Pre­mière fois…

Ha­bi­tué des top 20 en coupe du monde, Guillaume Cau­vin s’est dé­mar­qué sur un vé­lo de des­cente dès sa pre­mière course. Deux pe­tites se­maines de pra­tique lui au­ront suf­fi pour ac­cro­cher la troi­sième place, à quelques se­condes de Loïc Bru­ni.

Bike (France) - - Histoire -

Guillaume Cau­vin 2014 : 2e des Crank­worx Les 2 Alpes 14e de la coupe du monde à Leo­gang ( AUT) 18e de la coupe du monde à Mé­ri­bel ( 73) 18e de la coupe du monde à Pie­ter­ma­ritz­burg ( AFS) 2013 : 20e de la coupe du monde à Val Di Sole ( I)

« J’ai dé­cou­vert le VTT en 2 0 0 8 , j’étais en va­cances à la mon­tagne avec mes pa­rents. Avant le vé­lo, j’ai rou­lé beau­coup en mo­to­cross, dès l’âge de 6 ou 7 ans. J’ai en­suite fait du basket jus­qu’à l’âge de 15 ans puis j’ai tout ar­rê­té pour faire de la des­cente. Deux se­maines après être ren­tré de va­cances, j’ai ache­té un Spe­cia­li­zed Bi­ghit et je me suis ali­gné sur ma pre­mière course, à La Mou­lière. Il se trou­vait une pe­tite col­line der­rière chez moi, j’y avais ren­con­tré des VTTistes et ce sont eux qui m’avaient par­lé de cette course. C’était une course ré­gio­nale en deux manches, la pre­mière de pla­ce­ment, et la se­conde de course. La mé­téo n’était pas avec nous, il pleu­vait. On était dans la ga­doue et c’était la pre­mière fois que je fai­sais du VTT dans ces condi­tions, du coup, j’étais un peu en vrac, mes pieds glis­saient par­tout. Après cette course, je suis très ra­pi­de­ment pas­sé aux pé­dales au­to­ma­tiques et ça a été la ré­vé­la­tion. Lors de la pre­mière manche, j’ai dû tom­ber une ou deux fois et j’ai ar­ra­ché mon dé­railleur. Pen­dant la se­conde manche, j’ai fait un run cor­rect puisque j’ai fi­ni troi­sième der­rière Loïc Bru­ni et Fé­lix Ra­caud. Nous étions en mi­nimes deuxième an­née. J’étais mon­té avec mes pa­rents et mon frère, qui m’a pas mal ai­dé quand j’ai dé­bu­té le vé­lo. Sur place, le ma­ga­sin au­quel j’avais ache­té mon VTT m’a éga­le­ment fi­lé un petit coup de main. Je ga­lé­rais un peu pen­dant les re­con­nais­sances, la piste était as­sez tech­nique et il y avait pas mal de sauts et de pierres. Je n’étais pas sûr de ce que je fai­sais. Je m’élan­çais sur les sauts, mais je ne sa­vais ja­mais vrai­ment com­ment ça al­lait se pas­ser en­suite, à la ré­cep­tion. La piste était as­sez longue, elle fai­sait bien trois mi­nutes 50 dans la boue. Je ne sais pas si la mo­to m’a vrai­ment ai­dé, mais elle m’a pro­ba­ble­ment ap­por­té le bon fee­ling à l’ap­proche des gros sauts et pen­dant les prises de vi­tesse. Ce­la ne me fai­sait pas peur. À l’in­verse, tout ce qui re­le­vait du pas­sage tech­nique, c’était pas jo­li à voir ! Pour­tant, j’ai tout de suite ac­cro­ché. J’ap­pre­nais sur le tas. Ce jour- là, j’étais sous pres­sion. J’avais l’ex­pé­rience des sports d’équipe mais là, je me re­trou­vais seul au dé­part d’une course de des­cente, je ne fai­sais pas le ma­lin sous mon gros casque et dans mes ha­bits de mo­to… Je me sou­viens que Bru­ni nous avait col­lé trente se­condes avec son vieux De­vin­ci. Je ne connais­sais ab­so­lu­ment pas Loïc, mais au­jourd’hui, c’est mon meilleur ami. À l’ar­ri­vée, il y avait un petit po­dium avec une re­mise des prix, où j’ai ré­cu­pé­ré une coupe et des pneus. C’était car­ré­ment co­ol ! L’an­née d’après, je me suis ins­crit à l’US Cagnes, j’ai fait ma pre­mière sai­son en coupe de France et je suis ren­tré di­rec­te­ment dans un bon groupe, avec un bon ni­veau, où j’ai beau­coup ap­pris. »

Des­cente ré­gio­nale, La Mou­lière ( 06)

2008 « Je m’élan­çais sur les sauts, mais je ne sa­vais ja­mais com­ment ça al­lait se pas­ser. »

En quelques an­nées, Guillaume Cau­vin ( à g.) a dé­mon­tré qu’il fal­lait comp­ter sur lui. Tom­bé sous le charme de la des­cente dès sa pre­mière course, il oc­cupe dé­sor­mais les top 20 en coupe du monde.

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