Dé­cou­vrir : Bos En­gi­nee­ring

Bike (France) - - Sommaire - PAR JEAN-MA­RIE POU­GET

Pas mal de monde connaît do­ré­na­vant les sus­sus­pen­sions Bos. Mais qui sait vrai­ment qu’qu’elles sont fa­bri­quées en France ? Olivier BosBos­sard nous a ou­vert son antre le temps d’ud’une vi­site dans son ate­lier tou­lou­sain. Le temps aus­si de faire le point avec ce self­ma­made-man ja­mais à court d’idées. Une belle réuréus­site bleu-blanc-rouge.

Pour cer­tains, la vic­toire de Ré­mi Thi­rion l’été der­nier en coupe du monde de DH fut l’oc­ca­sion de dé­cou­vrir les sus­pen­sions Bos sur la plus haute marche d’un po­dium i nter­na­tio­nal. Pour­tant, si la marque semble re­la­ti­ve­ment ré­cente, son créa­teur of­fi­cie de­puis fort long­temps dans le mi­lieu du VTT. Mieux, il fut l’un des pion­niers de la sus­pen­sion au dé­but des an­nées 90 ( voir en­ca­dré « Toute une his­toire » ). Un pré­cur­seur mul­ti­ré­com­pen­sé par de nom­breux titres mon­diaux en DH et XC. Olivier Bos­sard, Bre­ton émi­gré en ré­gion tou­lou­saine de­puis plus de vingt ans, s’est taillé une belle place dans le do­maine de la sus­pen­sion tout-terrain. Vé­lo certes, mais aus­si au­to et mo­to. On est al­lé

L’assemblage est le maître mot pour des sus­pen­sions ven­dues entre 400 et 2100 eu­ros.

faire un tour dans son antre, qu’il nous a ou­vert sans res­tric­tions. L’en­tre­prise Bos, ce sont 1 500 m2 de lo­caux qua­si neufs avec une en­seigne géante si­tuée près de la ro­cade tou­lou­saine. Olivier nous y ac­cueille en pa­tron qua­ran­te­naire, vi­si­ble­ment plus à l’aise en jeans-bas­kets qu’en cos­tard­cra­vate. L’homme est af­fable et nous offre une pre­mière vi­site de l’en­droit pour nous im­pré­gner des lieux. En haut, l’ad­mi­nis­tra­tif et le bu­reau d’études de quatre in­gé­nieurs à plein temps. En bas, un vaste ate­lier, où s’af­faire une dou­zaine de tech­ni­ciens sur di­vers postes de tra­vail. De chaque cô­té, plu­sieurs salles at­te­nantes, tan­tôt dé­diées au sto­ckage des pièces, tan­tôt au contrôle qua­li­té, à la mise au point de fu­turs pro­duits ou en­core à l’em­bal­lage et à l’ex­pé­di­tion des pro­duits fi­nis. Dans le grand ate­lier, les tech­ni­ciens sont en train d’as­sem­bler des fourches et des amor­tis­seurs de VTT. « C’est pour l’ins­tant notre plus im­por­tant mar­ché en termes de quan­ti­té, ex­plique Olivier. On équipe plu­sieurs marques en pre­mière monte, comme Com­men­çal, et d’autres marques étran­gère, s comme Or­bea, YT et Mo­re­wood. Je ne peux pas en­core les ci­ter, mais deux autres marques vont uti­li­ser du Bos sur cer­tains mo­dèles pour leur gamme 2015… » Du haut de gamme des­ti­né à des VTT de DH, d’en­du­ro ou de cross­coun­try. L’assemblage est manuel, une fourche après l’autre, un amor­tis­seur puis un sui­vant… Chaque tech­ni­cien monte son pro­duit de A à Z à une ca­dence qui semble très hu­maine. Dans un bac si­tué en bout de chaîne, rem­plis­sage

d’une di­zaine d’amor­tis­seurs. Rem­plis­sage d’huile s’en­tend. Les élé­ments sont trem­pés l’un après l’autre dans un bac plein d’huile spé­ci­fique. « Ça évite d’avoir des bulles » , pré­cise Olivier. Le rythme n’est pas in­fer­nal, on com­prend que la qua­li­té d’assemblage est le maître mot pour des sus­pen­sions ven­dues entre 400 et 2 100 eu­ros dans le com­merce.

