Opi­nion Le mar­ché est-il à ma­tu­ri­té ?

Les chiffres de vente ne cessent d’aug­men­ter, les in­ves­tis­se­ments des marques sont de plus en plus im­por­tants, bref, le mar­ché de l’e-bike connaît une crois­sance ex­po­nen­tielle de­puis 2 ans. En pro­po­sant des pro­duits abou­tis, le mar­ché est-il dé­jà dans une

Bike (France) - - A Somm Aire -

«Le mar­ché est en plein es­sor, il va mettre du temps à ar­ri­ver à ma­tu­ri­té. Beau­coup de per­sonnes n’ont pas en­core es­sayé. Elles res­tent sur des pré­ju­gés : vé­los de vieux, etc., il reste du tra­vail pour pré­sen­ter cette autre fa­çon de faire du sport. Les marques tra­vaillent aus­si beau­coup sur le dé­ve­lop­pe­ment des pro­duits pour les in­té­grer, les rendre plus lé­gers. Les bat­te­ries vont aug­men­ter en au­to­no­mie, Shi­ma­no ar­rive seule­ment. Les vo­lumes de mo­teur, bat­te­rie vont di­mi­nuer. Les ventes sont im­por­tantes donc les ta­rifs vont di­mi­nuer un peu, même si ce­la res­te­ra oné­reux. Pour Cy­cling Sport Group, l’élec­trique est un gros axe de dé­ve­lop­pe­ment, même si le mar­ché amé­ri­cain n’a pas en­core pris. Nos chefs pro­duits sont en Eu­rope, notre ré­ac­ti­vi­té est bonne. Beau­coup d’évé­ne­ments se créent pour tes­ter des pro­duits, dans le vé­lo mais aus­si dans la mo­to : les pra­ti­quants mo­to sont une bonne cible. Il faut aus­si un peu de com­pé­ti­tion mais ce­la semble plus com­pli­qué à dé­ve­lop­per. »

«Le mar­ché est à ma­tu­ri­té dans le sens où toutes les marques s’y in­té­ressent, mais nous n’y sommes pas en termes de dé­ve­lop­pe­ment de pro­duits ou d’évé­ne­ments. La pro­chaine évo­lu­tion se­ra de voir des choses beau­coup plus dé­diées, par­cours ou en­core uti­li­sa­tion des re­mon­tées mé­ca­niques. On peut com­pa­rer ce­la à la té­lé­pho­nie, tous les ans, les ca­pa­ci­tés s’amé­liorent. Ce se­ra la même chose pour le vé­lo. L’au­to­no­mie no­tam­ment de­vrait se dé­ve­lop­per et les VT­TAE res­sem­ble­ront de plus en plus à des vé­los mus­cu­laires. Ce­la a dé­jà été notre ob­jec­tif avec le Le­vo. Nous avons fait un vé­lo com­plet, pas sim­ple­ment une greffe de mo­teur sur un cadre. Il fau­dra s’adap­ter aux consom­ma­teurs, les VT­TAE de cross, d’en­du­ro ou de free ride de­vront com­bler chaque pra­ti­quant. La connec­ti­vi­té va aus­si beau­coup évo­luer. C’est ce que nous avons fait avec le Mis­sion Control. Le mar­ché n’est pas ma­ture, il le se­ra peut-être quand on ne par­le­ra plus que de ce­la ! »

«On est en­core loin des chiffres qu’on pour­rait at­teindre : beau­coup de clients po­ten­tiels et de ma­ga­sins n’en sont qu’au stade de la dé­cou­verte. Quand tout le monde au­ra po­sé son cul sur un vé­lo élec­trique et sau­ra vrai­ment ce que c’est, alors on pour­ra dire que le mar­ché est à ma­tu­ri­té, mais ce n’est pas le cas au­jourd’hui. Quand on a com­men­cé, en 2013, on avait presque que des Hai­bike – une gamme de 5 vé­los, quelques KTM, une poi­gnée de BH avec mo­teur roue ar­rière… On vend 500 VT­TAE par an et main­te­nant, toutes les marques, même celles dites « mar­gi­nales » s’y mettent. L’élec­trique, ça change la vie de cer­taines per­sonnes : celles qui veulent se re­mettre au vé­lo ou ne se font plus plai­sir le di­manche, les pra­ti­quants qui n’ont plus le temps de s’en­traî­ner et veulent se faire plai­sir… Il y a en­core du monde à at­ti­rer. Pour ça, nos meilleurs am­bas­sa­deurs res­tent nos clients : es­sayer l’élec­trique, c’est l’adop­ter, ça reste vrai ! »

Guillaume Koch Res­pon­sable mar­ke­ting GT/Can­non­dale

Yann Noce Res­pon­sable mar­ke­ting Spe­cia­li­zed

Ju­lien Ga­villon Boss de Loi­si­bike

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.