Dans cer­taines cir­cons­tances, tous les en­fants ou presque peuvent de­ve­nir des meur­triers.

Books - - 22 FAITS & IDÉES À GLANER DANS CE NUMÉRO -

Sla­ter, an­cien jour­na­liste du Wall Street Jour­nal, avait ap­pris dans la presse l’ar­res­ta­tion de Car­do­na ain­si que de son ami d’en­fance Ro­salío Re­ta, tueur à gages comme lui. Dans des in­ter­views don­nées à plu­sieurs titres de la presse amé­ri­caine, Car­do­na et Re­ta ont ra­con­té qu’ils vi­vaient dans une planque au Texas et exé­cu­taient des meurtres com­man­di­tés. Car­do­na avait 17 ans lors­qu’il a in­té­gré le car­tel et 19 au mo­ment de son ar­res­ta­tion. Re­ta – dont la pe­tite taille et le crâne al­lon­gé lui avaient va­lu le sur­nom de Bart, en ré­fé­rence à Bart Simp­son – s’était en­ga­gé à 16 ans ; moins d’un an plus tard, il était pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire. D’après leur propre dé­compte, Car­do­na et Re­ta ont tué à eux deux plus de 50 per­sonnes. Étaient­ils des psy­cho­pathes à la base ? Ou bien des ga­mins or­di­naires dont les Ze­tas ont fait des monstres? Dé­si­reux de sa­voir com­ment un ado­les­cent peut se muer en meur­trier de masse, de com­prendre « l’at­trait exer­cé par la lo­gique du car­tel », Sla­ter a écrit à Car­do­na et à Re­ta en pri­son. À sa grande sur­prise, ils lui ont ré­pon­du.

Un jour de l’été 1995, le psy­cho­logue amé­ri­cain Mi­chael Wes­sells s’est ren­du au camp de Graf­ton, un centre de ré­in­ser­tion de Sier­ra Leone pour les en­fants­sol­dats qui ont pris part à la guerre ci­vile. Les pen­sion­naires étaient âgés de 9 à 16 ans. Beau­coup d’entre eux avaient tué. Mais ce­la ne les em­pê­chait pas de des­si­ner, de dan­ser et de jouer à des jeux co­opé­ra­tifs. Au­tre­ment dit, ils se com­por­taient comme des en­fants. Wes­sells a été si­dé­ré de réa­li­ser à ce mo­ment­là que « dans cer­taines cir­cons­tances, tous les en­fants ou presque peuvent de­ve­nir des meur­triers », comme il le ra­conte dans un ar­ticle.

L’ex­pres­sion « en­fant­sol­dat » évoque im­mé­dia­te­ment des lieux comme la Sier­ra Leone. Dans les an­nées 1990, l’uti­li­sa­tion de mi­neurs com­bat­tants y était très ré­pan­due, de même que dans d’autres conflits afri­cains. Mais des filles et des gar­çons de moins de 18 ans ont été en­rô­lés dans des guerres par­tout dans le monde, de la Co­lom­bie au Sri Lan­ka, et com­battent en­core sur de nom­breuses lignes de front ac­tuel­le­ment. D’après l’ONU, le nombre d’en­fants­sol­dats en Af­gha­nis­tan a dou­blé en 2015 – les ta­li­bans et les forces gou­ver­ne­men­tales en re­cru­tant dans leurs rangs. En mars 2016, le Dé­par­te­ment d’État amé­ri­cain si­gna­lait que l’or­ga­ni­sa­tion État is­la­mique se re­po­sait de plus en plus sur un cadre de jeunes conscrits, par­fois âgés de 10 ans à peine, ap­pe­lés les Lion­ceaux du Ca­li­fat.

