ce qui est, le sport n’est pas très sexy, ni bien rock’n roll : les vé­los sont des bikes de XC bi­douillés tant bien que mal, avec des géo­mé­tries non spé­ci­fiques, des freins peu puis­sants et en­du­rants ou des com­po­sants mal adap­tés. Et les pi­lotes, sur­tout sou­cieux de leur chro­no, portent des casques sans vi­sière ac­com­pa­gnés de te­nues mou­lantes en ly­cra. Quand Shaun Palmer dé­barque là de­dans, c’est un peu comme si les Sex Pis­tols s’étaient in­crus­tés pour jouer au ma­riage de la Reine d’An­gle­terre… Il est com­plè­te­ment en marge des stan­dards la dis­ci­pline (et se plaît à l’être) et bien sûr il est ex­ces­sif en tout : quand il ne se coupe pas les che­veux à la punk, sa lu­bie pour les clowns le pousse à se ra­ser le som­met du crâne et à se teindre les tifs res­tant sur le cô­té en ver t ou en rouge. Il a le corps re­cou­ver t de ta­touages (avec un gros Ca­dillac écrit sur l’avant bras, la marque amé­ri­caine étant une autre des ses lu­bies). Ayant gran­di comme un marginal, un snow­boar­der et un skateur de la pre­mière heure, il ne peut dé­cem­ment pas se confor­mer au cadre de l’UCI, pas plus qu’à un autre d’ailleurs. Shaun Palmer aime clai­re­ment faire ce qu’il veut, que ce soit brailler avec Fun­gus (son groupe de punk), pi­co­ler toute la nuit, ou ar­ri­ver sur les courses de DH avec ses Vans, ses pé­dales plates et ses fringues larges sor­ties de la mo­to. Qu’il ait l’air d’un OV­NI n’est pas un pro­blème : c’est lui qui a du style et les autres ne res­semblent à rien. Sa jus­ti­fi­ca­tion est simple : « Je ne veux pas avoir l’air d’un pa­ti­neur ar­tis­tique sur le vé­lo ». Pas faux, mais quand on est seul au mi­lieu de tous, il faut une sa­crée confiance en soi pour dé­bar­quer et s’af­fir­mer ain­si.

Dès 1995 Palmer com­mence à fré­quen­ter le monde du MTB, mais il at­taque sé­rieu­se­ment la coupe du monde de DH un an après. A cette époque c’est Jeff Ste­ber, concep­teur de gé­nie et jeune fon­da­teur de la marque In­tense, qui le spon­so­rise avec un cadre de M1. Un vé­lo dé­sor­mais my­thique et tech­no­lo­gi­que­ment hy­per avan­cé pour cette an­née 96. Na­palm at­taque la sai­son poi­gnée en coin : il se place sep­tième lors de la se­conde manche à Ne­ve­gal, puis monte sur le po­dium aux Gets, se­cond juste der­rière Ni­co­las Vouilloz. Le Fran­çais est alors le pi­lote à battre sur le cir­cuit et bien sûr, Palmer en fait sa cible prin­ci­pale, d’au­tant plus que leur style de ri­ding et leur per­son­na­li­té sont on ne peut plus op­po­sés. Leur duel à dis­tance cette même an­née lors des cham­pion­nats du monde à Cairns est dé­sor­mais ren­tré dans l’his­toire, Shaun Palmer s’in­cli­nant pour 0.15’’. Iro­nie du sort, c’est cer­tai­ne­ment le fait de ne pas avoir por­té de te­nue en ly­cra qui coûte la vic­toire à l’Amé­ri­cain ce jour là, tout comme peut être son choix de rou­ler en pé­dales plates et skate shoes…

L’ÈRE SPECIALIZED ET ROCK STAR

Même s’il ne gagne rien cette an­née là, un top 10, un po­dium et une se­conde place à Cairns ont pla­cé Palmer sur la carte. Son at­ti­tude et son look at­tirent les spon­sors et par­mi eux deux géants de l’in­dus­trie, Sch­winn et Specialized. Ce sont pour­tant les pre­miers qui tirent le gros lot pour la sai­son 1997, ai­dés par de gros

