« LE RO­MAN­CIER DOIT PRENDRE TOUS LES RISQUES »

C’est en se bor­nant à dé­crire les dé­tails dans toute leur com­plexi­té que l’écri­vain peut échap­per au kitsch qui guette la re­pré­sen­ta­tion ar­tis­tique des crimes contre l’hu­ma­ni­té. L’Aus­tra­lien Ri­chard Fla­na­gan a mis douze ans à trou­ver le ton juste pour rac

Books - - ÉDITO/ SOMMAIRE - RI­CHARD FLA­NA­GAN

L’écri­vain aus­tra­lien Ri­chard Fla­na­gan a tra­vaillé douze ans pour ve­nir à bout de son grand dé­fi : écrire un ro­man sur l’hor­reur des camps de travail ja­po­nais le long de la ligne Siam-Bir­ma­nie, dont son propre père est un res­ca­pé. Un ef­fort lit­té­raire hors du com­mun pour dé­mon­ter les res­sorts de la cruau­té et rendre hom­mage aux vic­times sans ban­nir les bour­reaux du genre hu­main.

Àpro­pos des pri­son­niers de re­tour des camps de travail ja­po­nais sur le che­min de fer Ran­goun-Bang­kok, vous écri­vez : « Il n’y a plus pour eux que deux sortes d’hommes : ceux qui étaient sur la Ligne et le reste de l’hu­ma­ni­té, qui n’y était pas. » N’êtes-vous pas aus­si han­té par cette « Ligne » ?

Mon ro­man est dé­dié au pri­son­nier 335 (en ja­po­nais san bya­ku san jū go), qui était le ma­tri­cule de mon père sur le chan­tier du che­min de fer que vou­laient construire les Ja­po­nais à tra­vers la fo­rêt tro­pi­cale. Bien mal­gré lui, cette ex­pé­rience a été le fait mar­quant de sa vie. Elle a fa­çon­né l’homme qu’il est de­ve­nu après la guerre, la ma­nière dont il se com­por­tait en fa­mille, celle dont il nous a éle­vés, mes frères et soeurs et moi. Je suis en ce sens un en­fant de la voie fer­rée de la Mort.

Votre père par­lait-il sou­vent de la guerre ? Son évo­ca­tion pas­sait moins par les mots que par les actes. Mon père avait par exemple d’étranges ob­ses­sions re­la­tives à l’ordre. Des choses aus­si in­fimes que la fa­çon de plier et de dé­plier le linge pou­vaient pro­vo­quer chez cet homme par ailleurs très fa­cile à vivre une ter­rible an­goisse. Il y a dans le livre ce per­son­nage, un res­ca­pé, bou­le­ver­sé de voir que ses en­fants ne plient pas cor­rec­te­ment leurs vê­te­ments. Il s’agit en réa­li­té de mon père. Le rè­gle­ment ja­po­nais im­po­sait que le pli des cou­ver­tures soit tour­né vers l’extérieur. Après avoir sur­vé­cu à la construc­tion de cette fa­meuse voie fer­rée, mon père avait été en­voyé au Ja­pon pour tra­vailler comme es­clave dans une mine de char­bon. Un jour, alors qu’il était très faible, il a plié sa couverture dans le mau­vais sens. Les gar­diens l’ont bat­tu à coups de crosse. Je n’ai ap­pris cette his­toire que bien plus tard, une fois de­ve­nu adulte.

Votre livre contient des scènes très dures d’hommes sales, ma­lades, af­fa­més et ­bat­tus au coeur de l’« hor­reur verte », ­ain­si que vous dé­cri­vez la jungle. Pour­quoi ce par­ti pris de mon­trer l’atro­ci­té dans ses moindres dé­tails ?

