Dé­cou­verte Sur les traces de l’Elec­trEn­du­ro

De­puis 3 ans, Boos­tri­der, pre­mière as­so­cia­tion fran­çaise dé­diée au VAE, or­ga­nise son Elec­trEn­du­ro dans le SudLyon­nais. La 3e édi­tion de cet évé­ne­ment no­va­teur vite de­ve­nu une ré­fé­rence, qui conjugue avec épi­cu­risme sa­lon, courses in­édites et ran­do élec­tri

Bike (France) - - A Somm Aire -

Sa­me­di ma­tin. Sous le so­leil re­nais­sant de cet étrange hi­ver aux ac­cents de prin­temps, neuf heures sonnent au clo­cher du pe­tit bourg de Cha­po­nost, à 3 coups d’e-pé­dales de Lyon. Phi­lippe Cha­tai­gnon et sa pe­tite bande de « Boos­tri­ders » sont dé­jà fin prêts. Quatre qua­dras-quin­quas de la ré­gion bien bran­chés par l’élec­trique. Pour pré­ser­ver ses ge­noux éli­més par le wake et se confor­mer aux conseils de son ki­né qui lui pré­co­ni­sait le vé­lo, Ber­nard a choi­si… la DH. L’ac­cen­tua­tion de ses pro­blèmes ar­ti­cu­laires l’a convain­cu de pas­ser à l’ebike, mais en mode Hai­bike NDu­ro quand même. Ex-cros­seur, Pa­trick, lui, s’est mis au jus ré­cem­ment sur son Giant Full-E. Un peu comme Da­vid, qui a dé­cou­vert le VAE en mode vé­lo-taf. Un de ses amis n’était autre que le voi­sin de Phi­lippe, fon­da­teur de l’as­so­cia­tion Boos­tri­der (née en 2014 pour fé­dé­rer au­tour du VT­TAE) et aux ma­nettes de l’Elec­trEn­du­ro. Avec Phi­lippe, c’est dif­fi­cile que le cou­rant ne passe pas. Den­tiste sur la place de Cha­po­nost, cet an­cien en­du­riste mo­to qui vi­vait dans une ferme de 50 hec­tares en au­tar­cie au coeur des monts du Pi­lat sup­por­tait de moins en moins le cô­té bruyant et pol­luant de son loi­sir en pleine na­ture. Quand il a mis les doigts dans la prise du VT­TAE, en 2014, il est res­té col­lé : « J’avais loué un e-bike chez J ean-Loup Gon­net de Loi­sirs VTT,le pré­cur­seur en VTT élec­trique des Monts du L yon­nais. Deux heures plus tard, en le ra­me­nant au ma­ga­sin,je l’ai ache­té ;un mois après ,je fon­dais Boos­tri­der pour or­ga­ni­ser tous les di­manches ma­tin une ran­do au dé­part de Pol­lion­nay,et 6 mois plus tard, en 2015, avait lieu le pre­mier Elec­trEn­du­ro .» Un évé­ne­ment que ce bé­né­vole épi­cu­rien mais exi­geant en­vi­sa­geait dans l’es­prit de l’En­du­ro­pale du Tou­quet, course mo­to my­thique de 3 heures dans le sable du Nord, dont il a eu l’oc­ca­sion de prendre le dé­part (et de voir l’ar­ri­vée) : « Je vou­lais quelque chose de qua­li­té qui ras­semble les amou­reux du vé­lo élec­trique.Un sa­lon,un ren­dez-vous spor­tif ,avec une course for­mat en­du­rance et un en­du­ro,mais aus­si une ran­do,un concert le sa­me­di soir ,un bon re­pas d’après-course… Du convi­vial !» L’ex­plo­sion du nombre d’ins­crits – pas­sé de 85 en 2015 à plus de 350 cette an­née – et la pré­sence de plus en plus de marques sur le sa­lon via leurs struc­tures of­fi­cielles prouvent que le mé­lange a été sa­vam­ment do­sé.

« Je vou­lais quelque chose de qua­li­té, qui ras­semble les amou­reux du vé­lo élec­trique »

Une e-en­du­rance de nuit ? Mais oui !