« SHAUN PALMER DE­VIENT ALORS LE PI­LOTE MTB LE MIEUX PAYÉ DE L’HIS­TOIRE, AVEC UN CONTRAT DE 300.000$ PAR AN »

spon­sors ex­tra spor­tifs tels que Moun­tain Dew, Springles ou en­core Swatch. Shaun Palmer de­vient alors le pi­lote MTB le mieux payé de l’his­toire, avec un contrat de 300.000$ par an et se dé­place même un bus pour tour­ner sur le cir­cuit de coupe du monde. Un groupe de rock à lui tout seul, avec des beu­ve­ries in­ter­mi­nables à bord du bus lors des dé­pla­ce­ments, mais aus­si les week end de course, Palmer ar­ri­vant mi­ra­cu­leu­se­ment à rou­ler conve­na­ble­ment même après une nuit blanche… Per­son­nage ex­trê­me­ment contro­ver­sé, il se fait un plai­sir de jouer la carte de la pro­voc’: « Palmer était tou­jours en train de pro­vo­quer les autres ri­ders, hurlant comment il al­lait les fu­mer sur la piste, mais aus­si les ri­di­cu­li­ser car ils ne res­sem­blaient à rien dans leurs te­nues ra­conte Kirt Vo­reis, son co-équi­pier chez Specialized. C’était vrai­ment hallucinant de voir ça. Per­sonne d’autre n’au­rait pu faire pa­reil… Mais ça mar­chait car la plu­par t du temps il réus­sis­sait à mieux rou­ler que les autres, et sur­tout parce que ce qu’il di­sait sor­tait droit de ses tripes, il y croyait dur comme fer. » Chez Specialized, Palmer par­ti­cipe à la mise au point du fa­meux FSR DH, plus connu au­jourd’hui sous le nom de Palmer DH tant la marque amé­ri­caine a pro­fi­té de l’au­ra de son pi­lote. Joe Bu­ck­ley, son mé­ca­no his­to­rique, ra­conte les longs dé­bats (et sou­vent les prises de têtes) avec les in­gé­nieurs

de la marque ca­li­for­nienne, pour ob­te­nir de nou­veaux angles de chasse, des rou­le­ments de meilleure qua­li­té (car­touche) ou en­core des pneus qui tiennent la route. C’est à nou­veau Kirt Vo­reis qui se charge de l’anec­dote : « Quand Palmer a si­gné avec Spe en 1997, le contrat in­cluait qu’il roule avec leurs pneus, qui étaient gros­so mo­do des pneus de XC. L’an­née d’avant, il avait des Mi­che­lin, qui étaient à l’époque bien au des­sus de tout ce que l’on pou­vait trou­ver sur le mar­ché. Lors des trai­nings de la coupe du monde de Ne­ve­gal, en Ita­lie, j’étais sur le té­lé­siège et je me rap­pelle l’avoir vu se faire dé­po­ser par Anne Ca­ro­line Chaus­son dans le gros pier­rier qui était com­plè­te­ment dé­trem­pé. On au­rait dit qu’il n’avan­çait pas. Ca l’a ren­du dingue ! Bien sûr Anne Caro avait des Mi­che­lin, alors ni une ni deux, il a dé­ci­dé qu’il rou­le­rait avec. Il a fi­ni par grat­ter une paire de pneus à Monk Dawg, alors mé­ca­ni­cien chez Ye­ti (de son vrai nom Ch­ris Vas­quez, an­cien mé­ca­no du team Trek, dé­cé­dé l’été der­nier, ndlr) et a rou­lé avec lors de la course. Les gars de chez Spe n’ont pas ap­pré­cié mais ça les a pous­sés à dé­ve­lop­per des pneus comme Shaun les vou­lait. Il n’y a qu’avec lui que ça mar­chait aus­si bien. S’il vou­lait quelque chose, les marques se dé­brouillaient pour le lui don­ner !». A l’ins­tar des rock stars, Shaun Palmer pos­sède un don na­tu­rel et un cha­risme in­dé­niables, qui lui per­mettent de pas­ser ses ca­prices. Joe Bu­ck­ley : « Palm avait ten­dance à se dé­bar­ras­ser des com­po­sants qui ne lui conve­naient plus lors de ses jours sans. Je je­tais donc les grips, les selles ou n’im­por te quel autre com­po­sant qu’il me de­man­dait de re­ti­rer lors­qu’il était de mau­vais poil ! J’ai eu aus­si beau­coup de temps pour m’en­traî- ner sur les roues, parce qu’il en cas­sait un gros pa­quet. Tout comme des an­ti dé­raille­ments. » Autre in­com­pa­ti­bi­li­té no­toire de spon­so­ring, le Grip Shift de chez Sram. Il dé­tes­tait ce sys­tème et fai­sait donc mon­ter des shif­ters Shi­ma­no, ce qui ne man­quait bien sûr pas de faire grin­cer des dents les gars de chez Sram... Peu im­porte. Palmer avait aus­si quelques tips bien à lui : les pièces des­ti­nées à la DH étant sou­vent faites à la main, car trop spé­ci­fiques, il fai­sait in­ter­ve­nir ses potes tra­vaillant dans l’uni­vers de la mo­to ou des voi­tures. Ces der­niers lui fa­bri­quaient des pièces sur me­sure, pour lui per­mettre d’avoir le vé­lo le plus au point pos­sible. Le Ca­li­for­nien était éga­le­ment très ta­tillon sur les ré­glages ba­siques comme l’an­gu­la­tion du cintre, des shif­ters et des le­viers de freins, ou sur la pro­pre­té de son vé­lo. Il ne fal­lait pas une tâche de boue et d’ailleurs son goût pour les pein­tures per­son­na­li­sées, faites par Troy Lee en per­sonne pour cha­cun de ses vé­los de cham­pion­nats du monde, en dit long sur ses at­tentes en ma­tière de show off. A l’image du per­son­nage d’ailleurs. Et Joe Bu­ck­ley le ré­sume bien : « C’est mar­rant, en fait Palm n’a ja­mais ga­gné beau­coup de courses mais il était tel­le­ment au des­sus du lot avec les voi­tures, son look, la bringue et son bus, que per­sonne ne sem­blait plus faire at­ten­tion au nombre de vic­toires que Vouilloz ac­cu­mu­lait ! »

