Des stages pour tous avec Ber­nard Faure

Cham­pion de France de ma­ra­thon en 1982, Ber­nard Faure a oeu­vré dans le rug­by et le foot­ball. Il est tou­jours consul­tant sur France 2 pour le ma­ra­thon de Pa­ris. Il est aus­si et sur­tout or­ga­ni­sa­teur de stages dans le Pé­ri­gord pour cou­reurs de tous ni­veaux.

Blue Run - - EDITO/ SOMMAIRE -

Consul­tant bien connu des té­lé­spec­ta­teurs du ser­vice pu­blic, Ber­nard Faure a com­men­cé l’ath­lé­tisme très jeune à Pé­ri­gueux (Dor­dogne). Comme tous ma­ra­tho­nien de haut ni­veau, il s’est en­suite di­ri­gé vers la piste, cou­rant le 5 000 m en 13’50. Mais très vite, il a eu en­vie d’al­ler sur la route et de cou­rir son pre­mier ma­ra­thon. C’est chose faite en 1979 à Mé­ri­gnac, près de Bor­deaux, en 2h40. Trois ans plus tard, le fu­tur com­pa­gnon d’an­tenne de Pa­trick Mon­tel de­vient cham­pion de France à Hyères en de­van­çant Do­mi­nique Chau­ve­lier, autre cham­pion bien connu des cou­reurs de tous ni­veaux.

C’est à Lié­vin, en 1983, que Ber­nard réus­sit son meilleur chro­no sur ma­ra­thon, en 2h12. Après avoir cou­ru 14 ma­ra­thons, il ar­rête sa car­rière à 31 ans pour tra­vailler chez adi­das, plus pré­ci­sé­ment dans sa fi­liale de l’époque, Le Coq spor­tif. Il se sou­vient : « Dans les an­nées 60 et 70, la course sur route était consi­dé­rée comme un sport de pro­lé­taires. » Con­cur­rente de la piste, elle est très mal vue par la Fé­dé­ra­tion fran­çaise d’ath­lé­tisme qui veut des ath­lètes com­pé­ti­tifs sur la piste. Et seule­ment sur la piste, qui n’est alors pas ré­tri­buée. Ama­teurs à 100%, les pis­tards !

LA COURSE À PIED EN PLEINE ÉVO­LU­TION

« Dans les an­nées 80, la course sur route a été reconnue so­cia­le­ment, ex­plique Ber­nard. Elle a chan­gé d’image, s’est dé­mo­cra­ti­sée. » En l’oc­cur­rence, po­pu­la­ri­sée. Elle adopte au­jourd’hui des pro­fils très va­riés, on le sait. « Le ma­ra­thon reste une course de pres­tige qui at­tire de plus en plus de cou­reurs et qui res­te­ra au top. Mais ac­tuel­le­ment, pour­suit Ber­nard Faure, le trail est en plein boom et les courses fes­tives aus­si. On se­rait en manque de fêtes… Ces courses per­mettent de s’af­fran­chir de cer­tains codes. » Au­tre­ment dit, de cou­rir pour s’amu­ser, avec des par­ti­ci­pants des deux sexes plus jeunes, sans doute, et sans re­cherche de chro­no, de perf. Ce qui n’em­pêche pas Ber­nard d’af­fir­mer en sub­stance que pour cer­tains or­ga­ni­sa­teurs, l’ob­jec­tif pre­mier de ces ren­dez-vous est de faire de l’ar­gent. Sans comp­ter que pour les autres courses, le prix des dos­sards ne cesse d’aug­men­ter. En cause : le coût éle­vé des me­sures de sé­cu­ri­té, évi­dem­ment in­dis­pen­sables, ré­pondent beau­coup d’or­ga­ni­sa­teurs.

S’il se dé­sole de consta­ter qu’au­jourd’hui, les ath­lètes fran­çais courent moins vite le 10 000 m que dans les an­nées 60, Ber­nard af­firme que le pas­sage du ma­ra­thon sous les deux heures - avec Nike et adi­das en concur­rence comme équi­pe­men­tiers des cham­pions ké­nyans ou éthio­piens - ne l’in­té­resse pas du tout. Il s’in­té­resse ex­clu­si­ve­ment aux cou­reurs qui viennent aux stages qu’il or­ga­nise dans le Pé­ri­gord. La plu­part des cou­reurs ac­tuels, trai­lers ou « rou­tiers », veulent tou­jours être à l’aise, bien né­go­cier leur course en na­ture ou sur le bi­tume, à dé­faut de chas­ser un chro­no. Mais il s’agit quand même tou­jours, pour cer­tains, de battre leur re­cord ! Puis­qu’il ne peut être ques­tion de re­cord du monde…

DES STAGES TOUT CONFORT EN PÉ­RI­GORD POUR MIEUX SE CONNAÎTRE ET PRO­GRES­SER

Créés en 1985 et or­ga­ni­sés chaque an­née d’avril à oc­tobre à Hau­te­fort, en plein coeur du Pé­ri­gord, les stages Ber­nard Faure ré­pondent à cette de­mande. « Pour les or­ga­ni­ser, j’ai ache­té une mai­son dans la­quelle je vis avec mon épouse So­nia. C’est là qu’ont lieu mes stages. Tout est com­pris : course à pied, hé­ber­ge­ment et re­pas. »

Des stages que Ber­nard Faure avait ar­rê­tés du­rant plu­sieurs an­nées, de 2001 à 2009, pour de­ve­nir pré­pa­ra­teur phy­sique des équipes de rug­by de Bour­goin et Glou­ces­ter, en An­gle­terre, avant de conclure cette pa­ren­thèse à Tou­louse avec le foot. Sui­vit une re­prise sans in­ter­rup­tion des stages à Hau­te­fort, même si Ber­nard était aus­si consul­tant sur France 2 pour l’ath­lé­tisme, Jeux olym­piques com­pris. Au­jourd’hui, à 63 ans, il reste consul­tant pour le ma­ra­thon de Pa­ris mais il consacre tout son temps à ces stages, de vrais stages va­cances en fait, avec son épouse So­nia qui pré­pare les re­pas. D’ex­cel­lents re­pas ! L’au­teur de cet ar­ticle, sta­giaire, peut le confir­mer.

« D’avril à oc­tobre, je re­çois en­vi­ron 100 sta­giaires, du sa­me­di au sa­me­di et pas plus de 9 chaque se­maine », ex­plique Ber­nard Fa ure( voir en­ca­dré sur la jour­née type ). L’ob­jec­tif, dit-il en sub­stance, est de mieux se connaître sur le plan phy­sio­lo­gique pour mieux cou­rir et res­ter en bonne san­té. Tout ce­la pour, bien sûr, pro­gres­ser. A l’is­sue du stage d’une se­maine, les par­ti­ci­pants rentrent chez eux avec une meilleure connais­sance de leur po­ten­tiel et des plans d’en­traî­ne­ment. Et même un plan évo­lu­tif sur deux ans. De quoi pro­gres­ser à long terme et sur­tout sans faire d’er­reurs ! »

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