L’ex­pé­rience des pri­son­niers de guerre aus­tra­liens fut une chose vé­ri­ta­ble­ment atroce, qui s’est pro­lon­gée pen­dant près de quatre ans. Je pou­vais m’ins­pi­rer de toutes sortes de faits pour la ra­con­ter. J’ai fi­na­le­ment choi­si de mettre au coeur de mon ré­cit une jour­née or­di­naire dans un camp de travail. Une jour­née au cours de la­quelle ne se pro­duit qu’un évé­ne­ment : un homme est bat­tu à mort –, ce qui est ef­froyable mais dé­ri­soire à l’échelle d’une guerre. Je vou­lais sim­ple­ment ac­cu­mu­ler des dé­tails sur ce que les êtres hu­mains en­durent lors­qu’ils ne sont plus consi­dé­rés comme tels. Le manque de nour­ri­ture, l’hu­mi­di­té et le froid, les pi­qûres, les cou­pures, la boue, la merde, l’épui­se­ment, les chaus­sures ­ra­pié­cées… Com­ment tout ce­la concourt len­te­ment à dé­truire un homme. Voi­là qui me sem­blait le meilleur moyen de faire com­prendre un crime bien plus ample. Claude Lanz­mann avait dé­cla­ré, à l’époque du film La Liste de Schind­ler, qu’il exis­tait un « in­ter­dit de la re­pré­sen­ta­tion » de ­l’Ho­lo­causte, que la fic­tion consti­tuait dans ce cas une « trans­gres­sion ». Vous

êtes-vous po­sé cette ques­tion de la trans­gres­sion concer­nant les crimes com­mis par les Ja­po­nais ?

Claude Lanz­mann avait rai­son de dire qu’il est re­la­ti­ve­ment fa­cile de pro­duire du kitsch à pro­pos d’une ex­pé­rience aus­si ter­rible que l’Ho­lo­causte. Or le kitsch n’in­sulte pas seule­ment les morts : il ba­na­lise le crime. Mais on ne peut dé­cré­ter que cer­taines si­tua­tions n’ont pas à être re­pré­sen­tées. J’ai vu Shoah à sa sor­tie en salles. J’étais un tout jeune homme et le film m’a fait une très grande im­pres­sion. Je garde en par­ti­cu­lier le sou­ve­nir de son ac­cu­mu­la­tion ré­so­lue de dé­tails. Je me sou­vien­drai tou­jours de ces scènes ra­con­tant com­ment les gens étaient ga­zés, la ma­nière dont le sys­tème fonc­tion­nait con­crè­te­ment. C’est en ce­la que Lanz­mann re­cher­chait vé­ri­ta­ble­ment sa vé­ri­té. Que l’on soit jour­na­liste, écri­vain ou his­to­rien, il im­porte de ne pas dire aux gens ce qu’ils doivent pen­ser. De sim­ple­ment dé­crire, comme l’a fait Lanz­mann, les dé­tails dans toute leur com­plexi­té et de lais­ser au spec­ta­teur, ou au lec­teur, le soin de dé­ci­der quel sens leur don­ner. La littérature de piètre qua­li­té, le mau­vais jour­na­lisme, le mau­vais cinéma vous disent au contraire quoi pen­ser.

Vous dé­cri­vez l’uni­vers concen­tra­tion­naire de deux points de vue : ce­lui des geô­liers et ce­lui des pri­son­niers. Vous ne sou­hai­tiez pas vous concen­trer sur le cal­vaire en­du­ré par les hommes comme votre père ?

Je ne vou­lais pas re­tom­ber dans l’éga­re­ment vic­ti­maire. Des crimes tels que l’Ho­lo­causte, le Gou­lag, le gé­no­cide rwan­dais ou le trai­te­ment des pri­son­niers de guerre du Ja­pon ont pu avoir lieu parce que, des dé­cen­nies au­pa­ra­vant, l’idée avait été émise que cer­tains êtres hu­mains n’en sont pas et que leur souf­france est par consé­quent sans im­ por­tance. Or écrire un ro­man qui traite uni­que­ment de cette dou­leur, c’est af­fir­mer im­pli­ci­te­ment que les bour­reaux sont moins qu’hu­mains. Ce­la re­vient à ré­pé­ter le men­songe à l’ori­gine du crime. Mon livre de­vait mon­trer que les ­au­teurs de mau­vais trai­te­ments étaient tout aus­si hu­mains que leurs vic­times. Et que, à l’in­verse, celles-ci étaient ­po­ten­tiel­le­ment ca­pables d’in­fli­ger les mêmes souf­frances. Le ro­man se de­vait d’être ou­vert à ce qu’être plei­ne­ment ­hu­main veut dire. Quels mé­ca­nismes ont pu ame­ner les com­man­dants et les gar­diens des camps à consi­dé­rer que leurs pri­son­niers n’étaient pas des êtres hu­mains à part en­tière ?

