FREEMAN DYSON, SA­VANT ICO­NO­CLASTE

Pion­nier de la phy­sique quan­tique puis de l’uti­li­sa­tion pa­ci­fique de l’éner­gie nu­cléaire, concep­teur de pro­jets ex­cen­triques, le phy­si­cien an­glo-amé­ri­cain est aus­si un lit­té­raire, convain­cu qu’il y a d’autres sources de sa­voir hu­main que la science.

Books - - ÉDITO | SOMMAIRE - MI­CHEL AN­DRÉ.

Pion­nier de la phy­sique quan­tique puis de l’uti­li­sa­tion pa­ci­fique de l’éner­gie nu­cléaire, mi­li­tant du désar­me­ment et concep­teur de pro­jets ex­cen­triques, Freeman Dyson est un touche-à-tout gé­nial.

«Ex­cen­trique », « ico­no­claste », « an­ti­con­for­miste », « hé­ré­tique » : ces qua­li­fi­ca­tifs fré­quem­ment em­ployés à pro­pos du cé­lèbre ma­thé­ma­ti­cien et phy­si­cien an­glo-amé­ri­cain Freeman Dyson re­flètent à l’évi­dence un trait es­sen­tiel de sa per­son­na­li­té. Son in­té­rêt pour des su­jets très va­riés, dont cer­tains à la li­mite de la science-fic­tion, comme la co­lo­ni­sa­tion de l’es­pace ou la vie ex­tra­ter­restre, ses pré­dic­tions au­da­cieuses sur l’avenir de la bio­tech­no­lo­gie, sa sym­pa­thie pour les sa­vants « re­belles » et mar­gi­naux, sa concep­tion de la science comme un sa­voir sub­ver­sif plus proche de l’art que de la phi­lo­so­phie, ses vues peu or­tho­doxes sur les rap­ports de la science et de la re­li­gion (qu’il ne juge pas pro­blé­ma­tiques), le di­plôme de doc­to­rat (qu’il vou­drait sup­pri­mer) ou le chan­ge­ment cli­ma­tique (dont il consi­dère qu’on exa­gère les risques) donnent de Dyson l’image d’une sorte de joyeux touche-à-tout ins­pi­ré et pro­vo­ca­teur. Il l’est as­su­ré­ment, mais il est aus­si et avant tout l’un des plus brillants phy­si­ciens du xxe siècle, un pen­seur d’une grande pro­fon­deur et la plus fine plume scien­ti­fique des cin­quante der­nières an­nées.

En 1981, sous le titre Les Dé­ran­geurs de l’Uni­vers, il pu­bliait un ma­gni­fique livre de sou­ve­nirs ra­pi­de­ment de­ve­nu un clas­sique de l’au­to­bio­gra­phie scien­ti­fique 1. Pour faire le ré­cit de sa vie, il s’était ap­puyé sur les lettres qu’il en­voyait chaque se­maine à ses pa­rents et qu’il avait de­man­dé à sa mère de conser­ver soi­gneu­se­ment, après avoir dé­cou­vert que c’était grâce à une corres- pon­dance sem­blable que James Wat­son avait pu ra­con­ter dans La Double Hé­lice les dif­fé­rentes étapes de sa dé­cou­verte, avec Fran­cis Crick, de la struc­ture de l’ADN. À l’âge de 94 ans, Freeman Dyson vient de dé­ci­der de pu­blier une im­por­tante sé­lec­tion de cette cor­res­pon­dance, ac­com­pa­gnée de com­men­taires. Le re­cueil, qui s’ar­rête en 1978 et ne com­prend que des lettres à sa fa­mille, consti­tue une sorte de com­plé­ment à son au­to­bio­gra­phie ain­si qu’à l’ex­cel­lente bio­gra­phie que lui a consa­crée Phil­lip Schewe.

