Killian Jor­net

Il gra­vit l’eve­rest deux fois en une se­maine sans oxy­gène !

Blue Run - - EDITO/ SOMMAIRE -

Il rem­porte le ma­ra­thon du Mont Blanc le 25 juin 2017. Cet homme est ex­tra­or­di­naire !

Avec une pre­mière as­cen­sion ex­cep­tion­nelle, le Ca­ta­lan a bou­clé son pro­jet « Sum­mits of my life ». Il lui a per­mis d’af­fo­ler les chro­no­mètres sur les points culmi­nants de chaque conti­nent.

Le pro­gramme de la jour­née était char­gé. Plus de 3 800 m de dé­ni­ve­lé po­si­tif, dont 30 km de mo­raines, et 2 300 m d’as­cen­sion sur une pente à plus de 50 de­grés. En vingt-six heures, l’es­pa­gnol Killian Jor­net a conquis, dans la nuit du 21 au 22 mai, les 8 848 m de l’eve­rest, sans oxy­gène et sans corde fixe !

Le cham­pion d’ul­tra-trail avait choi­si la voie nord, par le Ti­bet, pour grim­per le my­thique som­met. Cette as­cen­sion, consi­dé­rée comme plus dif­fi­cile que par la voie né­pa­laise, prend en moyenne entre trois et cinq jours pour un al­pi­niste ac­cli­ma­té.

Killian Jor­net est par­ti à 22h du mo­nas­tère de Rong­buk (5 100 m). Le Ca­ta­lan a four­ni une brève ana­lyse de son as­cen­sion : « Jus­qu’à 7 700 m d’al­ti­tude, je me sen­tais bien et tout s’est pas­sé comme pré­vu. En­suite, j’ai com­men­cé à avoir des pro­blèmes d’es­to­mac, cer­tai­ne­ment dus à un vi­rus. A par­tir de là, j’ai dû pro­gres­ser plus len­te­ment et m’ar­rê­ter très sou­vent pour ré­cu­pé­rer. Mal­gré tout, je suis par­ve­nu au som­met à mi­nuit (ndlr:le­len­de­main). »

Avec cette as­cen­sion ex­cep­tion­nelle, ce­lui que l’on sur­nomme « l’ul­tra­ter­restre » a bou­clé son pro­jet « Sum­mits of my life », qui lui a per­mis d’af­fo­ler les chro­no­mètres sur les points culmi­nants de chaque conti­nent (Cer­vin, Mckin­ley, Acon­ca­gua, Ki­li­mand­ja­ro, etc.). En France, l’am­bas­sa­deur de l’al­pi­trail avait réus­si à grim­per deux fois en une jour­née le Mont Blanc, sa­chant que l’as­cen­sion moyenne né­ces­site deux jour­nées en­tières ! Douze heures d’ef­forts et près de 6 700 m de dé­ni­ve­lé po­si­tif. « Un bon en­traî­ne­ment en al­ti­tude », avait conclu le spor­tif qui ré­side dé­sor­mais en Nor­vège.

L’en­traî­ne­ment, c’est la clé des ex­ploits de Killian Jor­net. Ces der­nières se­maines, il avait grim­pé le Cho Oyu (8 201 m). Comme à son ha­bi­tude, il avait fait le choix du dé­nue­ment ex­trême pour ce défi phy­sique ex­cep­tion­nel.

Une deuxième as­cen­sion dans la se­maine

Dans sa deuxième ten­ta­tive, le sa­me­di, c’est cette fois le vent - violent - qui a com­pli­qué la tâche de l’es­pa­gnol. Il a réa­li­sé l’as­cen­sion en 17 heures, à quelques mi­nutes d’un nou­veau temps de ré­fé­rence. « Je suis tel­le­ment content d’avoir at­teint le som­met à nou­veau ! Au­jourd’hui, je me sen­tais bien, même s’il y a eu beau­coup de vent. C’était dif­fi­cile de pro­gres­ser ra­pi­de­ment. Je pense que gra­vir le som­met de l’eve­rest deux fois en une se­maine sans oxy­gène ouvre de nou­velles pos­si­bi­li­tés en al­pi­nisme et je suis vrai­ment heu­reux de l’avoir fait. »

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