Les mêmes qui ont conduit des in­di­vi­dus à de­ve­nir des tueurs de masse à Pa­ris il y a quelques mois. Ces gens croient en leur qua­li­té de bonnes per­sonnes et sont per­ver­tis par un men­songe, l’idée d’un bien su­pé­rieur au nom du­quel, pour in­car­ner la per­sonne bonne, vous de­vez dé­truire d’autres êtres hu­mains et fi­na­le­ment vous-même. On parle de l’État is­la­mique comme d’un culte de la mort. Je ne connais pas de culte de la mort plus ex­trême et plus ef­frayant que le ré­gime mi­li­ta­riste ja­po­nais des an­nées 1930 et 1940. L’es­prit ja­po­nais était gui­dé par la na­ture di­vine de l’em­pe­reur. ­Se sa­cri­fier pour lui était le but ul­time. La vie hu­maine ne si­gni­fiait rien. Cette so­cié­té a en­cou­ra­gé son sui­cide col­lec­tif pour la dé­fense du Ja­pon. Des hommes et des femmes ont tué leurs propres pa­rents en pen­sant qu’ils agis­saient pour le bien de leur pays.

Avez-vous ren­con­tré des sur­vi­vants ja­po­nais de cette époque ?

Lorsque j’ai eu presque fi­ni d’écrire, je suis par­ti à la re­cherche de gar­diens qui au­raient pu ser­vir sur la voie fer­rée de la Mort. 250 000 es­claves ont tra­vaillé sur ce che­min de fer long de plus de 400 ki­lo­mètres. 1 Je ne m’at­ten­dais donc pas à ren­con­trer qui­conque ayant été au même en­droit que mon père. J’ai pour­tant re­trou­vé trois hommes dont c’était le cas. L’un d’eux, un mé­de­cin, se sou­ve­nait avoir vi­si­té son camp. Il me l’a dé­crit comme un en­fer boud­dhiste : de grands bû­chers sur les­quels brû­laient des corps et, ram­pant au­tour d’eux dans la boue, des sque­lettes. J’ai pen­sé que les sque­lettes étaient les vic­times du cho­lé­ra, car le cho­lé­ra dé­pouille ra­pi­de­ment les ma­lades de leur chair. L’homme m’a ré­pon­du : « Oh non, non, ceux-là étaient des pri­son­niers or­di­naires. Les

ma­lades du cho­lé­ra sem­blaient en bien plus pi­teux état. »

Com­ment avez-vous ré­agi face à ces hommes ?

L’un d’entre eux avait été condam­né pour crimes de guerre. Il avait réus­si à échap­per à la po­tence avant d’être ­li­bé­ré à la fa­veur de l’am­nis­tie gé­né­rale de 1956. Nous nous sommes en­tre­te­nus pen­dant en­vi­ron une heure et de­mie, dans un ­bu­reau de l’en­tre­prise de taxis de son fils, dans la ban­lieue de To­kyo. L’homme avait une mé­moire pré­cise de beau­coup de choses, ce qui était in­té­res­sant. Mais il ne gar­dait au­cun sou­ve­nir des vio­lences. Il af­fir­mait n’en avoir ja­mais com­mis. À un mo­ment, je lui ai de­man­dé quelque chose de très bi­zarre. Je lui ai pro­po­sé de me frap­per. Le châ­ti­ment le plus ré­pan­du dans l’ar­mée ja­po­naise était ap­pe­lé bin­ta. Le terme dé­si­gnait de très fortes gifles, ­ad­mi­nis­trées sans ar­rêt jus­qu’à ce que la per­sonne bat­tue se re­trouve com­plè­te­ment ou à de­mi in­cons­ciente. Dans les camps, on fai­sait par­fois ali­gner les pri­son­niers sur deux ran­gées face à face pour se gi­fler mu­tuel­le­ment, par paires. Ils de­vaient se frap­per jus­qu’à ce que l’un des deux tombe. Si vous ne frap­piez pas as­sez fort, les gar­diens vous dé­mo­lis­saient.

