Ces livres qui fe­ront l’ac­tua­li­té de de­main

Books - - ÉDITO / SOMMAIRE -

Pour com­prendre ce qu’est le vrai temps libre, l’es­sayiste aus­tra­lien Ro­bert Des­saix sug­gère, dans The Plea­sures of Lei­sure, de prendre exemple sur les chiens. Même l’ani­mal le plus heu­reux de rendre ser­vice ne fait que jouer à ai­der. Là est le se­cret de la dé­tente : ne pas avoir de but, ne pas cher­cher de gain in­tel­lec­tuel ou ma­té­riel. Des­saix met en garde ceux qui parlent de leur tra­vail comme de leur pas­sion. Quand nous nous fai­sons ré­mu­né­rer pour notre pas­sion, nous per­dons notre âme.

Le loi­sir dans sa forme la plus pure, se­lon lui, re­quiert de prendre le temps de mar­cher sans but pré­cis, de con­tem­pler les choses. Con­tem­pler et non re­gar­der, car re­gar­der fixe­ment est source d’an­xié­té.

« Bien que ce livre m’ait in­té­res­sée, amu­sée et in­for­mée, tem­père He­len El­liott dans le ma­ga­zine aus­tra­lien The Month­ly, je ne peux pas ou­blier que le monde dé­crit par Des­saix émane d’une es­time de soi sur­dé­ve­lop­pée. Et peut­être d’une dis­tan­cia­tion visà­vis des dan­ge­reuses émo­tions de la vie cou­rante. »

Car, pour l’es­sayiste, la plu­part des ac­ti­vi­tés qui passent pour ré­créa­tives ne sont que du stress dé­li­vré sous une forme dif­fé­rente. « Même quand nous nous dé­ten­dons, nous nous sen­tons obli­gés de nous confor­mer et de consom­mer. Dès lors, dans quelle me­sure notre temps libre est­il vrai­ment libre? » se de­mande Si­mon Ca­ter­son dans

Th e Aus­tra­lian. Dif­fi­cile de pro­fi­ter des loi­sirs à notre guise quand la so­cié­té va­lo­rise le tra­vail à ou­trance, que l’État consi­dère qu’il faut ré­gu­ler et ri­tua­li­ser le temps libre et que les en­tre­prises cherchent à l’ex­ploi­ter com­mer­cia­le­ment.

The Plea­sures of Lei­sure

(« Les plai­sirs du temps libre »), de Ro­bert Des­saix, Knopf, 2017.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.