Tous unis

Bike (France) - - Edito - Pas­cal Louis, rédacteur en chef

C’était il y a 11 mois. En jan­vier 2015, suite à l’at­taque de la ré­dac­tion du jour­nal Char­lie Heb­do, nous ex­pri­mions notre so­li­da­ri­té en­vers une équipe de jour­na­listes tou­chée, dé­ci­mée. Et voi­là que ce­la re­com­mence. Cette fois, c’est, entre autres, le monde du sport qui est concer­né. Si les trois ter­ro­ristes pré­sents au­tour du Stade de France avaient at­teint leur but, en­trer à l’in­té­rieur de l’en­ceinte, le car­nage au­rait été tout autre. Une vic­time, c’est dé­jà beau­coup trop. Dans Pa­ris, la ter­rible réa­li­té est celle que l’on connaît. Les ac­teurs du sport ont lar­ge­ment ré­agi à ces at­taques. Une émo­tion par­mi tant d’autres s’est in­car­née dans cette ban­nière dé­ployée dans Mar­seille par les Ul­tras (les sup­por­ters du club pho­céen) : « Nous sommes Pa­ris. » Quand on connaît l’ani­mo­si­té qui existe entre les deux clubs, on se rend compte que par­ler d’uni­té na­tio­nale est ici un mi­ni­mum. Ce n’est hé­las pas la pre­mière fois que le monde du sport est tou­ché par des fa­na­tiques. Lar­ge­ment mé­dia­ti­sé, il offre une vi­trine par­faite aux actes lâches de ces bar­bares en­doc­tri­nés. Der­nier évé­ne­ment en date, le ma­ra­thon de Bos­ton, le 15 avril 2013. Deux bombes ex­plo­saient à 11 se­condes d’in­ter­valle, tuant 3 per­sonnes. Jan­vier 2010, dans le cadre de la coupe d’Afrique des na­tions, trois membres de la dé­lé­ga­tion congo­laise, at­ta­qués dans leur bus à l’arme lourde, étaient abat­tus par des re­belles. Mais la fe­nêtre spor­tive dont ces ex­tré­mistes peuvent rê­ver reste les Jeux olym­piques. At­lan­ta 1996, cen­te­naire de l’ère mo­derne des JO. Une bombe ex­plose le 27 fé­vrier dans le parc du Cen­te­naire et pro­voque la mort de deux per­sonnes. Plus an­cien, Mu­nich 1972 et l’at­taque de la dé­lé­ga­tion is­raé­lienne par un com­man­do pa­les­ti­nien, sep­tembre noir. 14 morts : les 5 ter­ro­ristes et 9 otages. Alors qu’en juin, Pa­ris of­fi­cia­li­sait sa can­di­da­ture pour les JO de 2024, ces évé­ne­ments du 13 no­vembre s’at­taquent en­core in­di­rec­te­ment au sport. Mais le sport est im­mor­tel, et rien ne vien­dra em­pê­cher Pa­ris d’em­bras­ser de nou­veau le rêve olym­pique. Les spor­tifs, vé­té­tistes no­tam­ment, ont lar­ge­ment ren­du hom­mage à ce tra­gique 13 no­vembre. Sur les ré­seaux so­ciaux, Ju­lien Ab­sa­lon af­fi­chait sa so­li­da­ri­té : « Après cette nuit d’hor­reur à Pa­ris, toutes mes pen­sées vont aux vic­times et à leurs fa­milles. » Ju­lie Bres­set fil­trait sa pho­to de pro­fil de ce fa­meux dra­peau bleu-blanc-rouge, ajou­tant : « Hor­rible ce qu’il s’est pro­duit hier soir ! Toutes mes pen­sées vers les proches des vic­times. #PrayForPa­ris » Maxime Ma­rotte pos­tait quant à lui une pho­to de Ma­rianne, une larme sur la joue, sous-ti­trée : « Mes pen­sées aux vic­times, aux fa­milles… Une bar­ba­rie in­des­crip­tible. Res­tons sou­dés face à tant de haine. » Loïc Bru­ni, car­ré noir en

guise de pho­to de pro­fil, no­tait : « How can some re­tards want

war ? »* À l’in­ter­na­tio­nal aus­si, les pi­lotes ex­pri­maient leur sou­tien à la Ville Lu­mière. Ra­chel Ather­ton écri­vait ain­si son in­di­gna­tion : « Thin­king of France, Pa­ris and the people af­fec­ted. Hor­ri­fic. “If people learn to hate, sur­ely they can learn to love?” #prayforpa­ris #pray­for­peace »** Tous unis pour Pa­ris…

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