« AL­COOL, DROGUE, QUELQUES AN­NÉES DE PERDITION ET BIEN HEU­REU­SE­MENT LA LU­MIÈRE AU BOUT DU LONG TUN­NEL »

En ef­fet, au mo­ment où Shaun Palmer se re­tire, fin 1999, on ne peut pas dire que son pal­ma­rès soit im­pres­sion­nant. Il ter­mine tout de même sixième au gé­né­ral de la coupe du monde cette an­née là (cin­quième en 1996 mais hors du top 10 en 97 et 98) et rem­porte une manche de coupe du monde à Big Bear (Ca­li­for­nie), tou­jours en 99. Il peut aus­si se tar­guer de quelques titres na­tio­naux, dont un cham­pion­nat NORBA en dual sla­lom, sur un bike em­prun­té. His­toire de fi­gno­ler un bon coup sa lé­gende… L’HÉ­RI­TAGE

Les rai­sons pour les­quelles Shaun Palmer se re­tire du cir­cuit de la coupe du monde sont as­sez mé­con­nues, étant peut être tout sim­ple­ment les mêmes que celles qui l’ont pous­sé à y ve­nir. L’en­vie de faire autre chose. Et quand on a lais­sé une marque aus­si in­dé­lé­bile dans une dis­ci­pline, a t’on vrai­ment tant de rai­sons d’y res­ter ? Puis, comme la plu­part des per­son­nages in­clas­sables et en marge com­plète de tout sys­tème, ses dé­mons ont fi­ni par le rat­tra­per. A la ma­nière de son al­ter ego fé­mi­nin, Mis­sy Giove. Al­cool, drogue, quelques an­nées de perdition et bien heu­reu­se­ment la lu­mière au bout du long tun­nel. Mais à quel prix… En 1999, son sa­laire an­nuel est es­ti­mé à 750.000$ par an, il fi­nit au bord de la ruine (fi­nan­cière et phy­sique) une di­zaine d’an­nées plus tard. En ayant tout de même réus­si à faire par­tie de la sé­lec­tion olym­pique en snow­board pour les JO d’hi­ver de 2006 à Tu­rin, à 38 ans ! Le ta­lent est dif­fi­cile à en­ter­rer… Il ne peut fi­na­le­ment y par­ti­ci­per, vic­time d’une rup­ture du ten­don d’Achille. En 2009, tout juste 10 ans après avoir mis fin à sa car­rière en coupe du monde de DH, Palm Dad­dy fait son come back, au gui­don d’un In­tense M6. Le re­tour aux sources. Dans sa te­nue étoi­lée TLD, il réus­sit à se qua­li­fier à Mont St Anne, à un peu plus de 40 ans. Un vé­ri­table pe­tit ex­ploit, qu’il ne ré­édite pas à Bro­mont une se­maine plus tard, cette piste courte et pié­geuse ne lais­sant au­cune place à l’er­reur. Qu’im­porte, son re­tour était une bonne oc­ca­sion de dé­con­ner : on se sou­vient de Peat, Min­naar et Bry­ce­land, mon­tés sur la piste pour bais­ser leur short et mon­trer leur fes­sier à leur pote lors de son run de qua­lif ’. Peut être la rai­son pour la­quelle il n’a pas fait le cut ?! Au­jourd’hui, Shaun Palmer est re­tour­né au ber­cail, chez In­tense, où il fait pro­fi­ter de son ex­pé­rience les jeunes ri­ders du team ca­li­for­nien. Consi­dé­ré comme le plus grand spor­tif ex­trême de tous les temps, eu égard à sa fa­cul­té à trans­po­ser ses ta­lents d’une dis­ci­pline à l’autre, c’est vers le MTB qu’il a fi­ni par se tour­ner. Et fi­na­le­ment, y’a t il une dis­ci­pline qu’il a plus mar­quée que la notre ? Certes, il ne laisse pas der­rière lui une longue liste de titres mais un style flam­boyant et un ri­ding sans la moindre conces­sion, qui donnent l’im­pres­sion que chaque course où il s’est ap­pro­ché d’un Ni­co Vouilloz est une vic­toire. Pour un pi­lote qui avait flo­qué « Sum­mer Job » sur son pan­ta­lon lors du cham­pion­nat du monde de Cairns, une mé­daille d’ar­gent à 0.15 se­condes du vain­queur marque for­cé­ment les es­prits. De son cô­té, le rêve s’est peut être ar­rê­té à ce mo­ment là, quand il n’a pas réus­si à at­teindre son ob­jec­tif, aus­si dif­fi­cile soit il. On se de­mande tou­jours si l’his­toire re­tient les ga­gnants ou les ri­ders hors normes, ceux qui risquent de tout perdre comme de tout ga­gner. S’il est dif­fi­cile de tran­cher, on sait en re­vanche que c’est dans la se­conde ca­té­go­rie qu’il faut cher­cher ceux qui fa­çonnent de ma­nière in­dé­lé­bile leur sport. Et de ce point de vue là, Shaun Palmer trône sans conteste sur la plus haute marche du po­dium, tant son in­fluence conti­nue au­jourd’hui d’être aux fon­de­ments de la DH mo­derne.

