Le pe­tit + qui fait la dif­fé­rence

L’as­sis­tance élec­trique n’est pas tou­jours cou­plée à une sus­pen­sion ar­rière. Si l’as­sis­tance du mo­teur tend à gé­né­ra­li­ser ce­ci, faire le choix d’un bon se­mi-ri­gide op­ti­mise le dy­na­misme au pé­da­lage et dans les re­lances. Sur ces châs­sis, l’uti­li­sa­tion de p

Bike (France) - - Test -

L’as­sis­tance per­met de beau­coup moins se sou­cier des in­ci­dences d’une sus­pen­sion ar­rière sur le pé­da­lage. Quoi qu’il ar­rive avec un tout-sus­pen­du, vous se­rez trans­por­té sans trop de pro­blèmes jus­qu’à la li­mite des 26 km/ h, une vi­tesse tout à fait rai­son­nable et ef­fi­ciente lors­qu’il s’agit de pra­ti­quer le VTT. Mais les choses com­mencent à bou­ger vers un re­tour à des ci­né­ma­tiques qui vont re­pen­ser à l’an­ti-pom­page, comme c’est par exemple le cas de BMC avec son nou­veau Trail­fox AMP (voir P. 8). L’autre so­lu­tion pour re­trou­ver un cadre dy­na­mique et op­ti­mi­sé pour le ren­de­ment et le pé­da­lage, c’est le se­mi-ri­gide ! Et l’uti­li­sa­tion du 27,5+ dans ce cas de fi­gure et presque in­con­tour­nable pour conser­ver un grip, une mo­tri­ci­té et un confort de qua­li­té. Sans rem­pla­cer une sus­pen­sion, le for­mat + apporte un plus (jus­te­ment) en termes de mo­tri­ci­té et de confort grâce à la pos­si­bi­li­té de rou­ler avec des pres­sions très basses et à la large sur­face de rou­le­ment. En termes d’ac­croche, cette so­lu­tion per­met aus­si d’at­ta­quer beau­coup plus fran­che­ment dans les courbes ! De plus, sur un mo­dèle plu­tôt en­trée de gamme, donc sou­vent des­ti­né aux néo­phytes, ce choix s’avère d’au­tant plus ju­di­cieux que les gros pneus servent aus­si à ras­su­rer le pi­lote. Dom­mage donc de ne pas re­trou­ver cette so­lu­tion sur notre mo­dèle d’es­sai. Le tra­vail sur le triangle ar­rière avec des hau­bans as­sez souples est en re­vanche bien pen­sé pour le confort. Ici, les hau­bans ne sont pas en prise di­recte avec le tube ho­ri­zon­tal du triangle avant pour maxi­mi­ser la fil­tra­tion des vi­bra­tions.

Es­thé­ti­que­ment, épu­rer le vé­lo d’une sus­pen­sion ar­rière lui donne un cô­té ra­cé et fluide, ren­for­cé par une har­mo­nieuse in­té­gra­tion de la bat­te­rie dans le tube oblique. Dans sa li­vrée noir mat et bleue, il bé­né­fi­cie aus­si de jo­lies finitions avec un rou­ting in­terne des gaines de dé­railleurs no­tam­ment. Par­te­naire de Giant de­puis le dé­but de l’aven­ture élec­trique, le mo­teur a été confié à Ya­ma­ha et son fonc­tion­ne­ment à double pla­teau. Si son tem­pé­ra­ment spor­tif est in­con­tes­table, il faut avouer que l’uti­li­sa­tion d’un double pla­teau pour un vé­lo à as­sis­tance qui peut fa­ci­le­ment bé­né­fi­cier de la sim­pli­ci­té du mo­no reste pour nous un mys­tère. La géo­mé­trie est tout à fait dans l’air du temps avec un reach de 405 mm en taille M, un angle de di­rec­tion de 69,5° et des bases de 455 mm. Il convient de ter­mi­ner cette pré­sen­ta­tion en no­tant la pré­sence d’une tige de selle té­les­co­pique, élé­ment in­con­tour­nable mais trop sou­vent ou­blié, ou vo­lon­tai­re­ment lais­sé de cô­té afin de bais­ser les prix de vente. Giant a fait un autre choix, bien lui en a pris !