Pour­quoi vou­liez-vous faire l’ex­pé­rience de ce châ­ti­ment ?

Je ne le sa­vais pas au juste. Peut-être étais-je fu­rieux que mon in­ter­lo­cu­teur n’avoue pas ses exac­tions. Peut-être vou­lais-je lui si­gni­fier, en lui de­man­dant de me gi­fler : « Soixante-dix ans ont pas­sé, mais me voi­ci. Je suis le fils de mon père et je suis ve­nu faire votre procès. » Ce qui est af­freux. Je m’en vou­lais de res­sen­tir ce­la. Et puis, à nou­veau, je vou­lais gla­ner des dé­tails pré­cis : sa­voir ce que l’on res­sent en at­ten­dant que les coups pleuvent ; com­ment les Ja­po­nais s’y pre­naient pour frap­per, ce que ça leur fai­sait, ce qu’ils re­cher­chaient, le contact de la peau contre la peau. Alors l’homme s’est le­vé, il a pré­pa­ré son corps comme un ath­lète. Il a eu une sé­rie de mou­ve­ments – une tor­sion du buste, le coude re­plié, la main en coupe – qui mon­traient clai­re­ment qu’il sa­vait frap­per. Même s’il l’avait ou­blié, son corps, ses muscles, ses nerfs, ses ten­dons s’en sou­ve­naient. La vio­lence s’était im­pri­mée en eux.

Qu’avez-vous res­sen­ti ?

Au bout de trois gifles, la pièce s’est mise à trem­bler. Tout tom­bait au­tour de nous, les chaises, les clés des taxis ac­cro­chées au mur… Je me suis dit : « Je suis al­lé trop loin, je suis fi­chu. Me voi­ci dans un bu­reau d’une ban­lieue de To­kyo, en train de me faire frap­per par un homme de 92 ans. » J’ai pen­sé que j’avais com­plè­te­ment per­du la tête. Puis j’ai pris conscience de ce qui était en train de se pas­ser.To­kyo était se­coué par un séisme de 7,3 sur l’échelle de Rich­ter. J’ai re­gar­dé le vieil homme face à moi. Il avait peur. Alors j’ai com­pris que, quelle que soit la na­ture du mal, il ne se trou­vait pas avec nous dans cette pièce.

Après la dé­mo­bi­li­sa­tion, les mé­de­cins de l’ar­mée conseillent à vos per­son­nages de ne plus évo­quer leur ex­pé­rience. « En par­ler ne ser­vait à rien. » Est-ce ain­si que les choses se sont pas­sées ?

Ce­la peut sem­bler cho­quant, mais oui. Les scien­ti­fiques de l’époque pen­saient que le mieux à faire pour ces hommes et pour leurs fa­milles était de ne plus en par­ler.

N’y avait-il pas quelque chose de dé­ran­geant dans leur his­toire ?

Bien sûr. Les his­toires que l’on ra­conte au len­de­main d’une guerre sont tou­jours des his­toires très simples de courage et de ba­tailles. Celles qui n’entrent pas dans ce cadre sont in­com­mu­ni­cables. Elles ré­clament un ré­cit bien plus sub­til. S’ajou­tait, dans le cas des pri­son­niers de guerre aus­tra­liens, un pro­blème racial. L’Aus­tra­lie était un pays d’as­cen­dance en ma­jo­ri­té eu­ro­péenne, dont les habitants se consi­dé­raient gé­né­ra­le­ment su­pé­rieurs aux Asia­tiques. Or la réa­li­té était que leurs sol­dats s’étaient re­trou­vés es­claves d’un peuple asia­tique (les Ja­po­nais), avec d’autres es­claves asia­tiques – des Ta­mouls, des Chi­nois, des Ja­va­nais, des Ma­lais, des Thaïs, des ­Bir­mans. Cette di­men­sion ve­nait en­core com­pli­quer les choses.

