Cli­ché par­fait

Bike (France) - - Decouvrir -

O n ne peut pas tou­jours pas­ser à cô­té de l’es­sen­tiel. Et si un al­pi­niste qui se res­pecte se doit d’ac­cro­cher cer­tains som­mets à son ta­bleau de chasse, on ne peut pas pré­tendre être un pas­sion­né d’en­du­ro sans avoir po­sé au moins une fois dans sa vie ses roues à Fi­nale Li­gure, en Ita­lie. On vous l’ac­corde, en fonc­tion de l’en­droit où vous vous trou­vez, le voyage peut être un peu long et coû­teux. Mais il ne doit pas y avoir en Eu­rope un autre spot où il est aus­si jouis­sif de dé­va­ler les pentes sur des sen­tiers spé­cia­le­ment amé­na­gés. Alors le sa­cri­fice en vaut vrai­ment la peine. Là- bas, vous com­pren­drez ce que « plai­sir de ri­der » veut dire. Des sen­sa­tions com­pa­rables à celles que l’on peut res­sen­tir en ski ou en snow­board sur de la pou­dreuse fraîche dans des grands es­paces vierges. Et la com­pa­rai­son n’est pas usur­pée. Le sha­peur qui a tra­cé une bonne par­tie des

pistes est un an­cien snow­boar­der. « Il a une fa­çon de tra­cer bien par­ti­cu­lière, ex­plique Ales­san­dro, notre in­ter­lo­cu­teur sur place. Il sait par­fai­te­ment uti­li­ser le terrain, le re­lief, la moindre rup­ture de pente… On re­marque tout de suite quand c’est lui qui a

tra­cé. » On a dé­bar­qué à Fi­nale Li­gure un peu tard le ven­dre­di soir avec Tim et Lio­nel. Juste avant la fer­me­ture des res­tau­rants. On a eu chaud ! At­ta­quer un sé­jour en Ita­lie sans une bonne piz­za, c’est de mau­vais au­gure. Heu­reu­se­ment, là, on a pu s’en­voyer une sa­vou­reuse mar­ghe­ri­ta avant d’al­ler se mettre à ho­ri­zon­tale pas trop tard pour être au top le len­de­main. Pour notre pre­mière ma­ti­née de ride, on a choi­si l’op­tion « au­to­no­mie » . Louise, de JustRide ( cf. miniview), une struc­ture qui pro­pose des sor­ties VTT à Fi­nale et qui nous ac­cueille sur ce pé­riple nous a fait un petit brie­fing la veille. Mais de toute fa­çon, Tim, qui a pas­sé toutes ses va­cances ici quand il était ga­min, connaît le coin comme sa poche. Avant de se lan­cer dans l’aven­ture, on fait une pe­tite halte à la pre­mière ca­fé­té­ria que l’on croise. Ca­fés, crois­sants, jus d’oranges pres­sées… On se ré­gale. Comme tou­jours en Ita­lie. On at­taque le pé­da­lage en mon­tant. C’est pas vrai­ment une sur­prise. On est au ni­veau de la mer. On ne peut donc pas des­cendre beau­coup plus bas et nous, c’est du dé­ni­ve­lé né­ga­tif qu’on est ve­nus cher­cher ici. La tem­pé­ra­ture est par­faite, le sol juste hu­mide et le so­leil at­ten­dra que l’on soit en haut pour per­cer. Fau­drait pas qu’on ait trop chaud quand même ! On tra­verse quelques vignes, des pro­prié­tés ty­piques et on se re­trouve 600 mètres plus haut, au dé­part de la pre­mière spé­ciale, sans vrai­ment s’en rendre compte. C’est la piste de DH femmes. L’en­droit est un peu aride, mais le sol pas trop caillou­teux. Le che­min est pon­cé et lé­gè­re­ment creu­sé. Les roues sont ca­lées et on peut se lâ­cher di­rect. On a la ba­nane. L’im­pres­sion d’être au bon en­droit au bon mo­ment et il y a comme une sorte d’eu­pho­rie gé­né­rale. L’ex­ci­ta­tion des pre­miers mètres. On peut même dire qu’on est un peu au- des­sus de nos lattes et Lio­nel se fait un beau tout droit, sans bo­bo. Au dé­tour d’un la­cet, on bas­cule en di­rec­tion de la Mé­di­ter­ra­née. Mer, so­leil, ciel bleu, mon­tagne, sen­tier par­fait avec des pe­tits sauts… Une es­pèce de cli­ché qui manque cruel­le­ment d’ori­gi­na­li­té, mais c’est juste in­croya­ble­ment bon. On

