Coup de gueule An­tho­ny Gau­thier ..............

Bike (France) - - Sommaire - * Pi­lote mas­ter DN3 Team Creuse Mainsat Evaux.

La ten­dance en cross-coun­try est à la « spec­ta­cu­la­ri­sa­tion » des cir­cuits. Da­van­tage de sauts, de pier­riers, de pas­sages en­ga­gés. Mais cette ra­di­ca­li­sa­tion des cir­cuits ne de­vrait-elle pas s’adres­ser qu’à l’élite ? Même de bons pi­lotes de ni­veau na­tio­nal ont-ils le ni­veau pour domp­ter cer­taines dif­fi­cul­tés tech­niques ? il sem­ble­rait que non après la pre­mière manche de coupe de France à Mar­seille-Lu­mi­ny où les chutes se sont mul­ti­pliées ! An­tho­ny rou­lait là-bas en ce dé­but de mois de mars.

«Je cours de­puis 20 ans, j’ai été pi­lote élite, main­te­nant mas­ter, et j’ai sui­vi l’évo­lu­tion du VTT de­puis presque le dé­but, et la pra­tique de­vient as­sez ra­di­cale ces der­nières an­nées. La manche de coupe de France à Mar­seille en était un exemple. Les dif­fi­cul­tés étaient à ré­pé­ti­tion et très proches les unes des autres, il y avait presque un saut ou une marche tous les 50 mètres. Je sais que je suis de l’an­cienne gé­né­ra­tion, pas des plus tech­niques, mais ce­la dé­passe la tech­nique, nous sommes plus dans l’en­ga­ge­ment men­tal. L’an­née der­nière, nous avions deux, voire trois, pas­sages com­pli­qués, des choses nor­males pour un cir­cuit de XC. Cette an­née, il y avait six gros sauts plus des marches, une évo­lu­tion vrai­ment ex­po­nen­tielle. Nous avons réuni beau­coup de monde par le biais d’une page Fa­ce­book pour dis­cu­ter de ce­la, car l’or­ga­ni­sa­tion avait vrai­ment mis en place un cir­cuit trop dif­fi­cile, voire dan­ge­reux puisque sur la jour­née de re­co du ven­dre­di il y a eu plus de 60 hos­pi­ta­li­sa­tions ! Un pro­blème est à si­gna­ler au ni­veau de l’or­ga­ni­sa­tion qui avait pré­vu deux cir­cuits, l’un pour les élites, l’autre pour le reste des cou­reurs. Le pro­blème est que la ru­ba­lise qui per­met­tait d’orien­ter les non-élites sur leur cir­cuit n’a pas été mise en place. Nous nous sommes donc re­trou­vés sur un cir­cuit beau­coup trop com­pli- qué et dan­ge­reux. Suite aux re­mon­tées, plaintes et chutes, le pré­fet a même fi­ni par in­ter­ve­nir pour in­ter­dire de rou­ler le cir­cuit élite qui, même pour cette ca­té­go­rie de pi­lotes, était trop ex­trême. Il ne faut pas ou­blier que cette ca­té­go­rie élite est as­sez large et que tous les élites n’ont pas le même ni­veau, sur­tout tech­ni­que­ment. 120 cou­reurs élites étaient pré­sents mais seule­ment une cin­quan­taine était prêts à af­fron­ter un tel cir­cuit. En bref, la jour­née du ven­dre­di a été un car­nage avec beau­coup d’in­ter­ven­tions des se­cours qui ne sa­vaient plus où don­ner de la tête. L’or­ga­ni­sa­tion a ar­gu­men­té que cer­tains pi­lotes s’étaient aven­tu­rés sur des sauts qui n’étaient pas pour eux, mais la faute leur en in­combe puisque le ba­li­sage n’était pas en place.

Or­ga­ni­sa­tion

L’or­ga­ni­sa­tion n’était plus sous l’égide du club de Mar­seille, l’ACME, qui fai­sait pour­tant un très bon tra­vail. Elle a été confiée à l’uni­ver­si­té à des étu­diants de STAPS (science des ac­ti­vi­tés phy­siques et spor­tives) pour qui cette or­ga­ni­sa­tion était une sorte d’exer­cice. Je n’ai pas d’in­fos mais peut-être un manque d’ex­pé­rience est-il à sup­po­ser. Suite à l’in­ter­ven­tion du pré­fet, tous les obs­tacles ont été sup­pri­més, pour toutes les ca­té­go­ries, ce­la donne une idée de la dif­fi­cul­té de la chose. On a alors re­trou­vé un cir­cuit na­tu­rel, plus ac­ces­sible et du coup très agréable à rou­ler, aus­si bien phy­si­que­ment que tech­ni­que­ment. C’était moins aé­rien, moins fun mais on a re­trou­vé les vraies va­leurs du cross-coun­try, avec plus de phy­sique et moins d’en­ga­ge­ment. La dis­ci­pline et le ma­té­riel évo­luent, mais on est de plus en plus sur de l’ex­trême et je pense qu’il y a un choix à faire du cô­té de la fé­dé­ra­tion : soit on ac­cueille 1 500 cou­reurs sur un cir­cuit ac­ces­sible, soit on en ac­cueille moins mais sur des cir­cuits vrai­ment ty­pés coupe du monde, avec du spec­ta­cu­laire mais il faut choi­sir. 1 500 pi­lotes sur un cir­cuit dif­fi­cile et dan­ge­reux, c’est trop. Les plus jeunes veulent du fun mais il faut trou­ver un juste mi­lieu, si­non, il fau­dra faire une sé­lec­tion et donc quelque part in­ter­dire l’ac­cès à la masse. Ce qui est pour­tant l’es­sence même d’une coupe de France.

« La jour­née de re­co du ven­dre­di a été un car­nage, les se­cours ne sa­vaient plus où don­ner de la tête ! »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.