Sa­voir­faire asia­tique

On fait un tour par le ser­vice contrôle de qua­li­té. Un tech­ni­cien spé­cia­li­sé s’as­sure de la qua­li­té des pièces en pro­ve­nance d’Asie. « Tous nos com­po­sants sont fa­bri­qués à Taï­wan, pré­vient Olivier. C’est là que l’on trouve les meilleurs fa­bri­cants de pièces de pré­ci­sion. » Pour au­tant, l’in­gé­nie­rie et l’assemblage sont ef­fec­tués à 100 % dans les ate­liers tou­lou­sains. « On est bien au- de­là du seuil né­ces­saire à l’ap­pel­la­tion “made in France”, ajoute en sou­riant Olivier. Sim­ple­ment, il est plus ju­di­cieux de fa­bri­quer nos pièces en Asie, qui pos­sède au­jourd’hui un sa­voir- faire plus que re­con­nu. » Et de m’at­tes­ter ses dires en me met­tant dans les mains di­vers com­po­sants d’amor­tis­seurs ou de fourches. Qui ef­fec­ti­ve­ment ont une fi­ni­tion ex­cep­tion­nelle, des trai­te­ments de sur­face su­perbes alors que les pièces taillées dans un bloc en al­liage lé­ger pa­raissent d’une pré­ci­sion ex­trême. Olivier n’hé­site pas à me tendre des élé­ments Bos sans huile, afin de vé­ri­fier la qua­li­té de fi­ni­tion. Le glis­se­ment ul­tra­doux des plon­geurs de fourches dans les four­reaux. Le mi­ni­mum de jeu dans chaque assemblage. Et me confie en­suite une fourche d’une marque concur­rente. Qui, il faut bien le dire, semble avoir une sai­son dans les pattes tant son fonc­tion­ne­ment est ir­ré­gu­lier, ru­gueux et bour­ré de jeux di­vers. « On es­saie de faire mieux dans tous les do­maines, c’est vi­sible ici, non ? » , de­mande tran­quille­ment Olivier. Il fau­drait un es­sai sur le terrain pour en avoir le coeur net, mais l’homme semble sûr de ses pro­duits et de sa tech­no­lo­gie. Pour conclure cette vi­site plus qu’in­té­res­sante, Olivier ex­plique qu’il s’en­vole à la fin

Pro­chaine étape: une uni­té d’assemblage en Ca­li­for­nie…

du mois vers la Ca­li­for­nie, où il vient de mon­ter une deuxième uni­té de mon­tage, du cô­té de San Die­go. « Avec mon as­so­cié sur place, on est en train de fi­na­li­ser l’af­faire et, si tout se passe comme vou­lu, une ving­taine de tech­ni­ciens va com­men­cer à as­sem­bler des sus­pen­sions fin fé­vrier ou en mars… » De quoi par­ache­ver l’iti­né­raire d’un self- ma­de­man fran­çais qui n’a pour tout ba­gage en poche qu’un bac et un di­plôme de bû­che­ron : « J’ai tout ap­pris à me­sure que je pro­gres­sais dans le do­maine, an­nonce sans am­bages Olivier, une fois as­sis der­rière son bu­reau. J’ai po­tas­sé dur dans tous les do­maines de l’in­gé­nie­rie, des pro­cess de fa­bri­ca­tion, des al­liages lé­gers, des trai­te­ments de sur­faces… De­puis quelques an­nées, ce sont la ges­tion d’en­tre­prise, le mar­ke­ting, la stra­té­gie qui m’oc­cupent en per­ma­nence. » Olivier Bos­sard, un bon­homme sur­vol­té qui n’en laisse pour­tant rien pa­raître. Un pé­dé­gé pas près de s’ar­rê­ter en si bon che­min.

Fourches et amor­tis­seurs de des­cente mais aus­si en­du­ro, all-moun­tain et XC sont pro­duits

chez Bos.

En haut, une par­tie du hall d’assemblage. À gauche, un in­gé­nieur mai­son en plein tra­vail dans le bu­reau d’étude. À cô­té, contrôle qua­li­té sur les pièces en pro­ve­nance de Taï­wan. En des­sous, quelques-uns des pro­duits Bos, du VTT à l’au­to­mo­bile de ral­lye-raid en pas­sant par la mo­to tout-terrain.

Ci-des­sus, les pre­miers Sunn ti­trés en cham­pion­nat du monde, dont ceux de Fran­çois Gachet. Pas épaisse, la fourche ! Mais avec un bon ri­gi­di­fi­ca­teur, ça le fai­sait…

En 2014, le team UR Po­ly­gon de Fa­bien Cou­si­nié (à g.) roule Bos. Comme Mick Han­nah, vi­si­ble­ment mo­ti­vé par ses nou­velles sus­pat’ !

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