Né dans une fa­mille d’in­tel­lec­tuels et d’ar­tistes bri­tan­niques (son père était com­po­si­teur et chef d’or­chestre et sa mère une ju­riste ex­cep­tion­nel­le­ment let­trée), Freeman Dyson a ma­ni­fes­té des dons pré­coces pour la lit­té­ra­ture et les ma­thé­ma­tiques. À l’âge de 8 ans, il ré­di­geait dans une langue éton­nante de ri­chesse et de maî­trise, dans le style des ro­mans de Jules Verne, un ré­cit de science-fic­tion res­té in­ache­vé. À 15 ans, il pas­sait ses va­cances d’été à ré­soudre chaque jour, de 6 heures à 22 heures, les 700 pro­blèmes du livre d’équa­tions dif­fé­ren­tielles du ma­thé­ma­ti­cien bri­tan­nique H.T.H. Piag­gio. À cette époque, il sui­vait des cours au col­lège de Win­ches­ter, un des éta­blis­se­ments d’en­sei­gne­ment se­con­daire les plus exi­geants et ré­pu­tés du sys­tème mé­ri­to­cra­tique an­glais. Il en­tra en­suite au Tri­ni­ty Col­lege de l’uni­ver­si­té de Cam­bridge. Comme à Win­ches­ter, à cô­té de l’étude et de la lec­ture, son passe-temps fa­vo­ri, confor­mé­ment à une tra­di­tion lo­cale, y était d’es­ca­la­der la nuit les fa­çades des bâ­ti­ments. Ses pro­fes­seurs étaient de pres­ti­gieuses fi­gures : en phy­sique Paul Di­rac ; en ma­thé­ma­tiques G.H. Hardy,

J.E. Lit­tle­wood et A. Be­si­co­vitch. De ce der­nier il hé­ri­ta un style de dé­mons­tra­tion par­ti­cu­lier qui consis­tait, comme il l’ex­pli­que­ra plus tard dans les re­mar­quables « com­men­taires » à ses propres ar­ticles scien­ti­fiques, à « construire à par­tir d’élé­ments simples une struc­ture ar­chi­tec­tu­rale com­plexe et dé­li­cate, sou­vent do­tée d’une or­ga­ni­sa­tion hié­rar­chique, qui, quand elle est ache­vée, conduit, à l’aide de quelques arguments, à une conclusion in­at­ten­due » 2.

Dyson a com­men­cé sa car­rière comme ma­thé­ma­ti­cien. Après avoir pu­blié quelques tra­vaux en ana­lyse et en théo­rie des nombres, frus­tré par le manque de liens des ma­thé­ma­tiques pures avec le monde réel, il dé­ci­dait d’aban­don­ner cette dis­ci­pline pour se tour­ner vers la phy­sique. Ce chan­ge­ment d’orien­ta­tion le condui­sit à émi­grer aux États-Unis. Sa pre­mière étape y fut l’uni­ver­si­té Cor­nell, où Hans Bethe, dans le pro­lon­ge­ment des tra­vaux de Di­rac, s’em­ployait à je­ter les bases de ce qui al­lait de­ve­nir l’élec­tro­dy­na­mique quan­tique, une théo­rie per­met­tant de com­bi­ner la mé­ca­nique quan­tique et la re­la­ti­vi­té res­treinte. Il y fit la connais­sance du jeune phy­si­cien pro­dige Ri­chard Feyn­man, qui de­vint son ami. Es­prit in­dé­pen­dant et ori­gi­nal, Feyn­man était oc­cu­pé à ré­in­ven­ter toute la phy­sique quan­tique à l’aide d’une mé­thode de cal­cul ex­tra­or­di­nai­re­ment ef­fi­cace et ra­pide mais qu’il était le seul à com­prendre et à pou­voir uti­li­ser, parce qu’elle était fon­dée, non sur des équa­tions mais sur des sché­mas de na­ture pic­tu­rale (les fa­meux « dia­grammes de Feyn­man »). Au même mo­ment, deux autres phy­si­ciens, Ju­lian Sch­win­ger (à Har­vard) et Sin-Iti­ro To­mo­na­ga (au Ja­pon) s’ef­for­çaient de ré­soudre les mêmes pro­blèmes que lui par les moyens ana­ly­tiques clas­siques.

Dans des cir­cons­tances qu’il a sou­vent ra­con­tées, au cours d’un voyage en bus de re­tour d’Al­bu­querque où il s’était ren­du en com­pa­gnie de Feyn­man, Dyson réa­li­sa, dans un mo­ment d’illu­mi­na­tion, que les mé­thodes em­ployées par les trois phy­si­ciens étaient ma­thé­ma­ti­que­ment équi­va­lentes. Il le dé­mon­tra dans deux ar­ticles de­ve­nus des clas­siques, en même temps que la pos­si­bi­li­té de « re­nor­ma­li­ser » les cal­culs concer­nés, c’est-à-dire d’éli­mi­ner, par un pro­cé­dé tech­nique, des quan­ti­tés in­fi­nies pou­vant y ap­pa­raître. Entre-temps, il avait re­joint l’Ins­ti­tute of Ad­van­ced Stu­dies de Prin­ce­ton au­quel (sans ja­mais avoir ob­te­nu de doc­to­rat) il est en­core at­ta­ché au­jourd’hui. L’éta­blis­se­ment était alors di­ri­gé par Ro­bert Op­pen­hei­mer, à qui Bethe l’avait en­voyé en le pré­sen­tant comme le meilleur étu­diant qu’il ait ja­mais eu. Op­pen­hei­mer n’avait pas d’in­té­rêt pour l’élec­tro­dy­na­mique quan­tique et éprou­vait peu de sym­pa­thie en­vers Feyn­man. Dyson, qui sou­te­nait la su­pé­rio­ri­té pra­tique de la mé­thode de son ami, dut donc se battre pour

