Té­moi­gnage. Isa­belle court en pleine conscience.

Pro­fi­ter de son corps et de son es­prit, ap­pré­cier chaque se­conde et chaque image que la na­ture ap­porte c'est ce qui anime Isa­belle.

Blue Run - - ÉDITO/SOMMAIRE -

Le sport a presque tou­jours fait par­tie de ma vie. A 4 ans, je com­men­çais la danse clas­sique à l’opé­ra de Metz, puis en­suite vint l’opé­ra de Nice et le conser­va­toire de danse clas­sique, tou­jours. De longues heures de danse quo­ti­dienne ont fa­çon­né mon corps et mon es­prit à l’ef­fort phy­sique, la souf­france et l’en­du­rance. Même si je rê­vais d’être un jour dan­seuse étoile je n’en n avais fi­na­le­ment ni l’étoffe ni le des­tin...

Je me suis ra­bat­tue un temps sur la na­ta­tion puis les sports d’équipe. Mon his­toire d’amour avec un ath­lète de bon ni­veau (sous contrat) me fit cô­toyer quelques per­son­nages de L’AC Cannes, Mo­na­co et Nice.

Par peur de fi­nir avec des es­carres aux fesses à force d’être sur les bords de stade, je me suis mise à cou­rir un peu. Non pas par pas­sion mais sur­tout pour trom­per l’en­nui, la rou­tine et le froid à at­tendre la fin des séances d’en­traî­ne­ments de mon cher et tendre com­pa­gnon.

Puis tra­vaillant, en bord de mer, j’ai com­men­cé à trou­ver plu­tôt agréable de cou­rir le soir en lon­geant la plage. Le week-end en mon­tagne, le Mer­can­tour était à 2 pas... en­fin presque...

Puis... la vie... une vie pro­fes­sion­nelle tré­pi­dante par­ta­gée entre bu­reau, avions et fa­mille.

En­fin, les dé­tours de la vie m’ont ame­née à re­prendre sé­rieu­se­ment le sport, ques­tion de sur­vie : run­ning, na­ta­tion,

« J'aime la no­tion de l’ef­fort, le dé­pas­se­ment de soi mais dans le plai­sir avant tout »

trail, al­pi­nisme, es­ca­lade, ran­do et équi­ta­tion.

Mes 50 ans ont mo­de­lé mon corps et lui ont lais­sé quelques pe­tites traces de vie par ci par là... Je n’en­vi­sage plus le sport de la même fa­çon.

J’aime néan­moins tou­jours la no­tion d’ef­fort, de dé­pas­se­ment de soi mais dans le plai­sir avant tout.

C’est ain­si que j’en­vi­sage les en­traî­ne­ments pour et avec plai­sir. J’uti­lise pour ce­la mes 5 sens no­tam­ment dans toutes mes ac­ti­vi­tés de run­ning ou trail. Que l'en­traî­ne­ment se fasse à 6h du mat ou à 20h.. .de jour comme de nuit en hi­vers... Car je cours dans la pleine conscience. Je rem­plis mes yeux du for­mi­dable spec­tacle que la na­ture m’offre.

J’écoute tous les bruits, oi­seaux, in­sectes, branches qui craquent sous les pas, le givre qui crisse sous mes pieds en hi­ver.

Je res­pire toutes les odeurs de la cam­pagne qui changent chaque jour.

Je goutte une mûre, une fraise des bois, une fleur.

Je ca­resse un épi de blé, les herbes folles en cou­rant sur les bords de che­mins.

Oui, tous mes sens sont en éveil... je suis plei­ne­ment vi­vante et heu­reuse de sen­tir mon corps en ac­tion, por­té par ce for­mi­dable bon­heur des sens ! Je cours en­vi­ron 1 heure 3 fois par se­maine et j’al­terne avec 1 h de na­ta­tion sui­vie de 2 h d’es­ca­lade. Le week-end c’est soit mon­tagne, soit un pe­tit trail de 2 ou 3 h, en fonc­tion de mes pos­si­bi­li­tés. J’ajoute de la mus­cu­la­tion chaque jour ou presque. Une jour­née de re­pos com­plet par se­maine.

Cette concep­tion du run­ning très "sen­so­riel" me per­met de ne pas vrai­ment res­sen­tir l’ef­fort car je suis concen­trée sur mes autres sens, même si je fi­nis en trans­pi­ra­tion to­tale.

Cou­rir en pleine conscience et dans un es­prit to­ta­le­ment po­si­tif c est un net­toyage de cer­veau as­su­ré. Je ne re­cherche pas la per­for­mance à tout prix, je n’ai ni car­dio, ni chro­no, juste une ex­cel­lente paire de pompes et mon té­lé­phone pour im­mor­ta­li­ser de temps en temps une vue su­perbe. Ce qui veut dire que je m’au­to­rise même à m’ar­rê­ter quelques se­condes pour une pho­to.

Il y en a qui mé­ditent... moi je cours... shoot d en­dor­phine as­su­ré et bien être à la clef ! De plus, pour une gour­mande de la vie comme moi, ce­la me per­met de gar­der des pro­por­tions phy­siques agréables... ce qui est fort ap­pré­ciable aus­si sur­tout après quelques ex­cès de table !

Le sport fait par­tie de mon équi­libre de vie à part en­tière même si je sais qu’avec le temps je mo­dé­re­rai mes ef­forts mais peu im­porte tant que cette flamme de vie et d’amour brû­le­ra en moi je me sen­ti­rai vi­vante et se­rai pleine de gra­ti­tude en­vers la vie pour ce si pré­cieux ca­deau !

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