L’ex­ci­ta­tion des pre­miers mètres. On peut même dire qu’on est au- des­sus de nos lattes…

prend un peu le temps de pro­fi­ter du pay­sage. On im­mor­ta­lise tout ça à coup de « sel­fies » avant de conti­nuer à dé­va­ler en di­rec­tion de la Grande Bleue. La piste de­vient un peu plus cas­sante sur la fin. Les nom­breux vé­los qui ont dû pas­ser dans cet en­droit pa­ra­di­siaque et les orages ont ren­du le terrain un peu plus tech­nique. On re­prend de la hau­teur par une pe­tite route bien raide et on bas­cule sur Fi­nale Li­gure par un sen­tier qui nous pro­cure en­core un max de bon­heur. Un vrai petit tré­sor ca­ché que Tim nous a dé­go­té ! Et si l’on en croit la vé­gé­ta­tion as­sez pré­sente, il ne doit pas être très fré­quen­té. Le dé­but se fait sur des pas­sages en ro­cher sur les­quels il faut pla­cer ses roues au bon en­droit pour ne pas po­ser les pieds. Ça se ter­mine en sous- bois sur une terre juste hu­mide. Il est dé­jà l’heure de cas­ser la graine. Une pe­tite piz­za sur la plage ? Tim n’est pas chaud : « Le bord de mer ? On y trouve tous les pièges à tou­ristes. » Mais convain­cus qu’il est im­pos­sible de mal man­ger en Ita­lie, on se laisse ten­ter par une pe­tite ter­rasse qui sur­plombe le sable. Et en ef­fet, le re­pas se­ra le plus mau­vais du wee­kend. Puis, un petit dé­brie­fing nous amène à une conclu­sion évi­dente : on s’est bien ré­ga­lés sur cette pre­mière de­mi- jour­née, mais sur­tout en des­cente. Alors même si on aime tous pé­da­ler, on convient qu’il est quand même dom­mage d’avoir au­tant de singles ma­giques au ki­lo­mètre car­ré et de se pri­ver d’en faire un maxi­mum en évi­tant de prendre les na­vettes. Chan­ge­ment de pro­gramme pour l’après- mi­di. On ap­pelle Louise pour lui de­man­der si elle ne peut pas nous as­su­rer quelques ro­ta­tions mo­to­ri­sées. On a juste le temps de ter­mi­ner notre pe­tite glace qu’elle nous a dé­jà re­joints avec son van. En deux- deux, les vé­los sont ins­tal­lés sur la re­morque et nos pommes à l’in­té­rieur. On monte à la Base Na­to, le point culmi­nant du do­maine, à 1 000 mètres d’al­ti­tude, d’où dé­marre une bonne par­tie des spé­ciales. Sur la route on prend conscience de l’im­por­tance du phé­no­mène. Des na­vettes qui montent ou qui des­cendent, il

On n’a pas joué les pu­ristes bien long­temps quand on a vu la tonne de singles po­ten­tiels. On s’est em­pres­sés de prendre les na­vettes pour en ava­ler un maxi­mum.

Vous ne pour­rez peut- être pas vous bai­gner en décembre, mais en no­vembre, ça l’a fait. À droite : La preuve qu’on était sur les traces des EWS, il res­tait du ba­li­sage !

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