im­po­ser son point de vue. Avec l’aide de Bethe, il fi­nit par faire rendre les armes à Op­pen­hei­mer. Sch­win­ger, Feyn­man et To­mo­na­ga ob­tinrent le prix No­bel de phy­sique en 1965. De l’avis gé­né­ral, Dyson l’au­rait par­ta­gé avec eux si le rè­gle­ment n'avait pas li­mi­té à trois le nombre de lau­réats. Il n’en conçut pas d’amer­tume. De toute fa­çon, sou­li­gnai­til vo­lon­tiers, il n’avait pas le pro­fil d’un prix No­bel, parce que, s’in­té­res­sant à trop de choses, il était in­ca­pable de tra­vailler dix ans sur le même su­jet.

Dans les an­nées qui sui­virent, Freeman Dyson ten­ta sans suc­cès de ré­soudre ma­thé­ma­ti­que­ment les pro­blèmes po­sés par une autre ca­té­go­rie d’in­ter­ac­tion phy­sique, l’in­ter­ac­tion forte. Rap­por­tant avec hon­nê­te­té les com­men­taires d’une très grande sé­vé­ri­té que lui firent à ce su­jet Wolf­gang Pau­li et En­ri­co Fer­mi, il re­con­naî­tra plus tard que, en l’ab­sence de théo­ries phy­siques ap­pro­priées (qui ne se­ront dé­ve­lop­pées que plu­sieurs an­nées après), sa ten­ta­tive d’étendre son ap­proche ma­thé­ma­tique à l’en­semble de la théo­rie quan­tique des champs, qui couvre toutes les in­ter­ac­tions sauf la gra­vi­té, était pré­ma­tu­rée.

À par­tir des an­nées 1950, il se consa­cra donc à d’autres do­maines: la mé­ca­nique sta­tis­tique, la phy­sique de l’état so­lide, la cos­mo­lo­gie. Pa­ral­lè­le­ment, il s’en­ga­gea dans plu­sieurs pro­jets tech­no­lo­giques, très illus­tra­tifs de l’en­thou­siasme que sus­ci­taient, au dé­but de la se­conde moi­tié du xxe siècle, les pers­pec­tives d’uti­li­sa­tion pa­ci­fique de l’éner­gie nu­cléaire. Le pre­mier, au­quel il a tra­vaillé en collaboration avec le phy­si­cien Ed­ward Tel­ler, était la mise au point d’un ré­ac­teur nu­cléaire de petite taille pour la pro­duc­tion d’iso­topes à des fins mé­di­cales, bap­ti­sé Tri­ga. Ap­pré­ciés pour leur sé­cu­ri­té in­trin­sèque qui leur per­met de fonc­tion­ner en l’ab­sence d’en­ceinte de confi­ne­ment, la com­bus­tion s’in­ter­rom­pant spon­ta­né­ment en cas d’em­bal­le­ment, des ré­ac­teurs fon­dés sur ce concept ont été fa­bri­qués à des di­zaines d’exem­plaires.

Beau­coup plus ambitieux, le pro­jet Orion, qui ne s’est ja­mais concré­ti­sé, vi­sait à conce­voir un vé­hi­cule spa­tial pro­pul­sé à l’éner­gie nu­cléaire. L’idée en avait été pro­po­sée par le ma­thé­ma­ti­cien Sta­nis­law Ulam (père, avec Tel­ler, de la bombe H amé­ri­caine). Dyson, que les voyages in­ter­pla­né­taires avaient tou­jours fait rê­ver, l’em­bras­sa avec en­thou­siasme. La tech­nique en­vi­sa­gée consis­tait à lâcher en cha­pe­let, à l’ar­rière d’un vais­seau équi­pé d’un bou­clier pro­tec­teur, des di­zaines de bombes dont l’ex­plo­sion en­gen­dre­rait une très forte pous­sée. De nom­breuses versions ont été ima­gi­nées, avec des bombes ato­miques ou à hy­dro­gène. Le pro­jet fut aban­don­né au bout de quelques an­nées en rai­son de la crainte des re­tom­bées ra­dio­ac­tives et de la si­gna­ture du trai­té d’in­ter­dic­tion des es­sais nu­cléaires dans l’at­mo­sphère et dans l’es­pace. Dyson le re­gret­ta tou­jours 3.