Au cours de l’his­toire, les en­fants ont sou­vent eu un rôle ac­ces­soire dans les guerres en tant qu’es­ta­fettes, tam­bours ou aides­ca­non­niers. Mais, avec l’évo­lu­tion de l’ar­me­ment au xxe siècle et sur­tout l’ap­pa­ri­tion du fu­sil d’as­saut AK­47, il est de­ve­nu plus pra­tique de les en­voyer en pre­mière ligne. Dans Chil­dren at War (2006), P. W. Sin­ger note que, com­po­sé de moins de dix pièces mo­biles, l’AK­47 est « d’une sim­pli­ci­té bru­tale » : « Des entretiens

mettent en évi­dence qu’il faut en gé­né­ral en­vi­ron une de­mi­heure à un en­fant pour ap­prendre à s’en ser­vir. »

Ce qui manque aux mi­neurs en force et en ex­pé­rience, ils le com­pensent par d’autres qua­li­tés : ils sont mal­léables et sou­vent dis­po­nibles en quan­ti­té abon­dante. Les en­fants sont par­ti­cu­liè­re­ment vul­né­rables aux aléas de la guerre : le fait d’être sé­pa­rés de leur fa­mille ou d’autres struc­tures de sou­tien peut créer chez eux une dé­pen­dance à l’égard de leurs chefs mi­li­taires qui les rend ai­sé­ment ex­ploi­tables. Dans les pre­mières an­nées de son in­sur­rec­tion en Ou­gan­da, le sei­gneur de guerre Jo­seph Ko­ny en­rô­lait des adultes dans son Ar­mée de ré­sis­tance du Sei­gneur (LRA). Il est fi­na­le­ment pas­sé aux en­fants, parce qu’ils étaient plus fa­ciles à en­doc­tri­ner. Bien en­ten­du, il y a un ta­bou as­so­cié au fait de per­ver­tir l’in­no­cence de la jeu­nesse. Mais en­freindre ce ta­bou peut don­ner un avan­tage tac­tique. Un mi­li­taire de car­rière qui scrute dans son vi­seur un en­fant de 12 ans hé­si­te­ra peut­être à ap­puyer sur la gâ­chette. En outre, en­voyer comme si­gnal que l’on est prêt à trans­gres­ser toutes les li­mites peut dé­mo­ra­li­ser l’ad­ver­saire. Si l’or­ga­ni­sa­tion État is­la­mique dif­fuse des vi­déos de pro­pa­gande où l’on voit des meurtres per­pé­trés par des en­fants, c’est pour mon­trer qu’elle est bien dé­ter­mi­née à fou­ler aux pieds les normes in­ter­na­tio­nales et en­tend prendre « l’avan­tage psy­cho­lo­gique », no­tait la fon­da­tion bri­tan­nique Quilliam dans un ré­cent rap­port 2.

En re­vanche, on en­tend ra­re­ment par­ler d’en­fants­sol­dats dans le contexte de la guerre de la drogue à la fron­tière amé­ri­ca­no­mexi­caine. Pour­tant, se­lon le Ré­seau pour les droits des en­fants au Mexique – une fé­dé­ra­tion d’as­so­cia­tions de la so­cié­té ci­vile –, quelque 30 000 mi­neurs ont été contraints de jouer un rôle dans l’in­sur­rec­tion cri­mi­nelle sé­vis­sant dans le pays, et plu­sieurs mil­liers d’entre eux ont été tués. Wolf Boys offre le point de vue in­time et in­édit de jeunes tueurs en­ga­gés sur ces lignes de front. La pri­son peut trans­for­mer qua­si­ment n’im­porte qui en bon épis­to­lier. Après avoir écrit à Car­do­na et à Re­ta, Sla­ter s’est

re­trou­vé en­traî­né dans une re­la­tion dont l’in­ten­si­té met mal à l’aise. Il a ren­du vi­site aux deux gar­çons en pri­son et s’est en­tre­te­nu avec eux pen­dant des heures. Re­ta a fi­ni par rompre le contact ; mais Sla­ter a conti­nué à cor­res­pondre avec Car­do­na sur des cen­taines de pages.

