Le frac­tion­né, c’est men­tal

L’en­traî­ne­ment frac­tion­né ou comment faire l’apo­lo­gie de la pro­gres­sion en course à pied. L’en­traî­ne­ment frac­tion­né est re­dou­table d’ef­fi­ca­ci­té pour qui veut se pré­pa­rer à une com­pé­ti­tion ou aug­men­ter sa VMA. Mais s’at­ta­quer à une séance de VMA, c’est acc

Blue Run - - EDITO/ SOMMAIRE -

L’en­traî­ne­ment frac­tion­né com­mence avant même l’ar­ri­vée sur le stade

Le jour J est ar­ri­vé, ce­lui d’une grosse séance d’en­traî­ne­ment frac­tion­né. On la re­doute, donc on y pense avant même que l’heure de l’en­traî­ne­ment sonne. On a en­vie d’y être pour ne plus stres­ser, de l’avoir fi­nie pour le sou­la­ge­ment que ce­la ap­porte. Au mo­ment de se chan­ger puis lors du foo­ting d’échauf­fe­ment, la pres­sion monte d’un cran. On com­mence à faire de l’ima­ge­rie men­tale, à se rap­pe­ler à quoi res­semble l’al­lure, les sen­sa­tions que l’on doit re­trou­ver… Bref, on rentre sou­vent dans son frac­tion­né avant même de com­men­cer la séance.

Cette fois, on est chaud, l’échauf­fe­ment est com­plé­té, on ne peut plus re­cu­ler, il faut y al­ler ! Dé­bute alors ce long dia­logue avec soi, qui évo­lue tou­jours se­lon la même li­ta­nie au fil des frac­tions. Con­cen­tré, on s’at­tache à bien suivre le rythme pré­vu, avec sé­rieux, car on sait que c’est ce qui condi­tionne la suite de la séance. Mal­gré tout, on se dit dé­jà : « Wa­hou, c’est ra­pide, je ne vais ja­mais fi­nir la séance à ce rythme… » La ré­cu­pé­ra­tion passe vite mais le coeur, tou­jours frin­gant, ne monte pas en­core trop haut.

Puis on rentre dans sa rou­tine de course où le maître mot est « ré­gu­la­ri­té », pour al­ler au bout de la séance et tirer le meilleur de soi. Le coeur com­mence à s’em­bal­ler et la confiance n’est dé­jà plus au beau fixe.

C’est ça, la psy­cho­lo­gie d’un en­traî­ne­ment frac­tion­né ! Les frac­tions s’en­chaînent. Ar­ri­vé à la moi­tié, on a en­vie de voir le verre à moi­tié plein en se di­sant que ça va pas­ser. Que la deuxième par­tie d’un en­traî­ne­ment frac­tion­né se fait, de toute fa­çon, tou­jours au men­tal. Mais jus­te­ment, au­ra-t-on cette force men­tale pour al­ler au bout ?

Pour­quoi et comment en­traî­ner son men­tal

Dans la deuxième par­tie d’une séance de frac­tion­né, on compte pour se mo­ti­ver ! Plus que quatre ? Plus que trois ? Plus que deux ? Le cardio est à plein ré­gime, on a l’im­pres­sion qu’il ne re­des­cend plus pen­dant les ré­cu­pé­ra­tions, les jambes brûlent et ne de­mandent qu’à s’ar­rê­ter… Et pour­tant, c’est là qu’on ar­rive le plus sou­vent à trou­ver les res­sources pour en re­mettre un pe­tit peu. Ce pe­tit peu qui per­met­tra de main­te­nir l’al­lure jus­qu’au bout. Ce pe­tit peu qui don­ne­ra la sa­tis­fac­tion du de­voir ac­com­pli une fois la der­nière frac­tion pas­sée.

Et c’est étrange à dire dans ces mo­ments, il y a tou­jours une no­tion de plai­sir. Très in­té­rieur, mais le fait de souf­frir et de réus­sir à se dé­pas­ser est vrai­ment une sen­sa­tion ad­dic­tive… Stress, souf­france phy­sique et men­tale : on re­trouve tout ça dans un en­traî­ne­ment frac­tion­né. Le dé­pas­se­ment de soi est de mise, ça fait par­tie de la course à pied !

Le fait de souf­frir et de se dé­pas­ser est une source de sen­sa­tions ad­dic­tives

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