Du­rant la Se­conde Guerre mon­diale, le jeune Freeman avait tra­vaillé au ser­vice de re­cherche opé­ra­tion­nelle du Royal Air Force Bom­ber Com­mand, qu’il dé­cri­ra plus tard comme «une gi­gan­tesque or­ga­ni­sa­tion s’em­ployant à in­cen­dier des villes et tuer des gens, et le fai­sant mal ». Très bu­reau­cra­tique, le Bom­ber Com­mand, di­ri­gé par le cé­lèbre com­man­dant Ar­thur « Bom­ber » Har­ris, ne par­vint ja­mais à at­teindre ses ob­jec­tifs. Des di­zaines de mil­liers d’ha­bi­tants de Ham­bourg et de Dresde pé­rirent dans les flammes des tem­pêtes de feu dé­clen­chées par les bombes in­cen­diaires, et des cen­taines de jeunes avia­teurs de la RAF trou­vèrent la mort dans leurs ap­pa­reils abat­tus par la DCA al­le­mande, sans guère d’ef­fet sur l’ef­fort de guerre ad­verse. Dyson, qui fai­sait par­tie de l’équipe char­gée de ré­duire les pertes d’équi­pages et de bom­bar­diers Lan­cas­ter, dé­ve­lop­pa à cette fin des ou­tils sta­tis­tiques de «mé­ta-ana­lyse» com­pa­rables à ceux qui sont au­jourd’hui uti­li­sés en mé­de­cine et en so­cio­lo­gie. En vain, parce que les re­com­man­da­tions des cher­cheurs n’étaient pas prises en consi­dé­ra­tion.

Pa­ci­fiste avant la guerre, pa­triote du­rant celle-ci, à l’ère des ar­me­ments nu­cléaires il se convain­quit de la né­ces­si­té, pour évi­ter les tra­gé­dies in­utiles, d’un dia­logue cons­tant entre au­to­ri­tés po­li­tiques et mi­li­taires et entre pays. Dans le cadre de l’Arms Control Di­sar­ma­ment Agen­cy (ACDA), créée par le gouvernement amé­ri­cain, ain­si que du groupe de scien­ti­fiques mi­li­tants bap­ti­sé «co­mi­té Ja­son», Freeman Dyson, qui maî­tri­sait le lan­gage des po­li­to­logues et des gé­né­raux aus­si bien que ce­lui des in­gé­nieurs, ne ces­sa de plai­der – en ac­cord avec les vues de son ami le di­plo­mate George Ken­nan – pour l’aban­don de la doc­trine de des­truc­tion mu­tuelle as­su­rée (DMA),

ou équi­libre de la ter­reur, puis de l’idée de «first use», l’uti­li­sa­tion d’armes nu­cléaires tac­tiques en ré­ponse à une at­taque non nu­cléaire (par exemple au Viet­nam), ain­si qu’en fa­veur des ac­cords de désar­me­ment et des ini­tia­tives de désar­me­ment uni­la­té­ral.

À Cam­bridge, il avait eu l’oc­ca­sion de de­man­der à G. H.Hardy la rai­son pour la­quelle il avait ar­rê­té ses re­cherches pour se mettre à ré­di­ger des ou­vrages de sou­ve­nirs et de ré­flexion. « Les jeunes gens, lui avait ré­pon­du le ma­thé­ma­ti­cien, doivent prou­ver des théo­rèmes, les hommes âgés écrire des livres.» Dyson, tou­jours prompt à sou­li­gner qu’il sa­vait faire deux choses, « cal­cu­ler et écrire de la prose an­glaise », a sui­vi ce con­seil. Jus­qu’à un cer­tain point : si sa pro­duc­tion scien­ti­fique s’est ra­len­tie avec le temps, elle ne s’est ja­mais com­plè­te­ment ta­rie. Du­rant sa hui­tième dé­cen­nie de vie, en collaboration ou seul, il a pu­blié plu­sieurs ar­ticles sur des ques­tions poin­tues de ma­thé­ma­tique et de phy­sique. Lors du col­loque or­ga­ni­sé à l’oc­ca­sion de son 90e an­ni­ver­saire, il a pré­sen­té une com­mu­ni­ca­tion sur le pro­blème de l’exis­tence des gra­vi­tons (les par­ti­cules élé­men­taires hy­po­thé­tiques cen­sées trans­mettre la gra­vi­té) et les moyens pos­sibles de les dé­tec­ter. Dans l’en­semble, l’es­sen­tiel de son ac­ti­vi­té du­rant la se­conde par­tie de sa longue exis­tence a ce­pen­dant consis­té à donner des confé­rences et à ré­di­ger des ar­ticles pour une grande va­rié­té de re­vues et de ma­ga­zines, en pre­mier lieu The New York Re­view of Books.

