Cou­rir entre amis, le groupe au ser­vice des in­di­vi­dus.

La course à pied, une pra­tique in­di­vi­duelle, mais en groupe, entre amis, bien or­ga­ni­sés, on peut tout faire en­semble, de l’en­du­rance au frac­tion­né. Convi­via­li­té, ému­la­tion en sont les prin­ci­paux bé­né­fices. En voi­ci la preuve…

Blue Run - - ÉDITO/SOMMAIRE -

Mais d’abord, la course en groupe, entre amis a un ca­rac­tère sti­mu­lant, c’est bon pour le mo­ral, le men­tal du cou­reur. Cou­rir à plu­sieurs ren­force en ef­fet la convi­via­li­té, l’en­traide, la so­li­da­ri­té entre tous et toutes. C’est un réel plai­sir de sa­voir qu’on va se re­trou­ver, en­core plus du­rant cer­taines pé­riodes de l’an­née, fin d’au­tomne, hi­ver, où la tem­pé­ra­ture in­ci­te­rait plus à re­gar­der tran­quille­ment la té­lé, plu­tôt que d'al­ler cou­rir au bois, chau­de­ment vê­tu.

En outre, con­trai­re­ment à ce que l’on pour­rait lo­gi­que­ment pen­ser, cou­rir à plu­sieurs est aus­si ex­cellent pour pré­pa­rer une com­pé­ti­tion, un ma­ra­thon par exemple, même si les ob­jec­tifs ne sont pas iden­tiques : 3 heures pour cer­tains, 3 h 30, voire 4 h 30, ou plus en­core pour d’autres. Pas vrai­ment les mêmes plans, les mêmes séances, di­rez-vous. À juste titre. Mais en s’adap­tant, tout de­vient pos­sible. L’in­fluence de cou­reurs plus ra­pides va, de toute fa­çon, vous sti­mu­ler, vous per­mettre – eh oui !

– de cou­rir plus fa­ci­le­ment, plus ef­fi­ca­ce­ment. Les cham­pions ke­nyans courent beau­coup en groupe avec un meneur d’al­lure qui place des ac­cé­lé­ra­tions en­traî­nant ses par­te­naires. Puis on ré­cu­père et c’est un autre meneur qui prend le re­lais. Ef­fi­cace et lu­dique à la fois. Alors cou­rez comme les Ke­nyans !

Mais trêve de gé­né­ra­li­tés, pre­nons un groupe d’amis, tous âges, tous ni­veaux, qui, chaque week-end, va cou­rir en fo­rêt de Meu­don, tout près de Pa­ris. Simon Col­la­do, 3 h 11 min au ma­ra­thon, est l’un d’entre eux, il nous a ex­pli­qué com­ment fonc­tion­nait son groupe.

L’IN­FLUENCE

d’un lea­der

Le lea­der, le terme peut ne pas plaire, est un cou­reur che­vron­né qui va pro­po­ser, mettre au point les séances de la se­maine, leur te­neur. Par exemple : séance courte en en­du­rance le mar­di, frac­tion­né le jeu­di, seuil le sa­me­di et sor­tie longue le di­manche. Avec un conte­nu un peu dif­fé­rent se­lon les ni­veaux, les ob­jec­tifs. Reste que si c’est un ma­ra­thon qui est pro­gram­mé, le plan de cha­cun est connu deux bons mois à l’avance, ce­la vous le sa­vez.

LA PRÉ­SENCE…

d’un ou deux vé­los !

Pas obli­ga­toire bien sûr, mais ter­ri­ble­ment utile d’avoir un vé­lo, voire deux vé­los, lors de ses sor­ties longues en fo­rêt. En ef­fet, sa­chant que tout le monde n’au­ra pas for­cé­ment la même du­rée à faire, un vé­lo se­ra utile pour re­joindre les co­pains qui font une sor­tie de 2 h 30, voire 3 heures, alors que vous, pour une rai­son ou pour une autre, vous faites 1 h 30 ou 2 heures. Fi­nie votre course, alors vous mon­tez sur le vé­lo pour ga­gner plus ra­pi­de­ment le point de ren­contre. « Ou­til » très souple, le vé­lo est ap­pe­lé à rendre ce genre de ser­vices.

