Pre­mière fois…

Bike (France) - - Histoire -

En à peine trois ans, la nouvelle re­crue Young Ta­lent a su trou­ver sa place par­mi les meilleurs en­du­ristes. L’île de la Réunion a été le théâtre de la pre­mière course en Mas­ter Class de Bryan. Un voyage qui lui a ra­pi­de­ment don­né des idées…

«Quand j’étais p lus jeune, j’ai fait du BMX et du ka­ra­té. Un beau jour, mon frère s’est mis à rou­ler en mo­to­cross et je l’ai sui­vi à l’âge de 13 ans. Pen­dant six ou sept an­nées, j’ai rou­lé en pro en Eu­rope et aux États-Unis. Je suis par­ti un an au Ca­na­da pour bos­ser et voir d’autres choses. En ren­trant, mon frère s’était mis au VTT et ça lui plai­sait bien. J’ai trou­vé ça sym­pa et je l’ai sui­vi une nouvelle fois. Notre pre­mier chal­lenge – et ma pre­mière course –, c’était la Mé­ga­va­lanche de la Réunion, en 2010. Mon frère m’a de­man­dé de le suivre et j’ai pris ça comme des va­cances. J’ai donc em­bar­qué di­rec­tion l’île de la Réunion avec mon père et mon frère pour par­ti­ci­per à ma pre­mière race. J’avais dû rou­ler un mois et de­mi avant ce voyage. Je m’étais un peu en­traî­né en cross et en des­cente, mais rien de très sé­rieux. En dé­bar­quant dans le monde du vé­lo, je ne connais­sais ab­so­lu­ment per­sonne, à l’ex­cep­tion d’Anne- Ca­ro­line Chaus­son, grâce au BMX. Je me suis lan­cé dans les re­con­nais­sances et pro­gres­si­ve­ment, j’ai ren­con­tré du monde en vé­lo et dans les soi­rées. J’étais vrai­ment à la Réunion pour des va­cances, je ne connais­sais pas le for­mat ni les règles et je n’avais ja­mais rou­lé en en­du­ro. Grâce à mon ex­pé­rience en mo­to, le dé­part de masse ne me fai­sait pas peur et j’ai réa­li­sé le ho­le­shot lors des qua­li­fi­ca­tions, si mes sou­ve­nirs sont bons. J’ai super bien rou­lé et je me suis bat­tu pen­dant toute la manche avec mon frère et Mat­ti Le­hi­koi­nen. Lors de la manche fi­nale, je me suis vau­tré au dé­part, puis à nou­veau plus loin dans la boue pour ter­mi­ner 26 ou 27e. Je rou­lais avec un Ni­co­laï, l’an­cien vé­lo de mon père, et ces taules me fai­saient plu­tôt mar­rer. La tech­nique de la mo­to m’avan­ta­geait face à un réel dé­bu­tant et mon ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle m’a per­mis de me construire un bon phy­sique pour ce type de course, bien que j’en aie ba­vé en mon­tée – je pé­da­lais un peu car­ré ! Je n’étais pas très à l’aise sur le haut du par­cours, qui était as­sez gras : il avait plu la veille, mais il fai­sait grand beau et le bas, à l’in­verse, était super sec. Pen­dant cette course, j’ai ren­con­tré Cé­dric (Gracia). On a fait la fête en­semble et on s’est ren­du compte que nous avions pas mal de points com­muns, no­tam­ment dans la fa­çon dont on voyait le sport. Je pense que mon es­prit “mo­to­cross” lui a plu. J’ai sui­vi le rythme de mon frère pen­dant toute la se­maine, j’ai rou­lé avec ses amis, ceux de Cé­dric, Franck Pa­ro­lin, Anne- Ca­ro, et bien d’autres. Je me suis fait en­ca­drer par des bons ri­ders, y avait pire comme coaches et par­te­naires pour l’après- ride. Je n’avais pas de bases et cô­toyer ces per­sonnes m’a ra­pi­de­ment per­mis d’évo­luer. Je m’in­té­resse vrai­ment au pi­lo­tage, je suis cu­rieux, et je po­sais des ques­tions sur la fa­çon de

« Je rou­lais avec mes pé­dales à l’ho­ri­zon­tale,

comme en mo­to. »

se pla­cer et de prendre cer­tains vi­rages. J’ai ap­pris à cette oc­ca­sion à bien po­si­tion­ner mes pé­dales – je rou­lais jus­qu’alors avec mes pé­dales à l’ho­ri­zon­tale, comme en mo­to. On m’a ap­pris à bien mou­li­ner dans les mon­tées et à uti­li­ser cor­rec­te­ment les re­con­nais­sances en re­fai­sant cer­tains pas­sages. J’étais content de tom­ber sur des per­sonnes avec les­quelles j’ai pu m’en­tendre sur le vé­lo et après, au mo­ment de faire la fête. Au dé­but, c’est vrai­ment le mass-start qui m’a at­ti­ré, ça me rap­pe­lait la mo­to. Je reste ac­cro à la com­pé­ti­tion, mais pou­voir la pra­ti­quer en pleine na­ture, ça me conve­nait vrai­ment mieux. J’ai eu de la chance d’être bien en­tou­ré pen­dant cette course et après. Par la suite, je me suis lan­cé à fond dans l’en­traî­ne­ment pour, en­fin, vrai­ment me prendre au jeu. Le sport est re­de­ve­nu mon mé­tier. »

Au coude à coude avec les meilleurs mon­diaux, Bryan n’est pas res­té long­temps tou­riste sur I’île de la Réunion.

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