Ces confé­rences et ces ar­ticles forment la ma­tière de plu­sieurs livres. On y trouve de nom­breux portraits, par­fois cri­tiques, sou­vent émou­vants, tou­jours brillants, de sa­vants qu’il a cô­toyés: John von Neu­mann «aus­si à l’aise en phy­sique qu’en ma­thé­ma­tiques, dans les hu­ma­ni­tés que dans les sciences », une qua­li­fi­ca­tion qu’il pour­rait aus­si bien s’ap­pli­quer à lui-même ; Ed­ward Tel­ler, dont il fait une des­crip­tion nuan­cée, plus po­si­tive qu’il n’est de cou­tume ; Ri­chard Feyn­man, « moi­tié gé­nie, moi­tié bouf­fon », dont il ad­mi­rait l’ex­tra­or­di­naire in­ven­ti­vi­té et les ta­lents d’amu­seur mais aus­si les grandes qua­li­tés hu­maines et la sa­gesse. Et Ro­bert Op­pen­hei­mer, in­com­pa­rable or­ga­ni­sa­teur sans qui le pro­jet de fa­bri­ca­tion de la bombe ato­mique à Los Ala­mos n’au­rait pas pu être me­né à bien aus­si ra­pi­de­ment, mais fi­gure tour­men­tée qu’il com­pare non sans jus­tesse à La­wrence d’Ara­bie, et dont il dit avec beau­coup de fi­nesse que la vé­ri­table tra­gé­die de sa vie ne fut pas la perte de son ha­bi­li­ta­tion de sé­cu­ri­té, à l’époque du mac­car­thysme, du fait de ses liens sup­po­sés avec le com­mu­nisme, mais son échec à de­ve­nir un scien­ti­fique de tout pre­mier plan en rai­son de son an­xié­té et de son manque de pa­tience.

Les livres de Dyson se distinguent par la clar­té, la sim­pli­ci­té et l’ex­trême li­si­bi­li­té de leur style, qui per­met à leur au­teur de syn­thé­ti­ser en quelques lignes lu­mi­neuses des pro­blèmes com­plexes ou d’énon­cer des vérités par­fois mal per­çues, comme dans cette ré­flexion au su­jet de théo­ries pro­po­sées par des sa­vants re­nom­més qui se sont ré­vé­lées er­ro­nées: «La science se com­pose de faits et de théo­ries. […] Les faits sont cen­sés être vrais ou faux. Ils sont dé­cou­verts par l’ob­ser­va­tion ou l’ex­pé­ri­men­ta­tion. Un scien­ti­fique qui af­firme avoir dé­cou­vert un fait qui se ré­vèle être faux se­ra ju­gé sé­vè­re­ment. […] Les théo­ries [...] sont de libres créa­tions de l’es­prit hu­main des­ti­nées à dé­crire notre com­pré­hen­sion de la na­ture. Parce que cel­le­ci est in­com­plète, les théo­ries sont pro­vi­soires. [...] Un scien­ti­fique qui in­vente une théo­rie qui se ré­vèle être fausse se­ra ju­gé avec in­dul­gence.»

On trouve sous sa plume des idées plus éton­nantes, qui consistent sou­vent à dé­fendre des po­si­tions à contre-pied de l’opi­nion gé­né­rale. Sur l’origine de la vie sur Terre, par exemple, contre la théo­rie lar­ge­ment ad­mise que celle-ci est née avec le mé­ca­nisme de ré­pli­ca­tion des gènes et de l’ADN, il sou­tient la thèse mi­no­ri­taire que le mé­ta­bo­lisme cel­lu­laire a pré­cé­dé l’ap­pa­ri­tion des premiers gé­nomes. Quand la re­cherche de la vie ex­tra­ter­restre tend à se concen­trer sur les pla­nètes d’autres sys­tèmes so­laires de notre ga­laxie ou d’autres ga­laxies, il pré­co­nise d’en tra­quer les traces dans les co­mètes et les as­té­roïdes, où elle est plus fa­ci­le­ment dé­tec­table et s’est sans doute plus pro­ba­ble­ment dé­ve­lop­pée. C’est aus­si sur ces corps cé­lestes de petite taille qu’il re­com­mande de faire nous­même pros­pé­rer la vie, en y plan­tant ce qu’on ap­pelle des «arbres de Dyson»: des vé­gé­taux gé­né­ti­que­ment ma­ni­pu­lés pour y croître et four­nir un éco­sys­tème ha­bi­table par l’homme.

