Sel­lier Nan­cy

Une nou­velle ré­gle­men­ta­tion UCI jette un pa­vé dans la mare. Ac­cé­der aux coupes du monde de DH se­ra dé­sor­mais plus dif­fi­cile, puis­qu’un nombre de points UCI plus im­por­tant se­ra né­ces­saire pour prendre le dé­part. En ce qui concerne les filles, le quo­ta se­ra

Bike (France) - - Coup Gueule De -

«J’ai fait ma pre­mière coupe du monde à Vall­nord parce que c’était proche de la France et que mon pe­tit bud­get me le per­met­tait. Mes quelques manches de coupe de France s’étaient bien pas­sées, cette com­pé­ti­tion in­ter­na­tio­nale aus­si, mal­gré une chute, mais j’avais quand même des temps in­ter­mé­diaires au­tour de la 13e place. Ça m’a vrai­ment mo­ti­vée pour re­com­men­cer en 2017, mais cette nou­velle ré­gle­men­ta­tion a mis un coup d’ar­rêt et je ne suis fi­na­le­ment plus sûre du tout de ten­ter l’aven­ture. J’avais pré­vu Lourdes (28 au 30 avril) parce que ce­la ne né­ces­site pas un gros bud­get, mais je me di­sais aus­si que pour vrai­ment ten­ter ma chance au plus haut ni­veau, il fal­lait que j’aille aus­si à Fort William (Écosse) et Leo­gang (Au­triche), mais c’est re­mis en cause. Je suis à un ni­veau de per­for­mance qui ne me donne au­cune cer­ti­tude d’être qua­li­fiée et prendre 4 jours d’hô­tel et de frais di­vers sur place, c’est com­pli­qué quand on n’est pas dans un team. Je n’ai pas de spon­sors, mon club paie ma li­cence mais ils ne pour­ront pas m’ai­der da­van­tage. Cette ré­gle­men­ta­tion est dé­mo­ti­vante pour des pi­lotes “moyennes” comme nous. De plus, au pro­blème du nombre de filles qua­li­fiées, s’ajoute ce­lui des points UCI né­ces­saire qui va être plus im­por­tant, pas­sant de 30 à 40, c’est une dif­fi­cul­té sup­plé­men­taire. Au pas­sage, la nou­velle ré­gle­men­ta­tion va aus­si sé­pa­rer les courses des Ju­niors, c’est dom­mage, parce qu’on s’en­tend bien avec eux, et une bonne am­biance, c’est im­por­tant. L’UCI in­voque des pro­blèmes de dé­gra­da­tion des pistes pour jus­ti­fier cette ré­gle­men­ta­tion, mais cinq filles de plus ou de moins ne fra­cas­se­ront pas la piste. Nous sommes sû­re­ment moins im­pres­sion­nantes à voir rou­ler, ce­la fait moins jo­li à la té­lé. Mais pour une sta­tion, c’est plu­tôt une bonne chose que d’ac­cueillir un maxi­mum de per­sonnes sur les com­pé­ti­tions. Pour elles aus­si, c’est un manque à gagner, et ce n’est pas ce qu’elles de­mandent. D’au­tant que les pros vont ve­nir une fois dans l’an­née et plus en­suite, alors que nous, ama­teurs, et avec un peu plus de temps dis­po­nible, nous pour­rions très bien dé­cou­vrir une sta­tion lors d’une manche et avoir en­vie de re­ve­nir y ri­der à une autre oc­ca­sion. Si les filles ne se qua­li­fient pas, c’est vrai­ment frus­trant, d’au­tant plus que pour celles qui sont à la li­mite de cette 15e place, il n’est pas évident que le peu d’aides qu’elles ont de leur club soit re­nou­ve­lé s’il n’y a pas de qua­lif. Ce n’est pas très dy­na­mi­sant pour la dis­ci­pline et la pra­tique de la DH. Cette ré­gle­men­ta­tion vise sû­re­ment à fa­vo­ri­ser l’élite, mais pour payer l’élite, il faut bien des gens comme nous ! »

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