Sur le ter­rain

Pas be­soin de rou­ler des heures pour s’ha­bi­tuer à ce Dirt E+ 0 et à sa po­si­tion de pi­lo­tage confor­table. Équi­li­bré, il pose le pi­lote par­fai­te­ment, que ce soit pour une longue sor­tie ou pour une bonne par­tie de ma­ni­velle sur les singles. Ras­su­rant, il met en confiance même les moins ex­pé­ri­men­tés dans les sec­teurs pen­tus. Seule ombre au ta­bleau, le poste de pi­lo­tage est en­com­bré avec sa com­mande de tige de selle, les shif­ters de dé­railleurs, le blo­cage de fourche et la console, rien que ça ! Un blo­cage de fourche dans le cadre d’une pra­tique E-Bike n’est pas des plus in­dis­pen­sables mais ce­la reste co­hé­rent lors­qu’il s’agit d’un se­mi-ri­gide. Il n’em­pêche que ce­la reste un peu fouillis vi­suel­le­ment ! Avec un top tube as­sez court, le Dirt E+ 0 ré­agit au moindre coup d’épaule ou de bas­sin. Il se place fa­ci­le­ment dans les vi­rages ser­rés et autres longues courbes. Stable, il conserve bien sa tra­jec­toire sur l’angle. En sor­tie de vi­rage, le mo­teur Ya­ma­ha fe­ra le bou­lot si be­soin mais si la vi­tesse est su­pé­rieure à 26 km/h, la ri­gi­di­té du châs­sis est vrai­ment ap­pré­ciable et le poids de cet E-Bike se fe­rait presque ou­blier pour rap­pe­ler les sen­sa­tions d’un vé­lo sans mo­teur. Le triangle ar­rière court par­ti­cipe à ce bon com­por­te­ment en courbe et plus les vi­rages ser­rés et ra­pides s’en­chaînent, plus on prend de plai­sir ! La fourche est un peu en de­çà en en­trant un peu ra­pi­de­ment dans le dé­bat­te­ment. La contre­par­tie d’une bonne ma­nia­bi­li­té est sou­vent un manque de sta­bi­li­té mais le Giant s’en sort aus­si haut la main dans le sec­teur. Les pneus ne sont certes pas des + mais ils offrent ce­pen­dant un grip ap­pré­ciable. Au fil des ki­lo­mètres, le confort du cadre, grâce aux hau­bans qui filtrent plu­tôt bien les vi­bra­tions et à la fa­ci­li­té de pi­lo­tage puis­qu’il n’est pas né­ces­saire de s’em­ployer outre me­sure pour faire vi­rer la bête ou la main­te­nir en ligne sur les pistes ra­pides est un vrai plus. Ré­sul­tat, s’il est joueur, le Dirt est aus­si à même de vous em­me­ner loin et long­temps dans les meilleures condi­tions. Bien sûr, la li­mite de ce confort se­ra at­teinte sur les ter­rains les plus chao­tiques, nous ne sommes tout de même pas sur un tout­sus­pen­du ! Dans les pentes tech­niques avec de la vi­tesse, certes ça ta­basse un peu mais sans tou­te­fois sur­prendre le pi­lote. C’est un se­mi-ri­gide et on sait à quoi s’at­tendre sur ce type de ter­rain. Là, la tige de selle té­les­co­pique est vrai­ment bien­ve­nue et com­pense en par­tie les pertes de sta­bi­li­té qui au­raient été en­core beau­coup plus dif­fi­ciles à gé­rer avec une tige fixe ! Les ter­rains ex­trêmes, no­tam­ment avec des marches ne se­ront pas son ter­rain de pré­di­lec­tion mais il s’en sor­ti­ra très bien dans des pentes dé­jà pro­non­cées où son cô­té fun se­ra ex­ploi­té au maxi­mum grâce à un bon grip et une géo­mé­trie qui le rend très à l’aise en

Le Dirt E+ 0 ré­agit au moindre coup d’épaule ou de bas­sin.

courbe. Les freins XT en 180 mm avant et ar­rière ne sont pas des Guide RE mais ils offrent suf­fi­sam­ment de mor­dant pour un pro­gramme trail. Le couple gé­né­reux du Ya­ma­ha et une trans­mis­sion double pla­teau cou­plée à une cas­sette en 11-40 ne po­se­ront au­cun pro­blème dans les as­cen­sions même les plus fortes. On n’au­ra pas be­soin d’uti­li­ser le mo­teur à plein ré­gime pour par­ve­nir au som­met des côtes les plus pen­tues. L’au­to­no­mie est donc pré­ser­vée, d’au­tant que la bat­te­rie en 500 Wh pour­ra vous em­me­ner loin avant de fai­blir ! Ce Giant Dirt E+ 0 est donc un très bon se­mi-ri­gide, joueur et ras­su­rant à la fois. Il convien­dra à un large pu­blic, dé­bu­tant ou plus confir­mé, à la re­cherche de bonnes sen­sa­tions de pi­lo­tage. La so­lu­tion d’un se­mi- ri­gide aus­si bien pen­sé est d’ailleurs à conseiller à ceux qui pra­tiquent dans les ter­rains peu ou moyen­ne­ment ac­ci­den­tés tant les sen­sa­tions à son gui­don sont agréables !

Par Pas­cal Louis – Pho­tos Oli­vier Wei­de­mann

Pas de pneus + pour le Giant mais un grip bien pré­sent.

L’avan­tage du se­mi-ri­gide, comme sur un vé­lo mus­cu­laire, c’est son dy­na­misme à l’ac­cé­lé­ra­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.