À RE­BOURS

Books - - PÉRISCOPE -

Avec son pre­mier ro­man, Une Île au loin, pa­ru en 1997 (et tra­duit chez Mé­tai­lié en 2000), Luís Car­do­so s’est im­po­sé comme l’un des grands noms de la lit­té­ra­ture du Ti­mor orien­tal. De­puis lors, cet in­gé­nieur fo­res­tier ne cesse de re­vi­si­ter dans son oeuvre l’his­toire mou­ve­men­tée de

son pays na­tal, an­cienne co­lo­nie por­tu­gaise an­nexée par l’In­do­né­sie en 1975 et de­ve­nue in­dé­pen­dante en 2002.Dans son nou­veau livre, « Où vont les chats quand ils meurent ? », Luís Car­do­so fait re­tour­ner son nar­ra­teur, Er­nes­to, sur les lieux de son en­fance, la pe­tite île d’Ataú­ro, si­tuée au large de Di­li, la ca­pi­tale est-ti­mo­raise. « Mon père fut af­fec­té sur cette por­tion de terre comme chef de poste. Je ne sais pas si c’était une pro­mo­tion ou une sanc­tion. C’est sur cette île que l’on en­voyait les ban­nis. D’abord ce furent les Por­tu­gais qui s’op­po­saient au régime de Sa­la­zar. En­suite, les Ti­mo­rais ac­cu­sés d’avoir col­la­bo­ré avec les Ja­po­nais du­rant l’Oc­cu­pa­tion. Plus tard, les In­do­né­siens firent de cette île un camp de concen­tra­tion pour les na­tio­na­listes [qui lut­taient pour l’in­dé­pen­dance du Ti­mor orien­tal] », se re­mé­more Er­nes­to dans le pre­mier cha­pitre de ce ro­man écrit dans un por­tu­gais truf­fé d’ex­pres­sions en té­tum, la langue of­fi­cielle du pays, et en we­tar, l’idiome par­lé à Ataú­ro.« Où vont les chats quand ils meurent ? » porte comme sous-titre « Une pa­ra­bole bi­blique ». « Je l’ai écrit comme je li­sais la Bible en­fant : en sou­li­gnant des ver­sets et en me pas­sion­nant pour les pé­ri­pé­ties de l’arche de Noé », ex­plique Luís Car­do­so au ma­ga­zine lit­té­raire por­tu­gais Jor­nal de le­tras.

Pa­ra onde vão os ga­tos quan­do mor­rem? (« Où vont les chats quand ils meurent ? »), de Luís Car­do­so, Sex­tante Edi­to­ra, 2017.

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