Dans un ar­ticle sur les moyens de dé­tec­tion de l’exis­tence d’or­ga­nismes in­tel­li­gents en de­hors du sys­tème so­laire, ins­pi­ré par une idée trou­vée dans le ro­man de science-fic­tion d’Olaf Sta­ple­don Créa­teur d’étoiles, il pro­po­se­ra un des concepts les plus fa­meux aux­quels son nom est as­so­cié : ce­lui d’une gi­gan­tesque struc­ture éta­blie par une ci­vi­li­sa­tion ex­trê­me­ment avan­cée au­tour d’un astre pour re­cueillir son éner­gie et y vivre, bio­sphère ar­ti­fi­cielle consti­tuée d’un es­saim dis­con­ti­nu d’ob­jets en or­bite bap­ti­sée « sphère de Dyson » dans la lit­té­ra­ture d’an­ti­ci­pa­tion et la sé­rie té­lé­vi­sée Star Trek. Ailleurs, se pro­je­tant des mil­liards d’an­nées dans l’avenir, il exa­mine la ques­tion du de­ve­nir de la vie et de l’in­tel­li­gence aux der­niers mo­ments d’exis­tence de notre uni­vers. Sa conclusion est que leur per­sis­tance est pos­sible sous une forme exo­tique qui ne se­rait pas celle d’or­ga­nismes de chair et de sang, à condi­tion tou­te­fois que la vie soit de na­ture ana­lo­gique et non nu­mé­rique (ce qui ex­clut le trans­fert des états men­taux sur le si­li­cium en­vi­sa­gé par les trans­hu­ma­nistes) et que l’Uni­vers soit en ex­pan­sion li­néaire, non pas ac­cé­lé­rée, une hy­po­thèse qui ne fait pas l’una­ni­mi­té.

Par­mi les po­si­tions de Dyson les plus contro­ver­sées fi­gurent celles qu’il a prises sur le chan­ge­ment cli­ma­tique, et qui ont fait scan­dale lors­qu’il les a ex­po­sées pu­bli­que­ment en 2008 et 2009 (lire «Cli­mat: qui va payer?», Books, mars 2009) Sans nier le phé­no­mène d’aug­men­ta­tion du CO2 dans l’at­mo­sphère, qu’il est d’ailleurs l’un des premiers à avoir étu­dié, il af­firme qu’il est im­pos­sible d’en dé­ter­mi­ner exac­te­ment les consé­quences, parce que les mo­dèles cli­ma­to­lo­giques s’ap­puient sur des connais­sances in­com­plètes et ne prennent pas suf­fi­sam­ment en compte les in­ter­ac­tions de l’at­mo­sphère et de l’éco­sys­tème vé­gé­tal. Il sou­ligne aus­si qu’elles ne se­ront pas toutes né­ga­tives. Au plan pra­tique, sa thèse est

qu’il se­rait pos­sible d’ab­sor­ber une bonne par­tie du CO2 at­mo­sphé­rique en plan­tant mas­si­ve­ment des es­pèces vé­gé­tales ma­ni­pu­lées gé­né­ti­que­ment pour ac­croître les be­soins de leur mé­ta­bo­lisme en di­oxyde de car­bone. Sur le plan phi­lo­so­phique, op­po­sant les « hu­ma­nistes », au nombre des­quels il se compte, et les « en­vi­ron­ne­men­ta­listes », il af­firme que « l’en­vi­ron­ne­men­ta­lisme a rem­pla­cé le so­cia­lisme comme re­li­gion pro­fane ». Ses dé­trac­teurs ont ten­dance à lui re­pro­cher son op­ti­misme, un trait de ca­rac­tère qu’il se re­con­naît vo­lon­tiers et at­tri­bue au fait d’avoir sur­vé­cu aux hor­reurs de la crise éco­no­mique des an­nées 1930 et aux atro­ci­tés de la Se­conde Guerre mon­diale.

