Per­di­to le gui­do

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y en a à la pelle. Et, c’est pour­tant la sai­son creuse. Louise nous a trou­vé un guide, c’est bien mieux pour en pro­fi­ter un maxi­mum. Il faut re­prendre un peu d’al­ti­tude en pé­da­lant pour re­joindre le dé­part au point le plus haut. La vue est ter­rible sur les monts voi­sins. La pause “contem­pla­tion” est néan­moins de courte du­rée. On est im­pa­tients de s’en­ga­ger dans le sen­tier. On com­prend dès les pre­miers mètres qu’on va en prendre plein les mi­rettes. On s’en­fonce dans la fo­rêt à Mach 12 en sui­vant ce single in­croyable. Dans les vi­rages, des or­nières un peu meubles se sont creu­sées, on peut se je­ter de­dans sans re­te­nue tel­le­ment c’est bien des­si­né. On s’em­balle d’ailleurs sû­re­ment un peu trop et c’est la pre­mière cre­vai­son. À en­tendre la vi­tesse à la­quelle le pneu s’est vi­dé de son air, pas be­soin de dé­mon­ter pour sa­voir que j’ai pin­cé en pas­sant comme un bour­rin dans un caillou. Je pose mon vé­lo en plein mi­lieu du pas­sage pour ré­pa­rer – l’ha­bi­tude de rou­ler dans des coins dé­serts. Je vais vite com­prendre que ce n’est pas une bonne idée quand une bande de fu­rieux se pointe la tête dans le gui­don et manque de faire un strike avec mon Scott Ge­nius LT car­bone. Ils sont chauds, les Ita­liens ! On re­part sur les cha­peaux de roues et on fi­nit par re­joindre ces éner­vés alors qu’ils font une pause à ral­longe. L’oc­ca­sion de se ti­rer une bonne bourre avec eux sur la fin de la spé­ciale. En bas, on em­prunte une piste car­ros­sable qui nous fait faire le tour de la mon­tagne et on re­monte en pé­da­lant au dé­part de la deuxième spé­ciale de l’après- mi­di. Consta­tant qu’il a af­faire à un groupe d’éner­vés, notre guide nous pro­pose de par­tir de­vant lui : « C’est tout droit, vous ne pou­vez pas vous trom­per. » On ne se fait pas prier. On re­part de plus belle avec nos com­pa­gnons d’ar­souille. La des­cente est hy­per longue. Ça en­chaîne re­lances, vi­rages re­le­vés, ruptures de pente, sauts na­tu­rels, courbes entre les arbres… c’est énorme ! On ne s’ar­rête plus ! En bas, on se re­trouve tous dans une pro­prié­té avec tous ces gens qu’on ne connaît pas. Notre guide n’ar­rive pas. Au bout de quinze mi­nutes, on s’en in­quiète. Tout le monde parle ita­lien au­tour de nous. Tim tente sa chance : « On a per­di­to le gui­do. » Le gars capte di­rect. Il ne sait pas trop quoi nous dire, à part nous ex­pli­quer la route pour ren­trer à Fi­nale. On fait quelques mètres sur le gou­dron avant d’aper­ce­voir sur la gauche un petit gap et une piste de DH. Lio­nel y va di­rect. On le re­trou­ve­ra dans le buis­son un peu plus bas. Le so­leil n’est pas cou­ché et il fait en­core tiède, ça nous donne une idée pour ter­mi­ner cette jour­née dé­jà gran­diose. Cap sur la mer pour un petit bain de fin de jour­née. On est pour­tant au mois de no­vembre mais l’eau est en­core bonne. C’est hy­per agréable de se trem­per dans les vagues après une bonne jour­née de ride. Tout se se­ra donc en­chaî­né à mer­veille pour cette pre­mière jour­née en Ita­lie et la soi­rée va conti­nuer dans le même re­gistre. Tim connaît les bonnes adresses de la ville aus­si bien que les che­mins de la ré­gion. Pour com­men­cer, il nous em­mène prendre une pe­tite bière, dans un bar qui sert une belle et bonne as­siette d’an­ti­pas­ti à chaque tour­née ( cf. en­ca­dré pra­tique « Les adresses tes­tées » ) . On en­chaîne avec un bon res­to et une der­nière pe­tite glace sur la place avant d’al­ler se cou­cher, des images plein la tête.

Der­nier vo­let

On at­taque la deuxième jour­née comme on avait com­men­cé la pre­mière, avec une pe­tite halte à la ca­fé­té­ria pour un bon petit déj’. Au­jourd’hui, plus ques­tion de pé­da­ler. On monte di­rect en na­vette avec Louise pour en pro­fi­ter un max. On en­chaîne les spé­ciales toute la ma­ti­née dans le même sec­teur que la veille. Elles sont toutes aus­si ma­giques les unes que les autres. La der­nière est un peu plus pen­tue et tech­nique. Elle nous conduit di­rect au res­tau’ pour la pause du mi­di et on se casse une fois de plus le ventre à coups de san­glier et po­len­ta. Heu­reu­se­ment que l’on ne reste que deux jours. Si­non, il fau­drait choi­sir l’op­tion pé­da­lage ou chan­ger de ré­gime pour ne pas ter­mi­ner gras comme des lou­koums. Ales­san­dro, le ma­ri de Louise, s’est li­bé­ré pour cette der­nière l’après- mi­di. On re­monte une

Une bande de fu­rieux manque de faire un strike avec le Ge­nius, chaud !

der­nière fois à Base Na­to pour re­faire la spé­ciale 5 qu’on avait par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­ciée la veille et on fi­nit par bas­cu­ler sur un autre sec­teur à la de­mande de Tim. Une spé­ciale de 16 ki­lo­mètres qu’il vou­lait ab­so­lu­ment faire. Un bijou que les lo­caux ont l’air de vou­loir te­nir un peu se­cret, pour pré­ser­ver le tra­cé. Il y a tout ce dont on peut rê­ver en termes de pi­lo­tage, avec en plus des en­droits où les points de vue sont ex­tra­or­di­naires. On ne ré­sis­te­ra pas, avant d’en­quiller les ki­lo­mètres du re­tour, à l’ap­pel d’une der­nière pe­tite piz­za et d’une glace. Parce que ça n’au­rait vrai­ment pas été rai­son­nable de prendre la route le ventre vide après cette jour­née d’ef­fort. Du­rant les quatre heures de route pour ren­trer chez nous, on re­fait le match. On re­parle de tous ces mo­ments in­ou­bliables que l’on vient de vivre du­rant ces deux jours dans le temple de la Le len­de­main en­core, les images re­viennent sans ar­rêt. La preuve qu’on a vrai­ment vé­cu quelque chose de grand !

De la po­len­ta au san­glier ou du san­glier à la po­len­ta, c’est se­lon, en fonc­tion de l’ordre dans le­quel vous pré­fé­rez.

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