ES­PION­NAGE TECH­NO­LO­GIQUE

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Pour les So­vié­tiques, l’im­por­tance du ren­sei­gne­ment scien­ti­fique n’a ces­sé de croître après la Se­conde Guerre mon­diale pour de­ve­nir une prio­ri­té dans les an­nées 1970, af­firme l’his­to­rien de l’es­pion­nage Ser­gueï Tcher­to­proud dans « Le ren­sei­gne­ment tech­ni­co-scien­ti­fique de Lé­nine à Gor­bat­chev » (Mos­cou, 2002). Dé­pen­dant de la pre­mière di­rec­tion gé­né­rale du KGB (le PGOU), res­pon­sable du ren­sei­gne­ment ex­té­rieur, la sec­tion T comp­tait ain­si un mil­lier d’agents, dont 300 étaient ba­sés à l’étran­ger. Leur mis­sion n’était plus de sur­veiller l’évo­lu­tion de l’ar­se­nal mi­li­taire des Oc­ci­den­taux mais de com­bler le re­tard tech­no­lo­gique de l’URSS, sur­tout dans le do­maine ci­vil – de l’élec­tro­nique à la phar­ma­cie –, en dé­ro­bant le sa­voir-faire de l’Ouest en la ma­tière. Le pre­mier or­di­na­teur, la pre­mière cal­cu­lette, la pre­mière montre élec­tro­nique so­vié­tiques sont des « vols ». De leur cô­té, les Oc­ci­den­taux créè­rent­dans les an­nées 1950 un or­ga­nisme, le Co­com (Co­mi­té de co­or­di­na­tion pour le contrôle mul­ti­la­té­ral des ex­por­ta­tions), des­ti­né à em­pê­cher les pays du bloc de l’Est d’ac­cé­der aux tech­no­lo­gies de pointe et qui, de fait, ins­ti­tua un vé­ri­table em­bar­go aux ex­por­ta­tions. Ce qui, en soi, était une jus­ti­fi­ca­tion à l’exis­tence de la sec­tion T, dont le pays de pré­di­lec­tion, comme l’at­testent plu­sieurs ou­vrages russes, était le Ja­pon.

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