APO­CA­LYPSE NOW

Books - - PÉRISCOPE -

Sa­lué par la presse tchèque comme le meilleur ro­man de l’an­née 2016, Je­ze­ro a aus­si va­lu à son au­teure Bian­ca Bel­lová de re­ce­voir le prix Ma­gne­sia Li­te­ra 2017 et le prix de lit­té­ra­ture de l’Union eu­ro­péenne 2017. Au-de­là de l’ap­pa­rente ba­na­li­té de l’in­trigue, l’in­té­rêt du livre ré­side dans « la fa­çon qu’a Bel­lová d’ex­pri­mer et de faire res­sen­tir le ma­laise par tous les moyens pos­sibles, sou­ligne le ma­ga­zine lit­té­raire Tvář : dans la nar­ra­tion, dans l’or­ga­ni­sa­tion de l’es­pace, dans le ca­rac­tère sin­gu­lier des per­son­nages, dans le temps qui passe. Le ro­man donne une image très convain­cante de l’apo­ca­lypse, un monde où la vie hu­maine n’est plus que sur­vie, où l’in­di­vi­du fuit face à lui-même. » Na­mi, le jeune hé­ros, vit sur les rives d’un lac dont l’es­prit a dé­ci­dé de pu­nir une po­pu­la­tion per­ver­tie, qui trompe, vole et ex­ploite. L’eau se ta­rit, ce qui en reste est em­poi­son­né, les pois­sons aus­si. Ceux qui ont pu fuir l’ont fait, les autres se sont ré­si­gnés. Na­mi tente de par­tir. Mais il dé­cou­vri­ra que la ville, de l’autre cô­té de la rive, ne vaut pas mieux que son lac. Et puis Na­mi fi­ni­ra par re­trou­ver sa mère. L’abou­tis­se­ment tant at­ten­du ? Pas le genre de Bian­ca Bel­lová.Le ma­ga­zine A2 est stu­pé­fait de consta­ter à quel point tout est vain dans le monde de l’écri­vaine. Il n’y a rien à sau­ver, pas même le hé­ros, « cy­nique et émo­tion­nel­le­ment mort ». « Et le pire, conclut Tvář, c’est que l’image du monde que Bel­lová donne à voir sem­ble­ra fa­mi­lière au lec­teur. »

Je­ze­ro (« Le lac »), de Bian­ca Bel­lová, Host, 2016.

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