@Mal­com Fea­ron

1996, cham­pion­nats du monde de Cairns. Pour sa pre­mière sai­son com­plète, Shaun Palmer est à un che­veu de battre Ni­co­las Vouilloz, la star du mo­ment. Ça vaut bien un bain en te­nue de ride et avec l'ar­gent ac­cro­ché au cou…

En haut à gauche : L'une des pho­tos les plus cé­lèbres de Palm, prise lors des cham­pion­nats du monde du Châ­teau d'Oex, en 1997. Le style du pur ra­cer. @Mal­com Fea­ron

À droite : Shaun Palmer s'oc­cu­per dé­sor­mais du pro­gramme de dé­ve­lop­pe­ment des jeunes pi­lotes chez In­tense. Ici à la Ka­mi­kaze DH avec Lu­ca Co­met­ti. @Dan Se­ver­son

En bas droite : Le pre­mier paint job réa­li­sé par Troy Lee De­si­gns pour l'In­tense M1 des Worlds 1996.

Ci-des­sus : Une se­conde place aux Gets en ha­bits de lu­mière, en­core der­rière Ni­co Vouilloz et en­core en 1996. Cette an­née là, sa pre­mière sur le cir­cuit, Shaun Palmer ter­mine à la cin­quième place au gé­né­ral. ©OT Les Gets

Ci-contre : Le In­tense M1 rou­lé en cham­pion­nats du monde à Cairns, avec l'une des plus belles pein­tures qu'on a vu jus­qu'à ce jour. On note le pla­teau gi­gan­tesque et les fa­meux Ma­gu­ra HS33

Lors des der­niers cham­pion­nats du monde, a Are en 1999, Palmer glisse dans le der­nier vi­rage sur le bi­tume mouillé. Il ter­mine 7ème à 13 se­condes du vain­queur, sa der­nière ap­pa­ri­tion sur le cir­cuit avant son re­tour en 2009. @Geoff Waugh

Ci-des­sus : L'un des vé­los my­thiques de l'his­toire de la DH, le Specialized FSR DH rou­lé par Palmer de 1997 à 1999.

Mont St Anne, 2009. A 41 ans, Palmer réus­sit à se qua­li­fier sur l'une des pistes les plus dif­fi­ciles du cir­cuit, un ex­ploit compte te­nu du fait qu'il n'avait pas te­nu un gui­don de­puis 10 ans. Un pi­lote né. @Sven Mar­tin

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