In­so­lite : can­na­bis et course à pied, cer­tains l'as­sument.

Se rou­ler un pé­tard avant un ma­ra­thon ? Une ten­dance, le « run­ning high », se confirme, sur­tout aux États-unis. De nom­breux ul­tra-ma­ra­tho­niens uti­lisent la ma­ri­jua­na pour boos­ter leurs per­for­mances. Outre qu’en com­pé­ti­tion, vous ris­quez la dis­qua­li­fi­ca­ti

Blue Run - - ÉDITO/SOMMAIRE -

Ex­pli­ca­tions.

«La ma­ri­jua­na rend la course plus­fu­netm’ aide à me concen­trer sur­tout quand je grimpe des mon­tagnes. les verts et les bleus sont plus écla­tants. Je mange des pro­duits à base de ma­ji ru ana avant de cou­rir par­ceque ça rend la course plus sym­pa. en plus, ça rend plus spi­ri­tuel: je me sens très libre et heu­reux, je fais corps avec la mon­tagne quand je cours dé­fon­cé»

ra­conte Ave­ry (22 ans) un ath­lète ori­gi­naire du Co­lo­ra­do. La ma­ri­jua­na pos­sède des pro­prié­tés psy­choac­tives qui lui per­mettent de se concen­trer, d’évi­ter les nau­sées et

éli­mi­ner le stress. Sur­tout quand il pré­voit d’ en­chaî­ner plu­sieurs di­zaines de ki­lo­mètres… Un en­traî­ne­ment tout à fait lé­gal dans cet État amé­ri­cain : la consom­ma­tion ré­créa­tive de ma­ri­jua­na est per­mise de­puis 2012 dans le Co­lo­ra­do. Ce n’est pas du tout le cas en France !

S’al­lu­mer un pé­tard avant une course ? Ça lui ar­rive… mais c’est l’ex­cep­tion pour ce spor­tif de haut ni­veau. Il pré­fère de loin les co­okies, les barres éner­gé­tiques ou les pi­lules, concoc­tés – bien sûr – à base de consti­tuants de la plante de can­na­bis : de THC ou de can­na­bi­diol (CBD). Comme ceux ven­dus par ses deux spon­sors, Ma­ry’s Me­di­ci­nals ou In­cre­dibles.

S’il choi­sit de fu­mer, il ne pren­dra que quelques bouf­fées .« In­ha­ler de la fu­mée avant une course, ce n’ est ja

mais bon pour les pou­mons» et donc pour le souffle pen­dant la course, ad­met Ave­ry. Le jeune ath­lète pré­fère le joint tra­di­tion­nel une fois sa course ter­mi­née, pour en-

gour­dir la fa­tigue mus­cu­laire et cal­mer son es­prit. Et il n’y voit au­cun mal .« Je cours dé­fon­cé de­puis deux ans main­te­nant et je n’ ai vu au­cun ef­fet né­ga­tif sur ma course: je conti­nue d’ at­teindre mes ob­jec­tifs et de dé­pas­ser des

re­cords dans tout le pays .» Pour preuve, il a dé­cro­ché la pre­mière place du Co­lo­ra­do 200, un par­cours de 215 miles – 346 ki­lo­mètres – à tra­vers les Ro­cheuses, avec un temps de 65 heures 49 mi­nutes en juillet der­nier. Loin de­vant ce­lui qui a dé­cro­ché la se­conde place, seule­ment 5 heures plus tard…

À pe­tites doses ,« consom­mer de la ma­ri­jua­na peut avoir un cô­té apai­sant », ana­lyse Pa­trick Mi­gnon, cher­cheur au La­bo­ra­toire de so­cio­lo­gie du sport de l’ ins­ti­tut na­tio­nal des Sports et de l’édu­ca­tion phy­sique (IN­SEP). Une fa­çon comme une autre de gé­rer son stress avant une course.

Mais at­ten­tion. Le do­page mal contrô­lé, peu im­porte sa forme, com­porte son lot de dan­gers .« Après l’ ab­sorp­tion d’ une drogue et une course de 100 ki­lo­mètres, votre phy­sio­lo­gie peut être dé­ré­glée. et vo­tre­coeur mis à l’ épreuve », pré­vient le spé­cia­liste de la course à pied. Et en en­gour­dis­sant les sen­sa­tions du corps, le risque de bles­sures s’ac­cen­tue.

«En france, il doit aus­si y avoir avoir des cou­reurs qui consomment de la ma­ri­jua­na. mais ici, c’ est plus ta­bou qu’ aux états-unis, ils ne l’ avouer ont pas ”, ana­lyse Pa­trick

Mi­gnon.

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