Dyson place beau­coup d’es­poir dans les bio­tech­no­lo­gies, qu’il voit jouer au xxie siècle un rôle com­pa­rable à ce­lui des tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion au xxe siècle. S’il in­siste par mo­ments sur la né­ces­si­té de li­mi­ter les al­té­ra­tions du pa­tri­moine gé­né­tique au monde vé­gé­tal, à d’autres il évoque en ne plai­san­tant qu’à moi­tié la pos­si­bi­li­té, pour chaque fa­mille, de fa­bri­quer ses ani­maux do­mes­tiques ou de com­pa­gnie (ou des di­no­saures jouets) à l’aide d’ou­tils de ma­ni­pu­la­tion de l’ADN, ain­si que la pers­pec­tive d’une di­ver­si­fi­ca­tion dé­li­bé­rée de l’es­pèce hu­maine en une sé­rie de sous-es­pèces ana­to­mi­que­ment et phy­sio­lo­gi­que­ment dif­fé­rentes, qui es­sai­me­raient dans l’Uni­vers.

Contrai­re­ment à beau­coup de ses col­lègues, Dyson ne cherche pas à étendre les lois gou­ver­nant le monde quan­tique à la to­ta­li­té de la réa­li­té phy­sique. Comme Bohr, il pense que les des­crip­tions clas­sique et quan­tique du monde sont toutes deux re­ce­vables et com­plé­men­taires. Il s’ac­com­mode par­fai­te­ment de la co­exis­tence de la re­la­ti­vi­té gé­né­rale – théo­rie de la gra­vi­ta­tion, de l’es­pace et du temps – et de la mé­ca­nique quan­tique – théo­rie des in­ter­ac­tions phy­siques à l’échelle ato­mique et sub­ato­mique –, et il consi­dère avec scep­ti­cisme la théo­rie des cordes qui vise à les uni­fier dans un cadre unique. Mais, sur un plan plus gé­né­ral, il est ex­trê­me­ment ou­vert. Dans un ar­ticle trai­tant de la théo­rie du «mul­ti­vers» de Hugh Eve­rett re­prise par Da­vid Deutsch, une des théo­ries d’uni­vers mul­tiples, pu­re­ment spé­cu­la­tives, au­jourd’hui pro­po­sées par cer­tains phy­si­ciens, il écrit si­gni­fi­ca­ti­ve­ment : « Je mets des li­mites étroites à la science, mais je re­con­nais qu’il y a d’autres sources de sa­voir hu­main que la science. Ces autres sources sont la lit­té­ra­ture, l’art, l’his­toire, la re­li­gion et la phi­lo­so­phie. Le mul­ti­vers a sa place en phi­lo­so­phie et en lit­té­ra­ture.»

À la dif­fé­rence de son ami phy­si­cien Ste­ven Wein­berg, athée convain­cu et mi­li­tant, Dyson a une vi­sion spi­ri­tuelle du monde. Il consi­dère avec sym­pa­thie le prin­cipe an­thro­pique sous sa forme forte, se­lon le­quel il n’est pas for­tuit que les constantes phy­siques soient exac­te­ment celles qui sont né­ces­saires pour per­mettre la vie dans l’Uni­vers. S’il fal­lait le si­tuer au plan théo­lo­gique dans la no­men­cla­ture du bio­lo­giste et athée de choc Ri­chard Daw­kins, fait ju­di­cieu­se­ment re­mar­quer Phil­lip Schewe, ce se­rait quelque part entre le pan­théisme et une forme de déisme pour le­quel Dieu se­rait une sorte de conscience col­lec­tive cos­mique. Avec le goût du pa­ra­doxe qui le ca­rac­té­rise, Dyson se dé­clare tou­te­fois « ch­ré­tien pra­ti­quant mais non croyant ». À ses yeux, la re­li­gion est moins un corps de doc­trine qu’un style de vie.

Dans l’en­semble, sa vi­sion de la science est or­ga­ni­sée au­tour d’une sé­rie d’op­po­si­tions bi­naires: «oiseaux» qui sur­volent de grands champs de sa­voir et «gre­nouilles» qui sautent de pro­blème en pro­blème, « hé­ris­sons » qui connaissent une seule grande chose et « re­nards » qui connaissent beau­coup de choses (un couple em­prun­té au poète grec an­tique Ar­chi­loque et po­pu­la­ri­sé par le phi­lo­sophe Isaiah Ber­lin), théo­ries et mo­dèles, ré­vo­lu­tions scien­ti­fiques fon­dées sur de nou­veaux concepts et celles qu’en­gendrent de nou­veaux ou­tils, tech­no­lo­gies grises (in­for­ma­tique) et vertes (bio­tech­no­lo­gie).