Le per­son­nage prin­ci­pal, qui est mé­de­cin, va pour­tant être cé­lé­bré comme un hé­ros…

C’est un rôle qu’il se ré­sout à ac­cep­ter, d’abord à l’in­té­rieur du camp, parce que sa ré­pu­ta­tion de hé­ros donne de l’es­poir aux hommes, puis après guerre, parce qu’elle offre aux sur­vi­vants une forme de conso­la­tion. Donc il l’ac­cepte, tout en connais­sant le prix à payer. Car per­sonne ne sait mieux que Dor­ri­go Evans le fos­sé qui sé­pare l’idéal hé­roïque et son propre échec. Chaque jour dans le camp, il doit faire sem­blant de pou­voir sau­ver des vies. Chaque jour, les Ja­po­nais lui ré­clament un contin­gent de main-d’oeuvre qu’il doit sé­lec­tion­ner par­mi des hommes épui­sés. Et, chaque jour, cer­tains meurent à cause de ses dé­ci­sions. Mais il sait aus­si que s’il n’agit pas, s’il laisse faire les Ja­po­nais et ne dé­signe pas lui-même les plus aptes à tra­vailler, ils se­ront tous per­dus. Dor­ri­go Evans com­prend qu’il doit de­ve­nir une his­toire et que cette his­toire leur don­ne­ra à tous de la force. En contre­par­tie, sa vie de­vient un men­songe.

Le livre est éga­le­ment un ro­man d’amour, l’his­toire d’une brève pas­sion adul­tère à la­quelle ­Dor­ri­go Evans va se rac­cro­cher ­du­rant sa cap­ti­vi­té. Ne crai­gniez-vous pas que cette in­trigue pa­raisse tri­viale ?

Il m’a fal­lu douze ans pour écrire le livre. J’en ai pro­duit cinq ver­sions dif­fé­rentes, dont je me suis dé­bar­ras­sé parce qu’elles étaient mau­vaises. À la fin, je me suis aper­çu que le ro­man de­vait être une his­toire d’amour, ce que je sa­vais en ­réa­li­té de­puis le dé­part. Là était la clé, car don­ner à voir uni­que­ment les ­té­nèbres n’est pas conforme à ce que nous sa­vons de l’ex­pé­rience hu­maine. Nous sommes des créa­tures d’es­poir. Peut-être est-ce idiot, peut-être est-ce vain, mais c’est in­dé­niable. Or la plus for­mi­dable ex­pres­sion de l’es­poir est l’amour. Je me suis dit que si je vou­lais peindre l’obs­cu­ri­té je de­vais y in­tro­duire une lueur. Pas par sen­ti­men­ta­lisme, non, mais pour que les lec­teurs y re­con­naissent l’âme hu­maine. Tout ce­la était ris­qué, évi­dem­ment. Mais il me semble qu’un ro­man­cier doit cou­rir tous les risques ima­gi­nables. Il me semble qu’il doit avan­cer comme un fu­nam­bule sur sa corde, sans fi­let. Mieux vaut ris­quer l’échec que d’évi­ter la pos­si­bi­li­té même du risque.

LE LIVRE La Route étroite vers le nord loin­tain, tra­duit de l’an­glais (Aus­tra­lie) par France Ca­musPi­chon, Actes Sud, 2016, 432 p. L’AU­TEUR L’écri­vain et scé­na­riste Ri­chard Fla­na­gan est né sur l’île aus­tra­lienne de Tas­ma­nie, où il vit. Il est l’au­teur de six ro­mans, tous tra­duits en fran­çais. La Route étroite vers le nord loin­tain a été ré­com­pen­sé en 2014 par le Man Boo­ker Prize, le prix le plus pres­ti­gieux de la littérature an­glo­phone.

Ri­chard Fla­na­gan : « Je vou­lais ac­cu­mu­ler les dé­tails sur ce que les êtres hu­mains en­durent lors­qu’ils ne sont plus consi­dé­rés comme tels. »

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