La san­té re­pré­sente un mar­ché de 5 000 mil­liards de dol­lars.

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Ils sont pro­ba­ble­ment plus nom­breux ­au­jourd’hui 2 . Et la hausse des fran­chises aux États-Unis, dans les pro­chaines ­an­nées, de­vrait don­ner un nou­vel élan à ce sec­teur dy­na­mique.

Is­sen­berg aborde la ques­tion sous un angle par­ti­cu­lier : il s’in­té­resse prin­ci­pa­le­ment au cas de l’Eu­rope de l’Est, en­traî­nant son lec­teur dans deux pays (la Hon­grie et la Bul­ga­rie) où l’es­sor du tourisme mé­di­cal re­monte à l’ère post-com­mu­niste. Les adeptes le pra­tiquent moins par choix que par né­ces­si­té : « L’es­sen­tiel du tourisme mé­di­cal, au­jourd’hui, sou­ligne à juste titre Is­sen­berg, du moins en de­hors de fri­voles opé­ra­tions de chi­rur­gie es­thé­tique, n’est pas le fait de pri­vi­lé­giés. »

Pour com­prendre cette nou­velle ten­dance, poin­ter du doigt le ren­ché­ris­se­ment des soins ne suf­fit pas. Bien sûr, la si­tua­tion va­rie d’un pays à l’autre, mais le phé­no­mène s’ex­plique par la conju­gai­son de trois évo­lu­tions qui ont bou- le­ver­sé l’éco­no­mie po­li­tique de la san­té à l’échelle du globe.

La pre­mière, c’est l’émer­gence d’une vé­ri­table in­dus­trie pri­vée. Même si la mé­de­cine a tou­jours com­por­té une di­men­sion com­mer­ciale, « l’es­sor d’un vaste ré­seau d’en­tre­prises four­nis­sant des ser­vices de san­té aux pa­tients dans un but lu­cra­tif », comme l’écri­vait en 1980 Ar­nold Rel­man dans le New En­gland Jour­nal of Me­di­cine, est bien plus ré­cente. Et le phé­no­mène tend ­au­jourd’hui à se mon­dia­li­ser, les grandes firmes du sec­teur s’ef­for­çant de « s’ad­ju­ger une part plus im­por­tante d’un mar­ché qui gé­nère chaque an­née près de 5 000 mil­liards de dol­lars de chiffre d’af­faires », comme le note le jour­na­liste John Lis­ter 3 .

Le livre d’Is­sen­berg s’ouvre sur la des­crip­tion d’un nou­vel hô­pi­tal fon­dé à So­fia par la To­ku­shu­kai Me­di­cal Cor­po­ra­tion (un très grand groupe de cli­niques ja­po­naises). Cu­rieu­se­ment si­tué, cet éta­blis­se­ment est dé­crit par l’au­teur comme un « Le­go en ivoire haut de neuf étages mê­lant style Bau­haus et style im­mo­bi­lier de bu­reaux ». L’hô­pi­tal To­ku­da at­tire les pa­tients de dif­fé­rents pays voi­sins. Au cours de sa vi­site, Is­sen­berg aper­çoit une Li­byenne ef­frayée, al­lon­gée dans un lit et te­nant la main d’un homme – sans doute son ma­ri. Un em­ployé ex­plique à l’au­teur que le sys­tème de san­té li­byen a été frap­pé de plein fouet par la guerre ci­vile. Le pays a donc com­men­cé à ­en­voyer au To­ku­da ses pa­tients de­vant su­bir une opé­ra­tion du ge­nou. « Voi­là une ­Li­byenne, écrit Is­sen­berg, qui se ­re­trouve coin­cée dans un hô­pi­tal ja­po­nais de la ca­pi­tale bul­gare, alors même qu’elle est au faîte de sa vul­né­ra­bi­li­té. » Une ­re­marque qui rap­pelle à la fois l’étrange mou­ve­ment de mon­dia­li­sa­tion de la mé­de­cine et le sort gé­né­ra­le­ment peu en­viable du ­tou­riste mé­di­cal.

La se­conde évo­lu­tion, qui concerne en tout cas les pays de l’an­cien bloc de l’Est, tient à l’im­pact du pas­sage au ca­pi­ta­lisme. Comme l’ex­pliquent dans un es­sai 4 les épi­dé­mio­lo­gistes

Les ta­rifs des ca­bi­nets den­taires hon­grois at­tirent de plus en plus de pa­tients in­ca­pables de s’of­frir les soins dont ils ont be­soin dans leur propre pays.

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