Guillaume Koch ................

Si la mo­to­ri­sa­tion li­mi­tée à 26 km/h est celle dont nous trai­tons lo­gi­que­ment dans un ma­ga­zine de vé­lo, il existe aus­si une li­mite à 45 km/h qui in­té­resse cer­tains pra­ti­quants. Au-de­là d’un chan­ge­ment de ca­té­go­rie lé­gale, avec un pas­sage dans le re­gistre

Bike (France) - - A Somm Aire -

La de­mande est de plus en plus fré­quente : com­ment dois-je faire pour faire pas­ser mon VTT à 45 km/ h ? Sou­vent, elle est for­mu­lée par des pra­ti­quants de mo­to enduro ou cross qui es­timent la vi­tesse de 25 km/h trop faible. Je pense qu’il faut faire une pe­tite mise au point sur la dan­ge­ro­si­té de cette vi­tesse en VTT. Si on peut rou­ler vite sur de larges che­mins fo­res­tiers, il en va tout au­tre­ment dans le cadre d’une « vraie » pra­tique VTT. Sur des sen­tiers étroits et si­nueux, une vi­tesse de 26 km/h est dé­jà bien suf­fi­sante pour se faire plai­sir. Et sur­tout, un im­pact à 25 km/h n’a pas les mêmes consé­quences qu’un im­pact à 40 km/h. J’ai moi-même vé­cu l’ex­pé­rience du manque d’ha­bi­tude des au­to­mo­bi­listes vis- à- vis des vé­los élec­triques. Sans en­trer dans les dé­tails, mon temps de ré­ac­tion pour une vi­tesse de 25 km/h m’a per­mis d’évi­ter l’ac­ci­dent grave. Je pense qu’avec une vi­tesse su­pé­rieure, je n’au­rais pas pu an­ti­ci­per un choc qui au­rait pu être beau­coup plus violent. Dans un autre do­maine, le mar­ché US est en pleine ob­ser­va­tion de ce qui se passe en Eu­rope au su­jet du VTTAE. Ce mar­ché est au point mort à cause de la lé­gis­la­tion mais les choses pour­raient bou­ger si le mo­dèle eu­ro­péen conti­nue de se dé­ve­lop­per. Si, d’aven­ture, les sys­tèmes pour aug­men­ter la vi­tesse de­vaient se gé­né­ra­li­ser et que, hé­las, des pro­blèmes ar­ri­vaient, ce­la cou­pe­rait toute en­vie aux Amé­ri­cains de ten­ter l’aven­ture sur ce mar­ché. Et je pense que ce­ci ne se­rait pas fa­vo­rable au dé­ve­lop­pe­ment du E-Bike de ma­nière gé­né­rale. En ef­fet, si les US se lancent à fond sur ce sec­teur, c’est l’en­semble de la pro­duc­tion mon­diale qui se­ra ga­gnante, en termes de vo­lume de pro­duc­tion ou en­core d’in­no­va­tion. Il ne faut pas es­sayer d’amal­ga­mer mo­to et vé­lo. De nom­breux en­du­ristes ou cros­seurs mo­to viennent à l’E-Bike car ils ap­pré­cient une cer­taine proxi­mi­té avec leur sport d’ori­gine. Sou­vent, ils pensent qu’une vi­tesse de 26 km/h est bien trop faible et qu’ils n’au­raient d’ailleurs au­cun pro­blème à gé­rer 45 km/h. Mais les règles ne sont pas les mêmes, les ter­rains de pra­tique ne sont pas les mêmes non plus. Il faut aus­si pré­ci­ser que l’uti­li­sa­tion d’un « vé­lo » as­sis­té jus­qu’à 45 km/h de­vient in­ter­dite sur une piste cy­clable… J’es­saie donc de dis­sua­der ceux qui se­raient ten­tés par une vi­tesse aug­men­tée sur leur VTT. Les risques sont trop nom­breux. Je rap­pelle aus­si que, comme pour d’autres vé­hi­cules, mo­di­fier les per­for­mances en­traîne des pro­blèmes sur d’autres sec­teurs, comme le frei­nage. On com­mence juste à trou­ver des so­lu­tions pour que ce der­nier soit ef­fi­cace à 25 km/h sur des ma­chines de 25 kg, la pro­blé­ma­tique n’est plus la même pour une vi­tesse qui concer­ne­rait le double de poids. En outre, les au­to­mo­bi­listes ne sont pas ha­bi­tués à voir des vé­los cir­cu­ler à cette vi­tesse. S’ils voient par exemple un vé­lo dans leur rétro avant de tour­ner à gauche, ils pensent avoir le temps de pas­ser si le cy­cliste est à 100 m der­rière eux. C’est vrai quand on roule à 25 ou 30 km/h, ce­la ne l’est plus à 45 ! Il est im­por­tant d’évi­ter de pen­ser à mo­di­fier un sys­tème d’ori­gine pour le rendre plus ra­pide. Pour conclure, au­cune as­su­rance ne pren­drait en charge quelque pro­blème que ce soit, sur soi-même ou sur au­trui, en cas de mo­di­fi­ca­tion et de non-confor­mi­té du mo­teur. A mé­di­ter.

« Dans le cadre d’une “vraie“pra­tique du VTT, une as­sis­tance li­mi­tée à 26 km/h est lar­ge­ment suf­fi­sante »

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