Son suc­cès, l’Elec­trEn­du­ro le doit aus­si aux par­cours pro­po­sés, qui ne sont autres que les ter­rains de jeu de Boos­tri­der. Un ha­bile cock­tail de tech­nique et de plai­sir, idéal pour va­lo­ri­ser les ca­pa­ci­tés d’un e- bike et sa di­men­sion de vé­lo « maxi­mi­sa­teur de fun ». Pour le prou­ver, Phi­lippe pro­pose de com­men­cer par dé­cou­vrir une par­tie du tra­cé de l’Elec­troBoost, l’en­du­rance du sa­me­di. De­puis la place de Cha­po­nost, une vo­lée de marches amène sur les rives de l’étang du Bou­lard. S’y en­tor­tille un pe­tit single de 4 ki­lo­mètres, lu­dique, agré­men­té de sauts qui ré­galent Ber­nard, de courts rai­dards en des­cente, mais aus­si de mon­tées, dont une co­pieuse qui va faire chauffer les e-mol­lets. Les par­ti­ci­pants de l’en­du­rance de jour de­vront en­chaî­ner 9 tours de ce par­cours, qui se­ra éga­le­ment ce­lui d’une épreuve que l’on a hâte de vivre : la DarkBoost, la pre­mière en­du­rance

élec­trique de nuit en France ! « Une par­tie du bois se­ra ré­tro-éclai­rée avec de l’éner­gie verte 100 % re­nou­ve­lable et lo­cale,grâce à un par­te­na­riat avec Éner­gie d’Ici et Co­balt Lumières.Ça va créer une am­biance unique, fée­rique… » , ima­gine dé­jà Phi­lippe. Vrai qu’à 21 h 30 le 10 juin, on se ver­rait bien au dé­part des 5 tours de cette pre­mière fran­çaise… Une fois cette mise en bouche pro­po­sée, cap sur le gros mor­ceau du week-end, ce­lui qui lui a don­né son nom, l’Elec­trEn­du­ro. 42 ki­lo­mètres ponc­tués de 4 spé­ciales : 2 en des­cente et… 2 en mon­tée, his­toire de mon­trer qu’avec un VT­TAE, on peut aus­si s’amu­ser – et lar­ge­ment – quand le dé­ni­ve­lé se fait po­si­tif. L’an­née der­nière, le dé­part de l’en­du­ro avait été don­né de Fran­che­ville et tour­nait au­tour de cet autre bourg lyon­nais où Phi­lippe ha­bite. Mais les 33 pro­prié­tés pri­vées et leurs de­mandes d’au­to­ri­sa­tion de pas­sage né­ces­saires ont dis­sua­dé l’équipe de Boos­tri­der de re­mettre ça. « Cette an­née, on a choi­si d’em­me­ner les par­ti­ci­pants dans les monts du L yon­nais.C’est ma­jo­ri­tai­re­ment de la fo­rêt do­ma­niale , bien plus simple à gé­rer » , pré­cise son pré­sident. Pou­voir rou­ler ra­pi­de­ment dans du re­lief sym­pa­thique à 15 km de l’ag­glo­mé­ra­tion lyon­naise et en par­tant du centre-bourg d’un vil­lage – fût-il char­mant mais quand même à cô­té de la 2e mé­tro­pole fran­çaise –, ça ne sem­blait pas ga­gné ! Mais comme les Lyon­nais sont aus­si ca­pables d’ap­pe­ler « bou­chon » un ex­cellent bis­trot quand d’autres n’y voient que des em­bou­teillages, mieux vaut ne pas perdre de vue la ci­ta­tion qu’af­fec­tionne tant Em­ma­nuel An­to­not, fon­da­teur de Mous­tache Bikes : « L’es­prit est comme un pa­ra­chute,il fonc­tionne mieux ou­vert. » Alors, les pré­ju­gés bien fi­ce­lés dans le fond du sac à dos, on se laisse gui­der dans la cam­pagne rhô­naine. Les che­vaux et les li­mou­sines (les vaches, pas les voi­tures !) nous suivent pla­ci­de­ment du re­gard dans les che­mins riants. Le dé­ni­ve­lé aug­mente tran­quille, on prend de la hau­teur.

Des col­lines ? Non, des monts !

« En gé­né­ral, le di­manche ,on fait des sor­ties de 2 à 3 heures,avec 1 000 mètres de po­si­tif » , pré­cise Da­vid. «Tu vois,on va en face,là-haut, montre Phi­lippe. – Ahoui, au som­met de la col­line ,là-bas ? –… Les gars,vous avez en­ten­du? Elle a ap­pe­lé nos “monts”des col­lines! » En guise d’ex­cuse, je ne peux que bran­dir ma pro­ve­nance haut-sa­voyarde et faire pro­fil bas. S’agit pas que la dé­cou­verte s’ar­rête là… c’est trop court ! Nous at­tend, juste après, une sec­tion ponc­tuée de grosses marches, qui dé­roule en­suite sur le re­lief ac­cro­cheur pour ar­ri­ver peu après au pied des arches ma­jes­tueuses – quoi­qu’un peu abî­mées par les ans – de l’aque­duc gal­lo-romain du