Un jour de 2004, alors qu’il a 17 ans, Car­do­na est à Nue­vo La­re­do pour faire pas­ser de la drogue pour son compte. Des po­li­ciers cor­rom­pus le re­pèrent et l’amènent à Mi­guel Tre­viño, le pa­tron des Ze­tas. Tre­viño, qui a alors la tren­taine, ques­tionne Car­do­na tout en ca­res­sant une gre­nade à main, écrit Sla­ter. Le sang­froid de Car­do­na l’im­pres­sionne. Peu de temps après, l’ado­les­cent est en­voyé en stage dans un camp d’en­traî­ne­ment de l’État mexi­cain de Ta­mau­li­pas.

Les Ze­tas ont été créés par d’an­ciens membres des uni­tés d’élite ayant dé­ser­té l’ar­mée mexi­caine. D’où le goût du car­tel pour le style pa­ra­mi­li­taire. Tre­viño était connu sous son nom de code ra­dio : Cua­ren­ta (« Qua­rante »). Pour au­tant, le camp était très sem­blable à ceux où, ailleurs dans le monde, des groupes ar­més forment des en­fants à tuer. Au cours de ce qui s’ap­pa­rente à une mue sym­bo­lique, Car­do­na re­çut l’ordre d’aban­don­ner ses vê­te­ments ci­vils, ain­si que son por­te­feuille et son té­lé­phone, pour re­vê­tir le même uni­forme que les autres re­crues (jean et tee­shirt blanc).

Dans son ré­cit au­to­bio­gra­phique Le Che­min par­cou­ru 3, Ish­mael Beah dé­crit un ri­tuel sem­blable quand, à 13 ans, il est in­cor­po­ré dans les rangs des forces ar­mées de Sier­ra Leone. Au mo­ment où il en­file son nou­veau short mi­li­taire, Beah voit un sol­dat brû­ler ses « vieilles af­faires ». On lui donne une baïon­nette et on lui or­donne d’at­ta­quer un ba­na­nier comme s’il s’agis­sait d’un en­ne­mi. C’est un élé­ment com­mun à tous les pro­grammes de for­ma­tion au meurtre : l’ex­po­si­tion pro­gres­sive à la vio­lence. Lors de leur for­ma­tion, les Lion­ceaux du Ca­li­fat de l’État is­la­mique re­çoivent l’ordre de dé­ca­pi­ter une pou­pée, puis d’as­sis­ter à la dé­ca­pi­ta­tion d’un être hu­main avant d’en dé­ca­pi­ter un eux­mêmes.

Car­do­na et ses ca­ma­rades, qui étaient âgés de 15 à 30 ans, ont re­çu un fu­sil d’as­saut et eu pour ins­truc­teurs des mer­ce­naires ve­nus de Co­lom­bie et d’Is­raël. Ils ont ap­pris à abattre une cible en fuite. C’était comme « faire une longue passe au foot­ball amé­ri­cain ». Dans le camp, les Ze­tas avaient ras­sem­blé des cen­taines de pri­son­niers – des membres cap­tu­rés du car­tel ad­verse de Si­na­loa – qu’ils ap­pe­laient contras. « Vous faites comme

on vous montre », en­ton­naient les ins­truc­teurs. Et, pour ex­pli­quer com­ment tuer avec un cou­teau, ils égor­geaient un contra. C’est avec ces mal­heu­reux co­bayes hu­mains, et non dans le feu de l’ac­tion, que Car­do­na a ap­pris à tuer. On di­sait aux re­crues de prendre un AR­15, d’en­trer dans une mai­son et de tuer les contras à l’in­té­rieur. Car­do­na s’exé­cu­tait. Il fai­sait comme on lui avait mon­tré.