MAIS TOUT COM­MENCE

par un… ca­fé

Sou­vent, tout com­mence chez l’un des cou­reurs, on se ras­semble avec la prise d’un ca­fé, d’un thé, de ce que vous vou­lez, avant de par­tir pour la fo­rêt. On dis­cute, on évoque la te­neur de la séance pré­vue, on at­tend les éven­tuels cou­reurs en re­tard, puis on part tous en­semble en s’échauf­fant du­rant une ving­taine de mi­nutes. Ar­ri­vés en fo­rêt, du moins sur le lieu de la séance, on s’étire en­suite tous en­semble. Ja­mais su­per­flus les éti­re­ments d’avant­course.

AVEC UNE SOR­TIE

longue en en­du­rance

Pas ques­tion, on l’a dit, que tout le monde fasse la même du­rée et sur­tout à la même vi­tesse. Pas le même ob­jec­tif, voire le même âge. En con­sé­quence, le groupe de 8, 10 ou 12 amis va par­tir, mais, au fil des ki­lo­mètres, va for­cé­ment s’éti­rer. Dans ces condi­tions, deux pos­si­bi­li­tés : vous cou­rez plus len­te­ment, vous êtes dis­tan­cé, mais comme vous vous sen­tez bien dans vos run­nings, et res­pi­rez à l’aise sans vous es­souf­fler, vous n’hé­si­tez pas à en pro­fi­ter pour boos­ter votre al­lure, à vous ac­cro­cher à la fou­lée des co­pains plus ra­pides. Un bon sti­mu­lant guère en­vi­sa­geable quand on court seul. Ou au contraire, vous sou­hai­tez évi­ter un sur­ré­gime, un risque de bles­sure pos­sible, et alors vous lais­sez fi­ler les co­pains plus per­for­mants. Pas de pro­blème, les cou­reurs plus ra­pides fe­ront un de­mi-tour ou un cro­chet pour re­joindre le groupe des moins ra­pides. Ou en­core vous vous re­trou­ve­rez tous au point de ras­sem­ble­ment pré­vu. Car la fo­rêt a ses codes. Simon Col­la­do ex­plique, en ef­fet, que l’on ne part dans l’in­con­nu, le groupe sait où il part et où il ar­rive, les côtes ont même re­çu des noms qui vont ser­vir de re­père : la côte Fran­çois, le pré­nom d’un cou­reur, la côte du lynx, le ta­pis vert, voire le mur des la­men­ta­tions. Des re­pères pour se re­trou­ver, ne ja­mais se perdre.

AVEC UNE SÉANCE

au seuil

On a pré­vu au­jourd’hui de faire une séance au seuil, aus­si ap­pe­lée ré­sis­tance douce, soit de 80 à 90 % de sa fré­quence car­diaque maxi­male. Cer­tains vont la faire fa­ci­le­ment à 88, 90 % de leur FCM, d’autres, ce se­ra plu­tôt vers 80 %. Pas de pro­blème non plus, car une séance de cette na­ture se fait par frac­tions, soit, par exemple, 4 fois 10 ou 15 mi­nutes au seuil mais en­tre­cou­pées de 2 mi­nutes de marche ou de 5 mi­nutes au trot en en­du­rance pour ré­cu­pé­rer entre les frac­tions. Eh bien, c’est très simple : ceux qui ont cou­ru à 90 % de leur FCM fe­ront de­mi-tour pour ré­cu­pé­rer et re­joindre ceux qui ont cou­ru plus len­te­ment. On pour­ra même ré­cu­pé­rer en­semble et en­suite re­par­tir se­lon le même sché­ma. Sa­chant que ce genre de séance au seuil est tou­jours pré­cé­dé d’un échauf­fe­ment de 15, 20 mi­nutes en­vi­ron qui au­ra été fait en groupe, ce se­ra la même chose pour la ré­cu­pé­ra­tion fi­nale qui ter­mine la séance, soit à nou­veau 15, 20 mi­nutes tous en­semble en en­du­rance. Jus­qu’au point de ras­sem­ble­ment, et ce, avant de re­par­tir chez soi… Pas très com­pli­qué tout ce­la. Et on vous l’a dit, un vrai sport d’équipe, la course à pied !

Pas de chef mais un lea­der plus che­vron­né qui va pro­po­ser les thèmes, mettre en place les séances.

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