L’HOMME ET LA MER

Books - - SOMMAIRE - — Oli­vier Pos­tel-Vi­nay

«Ceux-là ont vu les oeuvres de Yah­vé, ses mer­veilles par­mi les abîmes », lit-on dans le livre des Psaumes. Tous les peuples ne sont pas ma­rins. Cer­tains pays sont en­cla­vés, par­fois au fin fond d’un conti­nent et, en­core au­jourd’hui, une bonne par­tie de l’hu­ma­ni­té n’a ja­mais vu la mer. Mais Ho­mo sa­piens a fran­chi de belles éten­dues d’eau sa­lée voi­ci 60 000 ans (p. 19). Et la mer, peut-on sou­te­nir, a fon­dé la ci­vi­li­sa­tion oc­ci­den­tale. Les Grecs sub­tils, les har­dis Vi­kings, les ru­sés mar­chands han­séa­tiques (p. 61) et gé­nois, les na­vi­ga­teurs por­tu­gais (p. 20), puis bri­tan­niques (pp. 76 et 52) et amé­ri­cains (p. 42) ont ou­vert les océans au com­merce mon­dial et trans­for­mé la géo­gra­phie po­li­tique. Même l’Em­pire du Mi­lieu n’est pas en reste (p. 48). He­ming­way (p. 98) entre en ré­so­nance avec Lu Yan, poète chi­nois du xiie siècle : « Tou­jours plus loin dans mon es­quif lé­ger, mon coeur bon­dit dans des élans de joie. »

La mer couvre 71 % de la sur­face de la pla­nète et dé­ter­mine le cli­mat, dans des condi­tions en­core bien mal connues. Elle porte 90 % du com­merce mon­dial (p. 66), as­sure les com­mu­ni­ca­tions haut dé­bit et four­nit à un mil­liard d’hommes leur prin­ci­pale source de pro­téines. L’océan est le lieu de drames et de tra­gé­dies sans nom (pp. 16, 41, 50, 52), comme en té­moignent au­jourd’hui en­core les naufrages de ba­teaux rem­plis de ré­fu­giés. C’est aus­si une nouvelle source d’in­quié­tudes, pour les atolls du Pa­ci­fique et les basses terres de pays très pauvres, pour le de­ve­nir des pois­sons (p. 62) ou des co­raux (p. 76), ou en­core en rai­son des énormes quan­ti­tés de dé­chets qui s’y ac­cu­mulent (p. 72). La mer « cou­leur de lie de vin » dont parle Ho­mère est chan­tée sous toutes les la­ti­tudes (p. 22). Source in­fi­nie d’ins­pi­ra­tion pour les peintres, les pho- to­graphes et les écri­vains (pp. 45 et 98), elle a nour­ri les fan­tasmes les plus di­vers (pp. 12 et 32) avant de de­ve­nir l’af­faire de scien­ti­fiques pas­sion­nés qui aus­cultent les ca­cha­lots (p. 46), sondent les abysses (p. 82) ou comptent les mé­duses à mains nues (p. 86). Pour clore ce nu­mé­ro, une his­toire ex­tra­or­di­naire par­mi tant d’autres, celle d’un petit pê­cheur sal­va­do­rien qui a dé­ri­vé deux ans sur son ba­teau (p. 91).

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