Les en­fants­sol­dats re­courent sou­vent aux drogues pour s’ha­bi­tuer à l’hor­reur. Ish­mael Beah était ac­cro au brown­brown, un mé­lange de co­caïne et de poudre à ca­non. Car­do­na pré­fé­rait un cock­tail de tran­quilli­sants puis­sants et de Red Bull qui, pris à in­ter­valles ré­gu­liers tout au long de la jour­née, l’in­sen­si­bi­li­sait sans en­ta­mer sa vi­gi­lance. Mi­guel Tre­viño, lui, n’avait pas be­soin de drogue pour tuer. Dans Wolf Boys, il joue, certes, un rôle ar­ché­ty­pal : ce­lui du père de sub­sti­tu­tion psy­cho­pathe, de co­man­dante cha­ris­ma­tique. Mais il a ses par­ti­cu­la­ri­tés, qui sont gla­çantes. Lorsque, en condui­sant, Tre­viño voit un chien en­dor­mi sur le bas­cô­té, il fait une em­bar­dée pour l’écra­ser. Après avoir vo­lé un tigre dans un cirque, il l’af­fame avant de lui don­ner à man­ger des vic­times hu­maines. À un mo­ment, il as­sure à Car­do­na avoir tué « plus de 800 per­sonnes ». Un mo­tif de fier­té chez les Ze­tas. Au sein du car­tel, ce n’est pas tant l’acte de tuer qui confère de l’im­por­tance que l’in­dif­fé­rence, réelle ou feinte, qu’il sus­cite. Les groupes ar­més qui uti­lisent des en­fants in­cor­porent sou­vent des élé­ments mys­tiques (la pro­pen­sion des en­fants à croire à la ma­gie est l’une des rai­sons pour les­quelles Jo­seph Ko­ny les trou­vait si fa­ciles à ma­ni­pu­ler). Car­do­na n’était pas un jeune spé­cia­le­ment por­té sur la spi­ri­tua­li­té, mais lui et ses col­lègues vouaient une dé­vo­tion de pure forme à la San­ta Muerte, la sainte pa­tronne des morts dans la culture po­pu­laire mexi­caine.

Chez les Ze­tas, ra­conte Dan Sla­ter, le plus beau com­pli­ment que l’on puisse faire à quel­qu’un est de lui dire qu’il est frío, in­sen­sible. La pre­mière fois que Ro­salío Re­ta a tué quel­qu’un, ses ca­ma­rades l’ont en­tou­ré pour le fé­li­ci­ter : « Ton pre­mier bou­lot. Tu vas faire des cau­che­mars ! » Il avait 16 ans. Sla­ter dé­crit com­ment Car­do­na est de­ve­nu un tueur ef­fi­cace et fiable – un « mis­sile à tête cher­cheuse au ser­vice du ca­pi­ta­lisme clan­des­tin, prêt à être lan­cé contre n’im­porte quel in­di­vi­du en dé­li­ca­tesse avec l’En­tre­prise ». À un mo­ment, Tre­viño touche le torse de Car­do­na et lui dit : « Tu es aus­si froid que moi. »

Aux États­Unis, lors­qu’un en­fant tue un ca­ma­rade de classe ou un membre de sa fa­mille, le sys­tème ju­di­ciaire tient ra­re­ment compte de son âge. On n’exé­cute plus les mi­neurs de­puis un ar­rêt de la Cour su­prême de 2005, mais des en­fants de 13 ans sont ju­gés comme des adultes. Et des mil­liers de mi­neurs sont condam­nés à la per­pé­tui­té, sans pos­si­bi­li­té de li­bé­ra­tion condi­tion­nelle. C’est ra­re­ment le cas pour les en­fants­sol­dats ayant com­bat­tu dans des conflits à l’étran­ger. Ces der­nières an­nées, les or­ga­ni­sa­tions hu­ma­ni­taires ont fait cam­pagne, avec suc­cès, pour que les mi­neurs com­bat­tants soient consi­dé­rés comme des vic­times et non comme des au­teurs de vio­lences. « Les en­fants as­so­ciés à des groupes ar­més sont avant tout des vic­times de ces groupes », dé­cla­rait en 2015 Lei­la Zer­rou­gui, re­pré­sen­tante spé­ciale du se­cré­taire gé­né­ral de l’ONU pour les en­fants et les conflits ar­més. En 2002, quand le Tri­bu­nal spé­cial pour la Sier­ra Leone a été créé, il avait été dé­ci­dé de ne pas pour­suivre les moins de 15 ans, y com­pris quand ils avaient com­mis des crimes mons­trueux. Comme l’ob­serve l’an­thro­po­logue Da­vid Ro­sen dans son livre Child Sol­diers 4, l’idée qu’il faut épar­gner des pour­suites ju­di­ciaires aux mi­neurs ayant com­mis des crimes de guerre est « une no­tion nou­velle qui ne va pas de soi

