« Ce qui nous a le plus sur­pris, c’est de ne pas avoir été consul­tés »

Alors qu’une in­ter­dic­tion du VTTAE a été mise en place par le Co­mi­té Consul­ta­tif de la Ré­serve Na­tu­relle, con­cer­nant l’ac­cès aux HautsP­la­teaux du Ver­cors, il n’en fal­lait pas plus pour que la Moun­tain Bi­ker Fon­da­tion monte au cré­neau en ar­guant lo­gi­que­men

Bike (France) - - Coup de Gueule -

«C’est par ha­sard, l’automne der­nier, que nous avons ap­pris cette in­ter­dic­tion, les VTTAE étant soit­di­sant as­si­mi­lés à des vé­hi­cules à mo­teur. Ce qui nous a beau­coup sur­pris, en tant qu’ac­teurs lo­caux du tou­risme, c’est d’avoir été mis de­vant le fait ac­com­pli, sans avoir été pré­ve­nus, ni avoir été conviés à la réu­nion qui avait eu lieu au prin­temps 2016, avec dif­fé­rents ac­teurs du milieu, dont des chas­seurs, mais au­cun mo­ni­teur vé­lo. Du coup, nous n’avons pas pu ex­po­ser notre point de vue. Per­son­nel­le­ment, nous pro­po­sons la ran­don­née sur les Hauts- Pla­teaux, en VTTAE, de­puis seule­ment l’an­née der­nière, mais ce­la re­pré­sente un tout pe­tit vo­lume de clients, 21 l’an der­nier, et pas plus sur notre pré­vi­sion de cette sai­son. Au­tant dire rien par rap­port à notre to­tal an­nuel de 1 000 clients. Je ne pense donc pas, que l’on puisse ar­guer sur le fait que ce­la risque de dé­gra­der le ter­rain et de pe­ser sur l’environnement. Ce qui est peut-être un peu abu­sif et er­ro­né comme ar­gu­ment, car les per­sonnes que nous em­me­nons là-haut sont jus­te­ment très sen­sibles à ce ter­ri­toire, mais aus­si à notre dis­cours, qui est de res­pec­ter cette ri­chesse et de la pro­té­ger. Nous avons en­voyé un cour­rier au Parc Na­tio­nal, et une co­pie à Mme Car­lioz, maire de Villard de Lans et conseillère gé­né­rale, en sou­le­vant tous ces ar­gu­ments et en leur de­man­dant s’il ne se­rait pas in­té­res­sant d’en re­dis­cu­ter en­semble afin de voir si, en tant que mo­ni­teurs de vé­lo, nous pour­rions ob­te­nir une sorte de dé­ro­ga­tion, afin de conti­nuer notre ac­ti­vi­té avec, pour­quoi pas, une « cas­quette » plus pé­da­go­gique de guides, en met­tant plus en avant le cô­té bio­di­ver­si­té du lieu et la pré­ser­va­tion de la nature. Nous avons aus­si bien in­sis­té sur le fait que du­rant toute la sai­son, nous n’avions em­me­né qu’une ving­taine de per­sonnes, sans en croi­ser beau­coup, car il y a ra­re­ment du monde, là-haut. Les gens s’y aven­turent peu, parce que c’est très sau­vage, et comme la clien­tèle clas­sique du VTT élec­trique re­cherche plu­tôt un cadre sé­cu­ri­taire, elle pré­fère les grosses pistes fo­res­tières. Aus­si, quand des clients sou­haitent al­ler sur les Hauts-Pla­teaux, ils se fe­ront tou­jours ac­com­pa­gner, donc en­ca­drer, sans au­cun risque de dé­gra­da­tion. En fait, les Hauts-Pla­teaux, sont notre pro­duit « vi­trine » , cette tra­ver­sée est as­sez em­blé­ma­tique car on y fait en­vi­ron 50 km, sur la jour­née, en tra­ver­sant des ter­ri­toires ex­tra­or­di­naires, et l’on com­mu­ni­quait beau­coup sur ce dé­cor de « carte pos­tale » qui nous per­met­tait d’at­ti­rer un vaste pu­blic, dont des vé­té­tistes « clas­siques » qui tom­baient sous le charme de l’en­droit et re­ve­naient en­suite. Au­jourd’hui, nous sui­vons le dossier et n’avons tou­jours pas eu de réponse du Parc Na­tio­nal, mais nous avons ap­pris qu’une nou­velle réu­nion de­vrait avoir lieu d’ici peu. Et si de­main nous ap­pre­nons que l’in­ter­dic­tion est confir­mée, eh bien nous ne pas­se­rons plus sur la ré­serve, tout sim­ple­ment. Ce ne se­ra pas dra­ma­tique car ça ne re­pré­sen­tait qu’une in­fime par­tie de nos ran­don­nées. Nous conti­nue­rons à faire le Ver­cors, du Sud au Nord, par des iti­né­raires moins sau­vages, mais qui nous per­met­trons tou­jours de tra­ver­ser le ter­ri­toire. Nous avons beau­coup de pro­duits at­trac­tifs à pro­po­ser, donc nous trou­ve­rons des sub­sti­tuts sans pro­blème. »

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