Il y a un an, le fat-bike était le nou­veau phé­no­mène du VTT eu­ro­péen. Ar­ri­vé d’outre-At­lan­tique, où il se pra­tique dans la neige ou sur le sable, le vé­lo à gros pneus sem­blait avoir trou­vé une nou­velle vo­ca­tion dans nos contrées avec une pra­tique en sous-

Bike (France) - - Opinion -

«Le fat n’a pas dis­pa­ru. Il a ex­plo­sé parce que c’était une nou­veau­té fun, mais il est sim­ple­ment re­ve­nu à sa place de mar­ché de niche. On le re­trouve tou­jours en sta­tion et en bord de mer, son do­maine de pré­di­lec­tion, mais il est sûr que le mar­ché n’est pas le même que ce­lui du 120 mm en all-mountain. Le fat su­bit aus­si l’ar­ri­vée du pneu + en 3’’, qui offre un po­ten­tiel équi­valent tout en étant quand même plus po­ly­va­lent. L’in­dus­trie du cycle aime pré­sen­ter un pro­duit ré­vo­lu­tion­naire chaque an­née : il y a trois ans, c’était le BMX ; il y a deux ans, le fat ; l’an­née der­nière, l’élec­trique ; et l’an­née pro­chaine, ce se­ra en­core autre chose ! Sur mon mar­ché de niche du fat haut de gamme, j’en vends tou­jours, certes moins que l’an­née der­nière, mais c’est avant tout lié au fait que le parc est consti­tué. Les gens qui ont ache­té il y a un an ne vont pas chan­ger de vé­lo main­te­nant. Mais les ac­cros à la pra­tique, ceux qui ne font que ça, sont tou­jours là. »

«En sta­tion, le vé­lo élec­trique a clai­re­ment can­ni­ba­li­sé le fat-bike. Nous re­gar­dions l’évo­lu­tion du fat ces 3 der­nières an­nées pour voir s’il fal­lait dé­dier des pistes, mais l’élec­trique est ar­ri­vé très fort et nous lui sen­tons un plus fort po­ten­tiel. La stra­té­gie est donc de nous concen­trer sur le dé­ve­lop­pe­ment de pistes es­ti­vales pour le vé­lo élec­trique. Le fat-bike était, certes, sur un autre type d’uti­li­sa­tion, mais il va su­bir la concur­rence de l’élec­trique. Peut- être que le fat élec­trique pour­rait ap­por­ter une so­lu­tion pour l’hi­ver, mais il est en­core trop tôt pour en par­ler. Le fat n’a pas dé­col­lé chez nous. La clien­tèle hi­ver­nale pra­tique le ski avant tout, elle peut être in­ter­pel­lée par le fat mais sans pas­ser le cap de la lo­ca­tion. Alors que pour le VTTAE, le même pro­fil de clien­tèle en été va faire ce saut, car elle trouve sû­re­ment l’élec­trique plus ac­ces­sible. Chez nous, dans les Portes du So­leil, le fat, on n’en parle plus vrai­ment. »

«KTM es­saie de tou­jours suivre les nou­veau­tés du mar­ché, mais le constat est que le fat, dans le ré­seau, a été une mé­vente to­tale. On a cru que ça al­lait car­ton­ner mais en réa­li­té, le fat est un vé­lo de cu­rieux, il y a quelques ventes de réa­li­sées mais pour cer­tains, ces mo­dèles ven­dus sont même re­ve­nus en­suite en ma­ga­sins peu de temps après pour être re­ven­dus en oc­ca­sion, car ils étaient ju­gés comme trop ex­clu­sifs. À la place, c’est le 27,5+ qui est plus vo­lon­tiers choi­si. Les de­mandes existent en­core chez les loueurs, qui peuvent être in­té­res­sés par un pro­duit aty­pique à pro­po­ser, avec pour ob­jec­tif de se dis­tin­guer de la concur­rence. Ces loueurs se trouvent es­sen­tiel­le­ment en sta­tion. Pour ce qui est des ma­ga­sins en mon­tagne, j’ai aus­si de la de­mande, mais elle se concré­tise ra­re­ment. Bref, mon avis au­jourd’hui, c’est que le fat est ter­mi­né et que le 27,5+ ré­pond, lui, bien plus à la de­mande ac­tuelle. »

Be­noît Cloi­rec Portes du So­leil

Lo­ris De­bièvre Draille Bike

Marc Jour­dan KTM France

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