ÉCRITURE CURSIVE

Books - - COURRIER - — Cy­ril G.Coste

Je suis at­ter­ré par l’ar­ticle «Le sty­lo fait de la ré­sis­tance» (Books no 90, p. 25). Je suis ma­thé­ma­ti­cien et passe mon temps sur un or­di­na­teur. Je tape sur un cla­vier à la vi­tesse de mes pen­sées qui dé­filent, sans ja­mais re­gar­der les touches. La plu­part du temps, je code des al­go­rithmes. Mais, contrai­re­ment à ce que pensent beau­coup de gens, on ré­sout en­core beau­coup d’équa­tions à la main. Rien de tel qu’un crayon, une gomme et sa propre écriture pour sen­tir les équa­tions.

Perdre l’écriture cursive, c’est aus­si perdre en créa­ti­vi­té, en in­tel­li­gence. Ap­prendre l’écriture cursive ne veut pas dire se condam­ner à ne pas sa­voir uti­li­ser un or­di­na­teur et à ne ja­mais sa­voir pro­gram­mer. J’écris mal et ai sou­vent per­du des points à cause de ce­la, mais il ne me vien­drait pas à l’idée de condam­ner l’écriture cursive pour les pe­tites frus­tra­tions que j’ai connues du­rant mon en­fance. Mais l’écriture ne doit pas se ré­su­mer à son rôle pu­re­ment uti­li­ta­riste. Sans par­ler du plai­sir d’écrire, de re­ce­voir des lettres, elle per­met de lut­ter contre la dic­ta­ture du pré­sent. En­voyer une lettre ma­nus­crite est une vraie preuve de consi­dé­ra­tion, contrai­re­ment à l’en­voi d’un mail.

RECTIFICATIF

Le livre Dé­fla­gra­tions.Dess­sinsd’en­fants,guer­resd’adultes, dont nous avons pu­blié des ex­traits dans Books no 90, est pa­ru aux édi­tions Ana­mo­sa et non chez Fu­tu­ro­po­lis, comme nous l’avons in­di­qué par er­reur.

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