Ish­mael Beah a été par­mi les bé­né­fi­ciaires de cette fa­çon de voir. Après avoir été en­fant­sol­dat pen­dant près de trois ans en Sier­ra Leone, il a été se­cou­ru par les Na­tions unies et « dé­mo­bi­li­sé » en 1996, à l’âge de 16 ans. Il s’est avé­ré que Beah ra­con­tait son his­toire avec ai­sance et avait un sou­rire pho­to­gé­nique qui désar­mait en un clin d’oeil ceux qui pou­ vaient dou­ter de sa ré­ha­bi­li­ta­tion. On se­rait bien en peine de trou­ver por­te­pa­role plus sé­dui­sant pour la cause des an­ciens en­fants­sol­dats. Beah a été adop­té par une fa­mille de New York et a fait des études à l’uni­ver­si­té Ober­lin. Son livre s’est ven­du à 1,5 mil­lion d’exem­plaires. (Une polémique a écla­té par la suite, cer­tains ac­cu­sant Beah d’avoir in­ven­té en par­tie son his­toire. Des ac­cu­sa­tions que re­jettent à la fois l’au­teur et son édi­teur.)

Si Ish­mael Beah a droit à la ré­demp­tion, convien­drait­il d’étendre pa­reille dis­pense à Ga­briel Car­do­na ? Beah écrit que ses com­pa­triotes et lui n’avaient « pas d’autre choix » que de par­ti­ci­per au conflit, sé­pa­rés comme ils l’étaient de leur fa­mille en pleine guerre ci­vile. Le Mexique res­sem­blait sans doute par en­droits à une zone de guerre à l’époque où Car­do­na était un Ze­ta. Le taux d’ho­mi­cides le long de la fron­tière dé­pas­sait par­fois ce­lui de l’Af­gha­nis­tan ou de l’Irak. Mais Car­do­na ne vi­vait pas au Mexique ; il vi­vait à La­re­do, une ville sûre en com­pa­rai­son. Son père, violent et al­coo­lique, avait aban­don­né le do­mi­cile fa­mi­lial lors­qu’il était pe­tit. Car­do­na a « vu suf­fi­sam­ment de films » pour at­tri­buer « une par­tie de sa si­tua­tion » à l’ab­sence du père. Mais une par­tie seule­ment. Car­do­na sait que ce­la ne peut consti­tuer le socle de son ab­so­lu­tion. Il n’était pas or­phe­lin : il était res­té proche de sa mère et de son frère. C’était un gar­çon fu­té et d’autres choix s’of­fraient à lui.

Car­do­na était peut­être frío, mais ce n’était pas un sa­dique. Con­trai­re­ment à Mi­guel Tre­viño, tuer ne lui pro­cu­rait au­cune sen­sa­tion forte. Alors pour­quoi le fai­sait­il ? L’an­thro­po­logue Al­cin­da Hon­wa­na note que, dans un contexte de meurtre gé­né­ra­li­sé, les jeunes com­bat­tants « éprouvent un fort sen­ti­ment d’im­puis­sance – sauf lors­qu’ils tuent ». La lo­gique dar­wi­nienne a peut­être aus­si joué un rôle. Mieux vaut être car­ni­vore qu’her­bi­vore dans un monde où les her­bi­vores se font dé­vo­rer. Car­do­na parle du sen­ti­ment de puis­sance vi­rile que lui pro­cu­rait cette ac­ti­vi­té dan­ge­reuse. Mais il donne aus­si une autre ex­pli­ca­tion, aus­si dé­pri­mante que tri­viale : il tuait pour les voi­tures et pour les vê­te­ments. Les Ze­tas payaient

Ro­salío Re­ta (ici en 2009) a in­té­gré le car­tel mexi­cain des Ze­tas à 16 ans, en com­pa­gnie de son ami Ga­briel Car­do­na. Tous deux purgent une peine de pri­son à vie au Texas.

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