Gier. À la hau­teur d’une ferme prospère se des­sine la pre­mière spé­ciale en mon­tée, dans un pe­tit gou­let en­cais­sé, où poussent gaie­ment la ra­cine et le caillou rou­lant. Un choix ai­gui­sé de la tra­jec­toire et un coup de pé­dale bien pla­cé vous per­met­tront de tout pas­ser sous le vé­lo… mais pas sans at­tra­per une suée ni faire mon­ter le coeur. De­brie­fing : c’est top ! Les ki­lo­mètres s’avalent le sou­rire aux lèvres et au gui­don, les yeux em­plis de ce pay­sage re­bon­di qui do­mine l’ex-Lug­du­num. Che­mins larges entre les trou­peaux, pe­tits singles dans les châ­tai­gniers… Juste avant la deuxième spé­ciale en des­cente, Pa­trick doit nous lâ­cher, lâ­ché qu’il est, lui, par son cap­teur mo­teur HS qui le prive de son as­sis­tance. Un diag­nos­tic po­sé au té­lé­phone par Mi­chel Nauche, de Vé­lo­naute, ma­ga­sin spé­cia­li­sé à Lyon, par­te­naire de l’Elec­trEn­du­ro. D’ailleurs, c’est Mi­chel qui nous avait par­lé de Boos­tri­der l’an­née der­nière, du­rant l’Elec­tro Bike Fes­ti­val de Lyon, créé par George Edwards et UCC, pré­cur­seurs en ma­tière d’e-bike spor­tif, aux ma­nettes, entre autres, de l’EBike Se­ries by Loi­si­bike et par­rain du pre­mier Elec­trEn­du­ro. Une bonne idée qu’il a eue là, Mi­chel ! C’est ce qu’on se dit en se ré­ga­lant de la pre­mière spé­ciale en des­cente, sa­vant mé­lange de lé­gères re­lances et de por­tions jouis­sives sur une sente rayant un bois de châ­tai­gniers. De­brie­fing : c’est top ! Au fil des bar­rettes de bat­te­rie qui s’éteignent, émerge l’im­pres­sion de rou­ler en Mé­di­ter­ra­née sous des pins, dans les Causses sur des pâ­tu­rages cou­verts d’herbe jau­nie par la fin de l’hi­ver. On a bien fait d’ou­vrir le pa­ra­chute, ça per­met d’abor­der la deuxième spé­ciale en mon­tée sans a prio­ri, mais avec éner­gie. Là en­core, rien d’in­sur­mon­table, tout passe sur le vé­lo, à condi­tion de bien gé­rer la re­trans­mis­sion au sol de la puis­sance mo­teur, his­toire de gar­der le grip sur le gra­nit me­nant à un étrange dol­men, non loin du site d’es­ca­lade d’Yze­ron. De­brie­fing : c’est… oui, oui, vous sa­vez ! Mais ce que l’on ne sa­vait pas, c’est à quel point on al­lait ar­ri­ver la mine ré­jouie en bas de la der­nière spé­ciale de cet e-en­du­ro. Ra­pide, le sen­tier ser­pente sur la courbe des­cen­dante des monts, au mi­lieu de l’herbe grasse, vous voyez le ta­bleau ? De­brie­fing :… OK, OK, on s’en fout ! De re­tour sur la place du vil­lage, la bat­te­rie ali­men­tant le Bosch CX du Mo­ter­ra, gé­ré en al­ter­nant modes Eco et Tour en liai­sons, un peu de Tur­bo, sur­tout du Sport et un brin de Tour – pour conser­ver la mo­tri­ci­té en mon­tée – dans les spé­ciales, af­fiche en­core 1 barre sur 5. Presque vide. Comme le ventre, qui va se faire plai­sir avec le jam­bon truf­fé de C- Gas­tro­no­mie. Un pique-nique de choix, pour ponc­tuer cette avant-pre­mière sa­vou­reuse d’un évé­ne­ment qui ne peut que vous bran­cher ! On s’y re­trouve en juin ?

La 2e spé­ciale en des­cente compte quelques jo­lis pas­sages tech­niques, mais rien d’ef­frayant. Le plai­sir avant tout.

sdfv So­leil, culture avec l’aque­duc gal­lo­ro­main du Gier, na­ture au­tour de l’étang du Bou­lard… Tout est pré­vu pour ce 3e Elec­trEn­du­ro concoc­té par Phi­lippe Cha­tai­gnon et son as­so­cia­tion Boos­tri­der.

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