Dans le même es­prit, il op­pose la vi­sion de la guerre, de l’édu­ca­tion, de l’his­toire et de la science de Na­po­léon (du haut vers le bas) et celle de Tol­stoï (du bas vers le haut). S’il ad­met que les deux termes de toutes ces op­po­si­tions sont né­ces­saires, son coeur penche chaque fois pour le se­cond. Il dé­fend aus­si les ama­teurs contre les pro­fes­sion­nels (par exemple en astronomie), les pe­tits pro­jets spa­tiaux d’ini­tia­tive pri­vée contre les pro­jets pha­rao­niques des États, les dé­tec­teurs pas­sifs de rayons cos­miques contre les ac­cé­lé­ra­teurs de par­ti­cules géants.

Dyson a sou­vent af­fir­mé que les choses les plus im­por­tantes dans sa vie étaient, dans cet ordre, « la fa­mille, les amis et le tra­vail ». On au­rait tort de voir là une co­quet­te­rie. Ma­rié une pre­mière fois avec une brillante ma­thé­ma­ti­cienne à la forte per­son­na­li­té, une se­conde fois avec une jeune femme al­le­mande au ca­rac­tère plus conforme à ce qu’il at­ten­dait d’une épouse, il est pro­fon­dé­ment un « homme de fa­mille ». Les deux en­fants is­sus de sa pre­mière union,les quatre filles qu’il a eues de son se­cond ma­riage, la fille de sa pre­mière femme à la­quelle il était très at­ta­ché et ses nom­breux pe­tits-en­fants jouent un rôle cen­tral dans son exis­tence. De tous les textes réunis dans un de ses re­cueils d’es­sais, son fa­vo­ri, n’hé­site-t-il pas à dé­cla­rer, est une courte mé­di­ta­tion in­ti­tu­lée «Sur les en­fants et les pe­tits-en­fants», dans la­quelle il évoque les héros en­fan­tins des cé­lèbres ro­mans de Ri­chard Hugues (Un cy­clone à la Ja­maïque) et de William Gol­ding (Sa Ma­jes­té des mouches), à la fois « im­pi­toyables et at­ta­chants » 4. À l’ins­tar du neurologue Oli­ver Sacks, qui était de­ve­nu son ami et un de ses cor­res­pon­dants ré­gu­liers, il a par ailleurs no­toi­re­ment « le don de l’ami­tié ».

Sa clar­té d’ex­pres­sion, ses idées peu ba­nales et son hu­mour pince-sans-rire ont fait de Freeman Dyson, au­tre­fois ado­les­cent ti­mide puis jeune homme ré­ser­vé, un confé­ren­cier ap­pré­cié. Ses en­tre­tiens fil­més donnent de lui l’image d’un homme ai­mable et char­mant, au­then­ti­que­ment mo­deste dans un mi­lieu connu pour être un bruyant concert d’ego. Ces en­tre­tiens ont fa­mi­lia­ri­sé le pu­blic amé­ri­cain avec son dé­bit étrange, mar­qué par des hé­si­ta­tions et des temps d’ar­rêt au terme des­quels sortent de sa bouche des phrases par­fai­te­ment for­mées, et ont fait dé­cou­vrir

son ap­pa­rence sin­gu­lière, dont l’âge n’a fait que ren­for­cer les as­pects les plus frap­pants : des cos­tumes stricts en tweed or­nés de cra­vates flam­boyantes ou mul­ti­co­lores, un vi­sage maigre et al­lon­gé d’où saillent un nez aqui­lin et de longues oreilles poin­tues qui lui donnent l’air d’un elfe ou d’un faune, des yeux ronds et brillants et un re­gard di­rect et in­tense sous des mèches de che­veux en désordre qui l’ont fait com­pa­rer à un vieil oi­seau, un sou­rire à la fois en­fan­tin et ma­li­cieux.

Peu d’ob­ser­va­teurs ont re­le­vé à quel point, éta­bli de­puis plus de soixan­te­dix ans aux États-Unis, il n’a ces­sé d’être pro­fon­dé­ment bri­tan­nique par de nom­breux traits : sa pas­sion pour l’in­dé­pen­dance d’es­prit, son at­trait pour « les idées étranges et les gens bi­zarres », son goût de la poé­sie, son amour de la na­ture et des pay­sages fa­çon­nés par l’homme, sa concep­tion de la re­li­gion comme ins­tru­ment de lien social, sa fas­ci­na­tion pour la ma­gie de l’en­fance, le mer­veilleux et le fan­tas­tique. Les auteurs qu’il cite le plus vo­lon­tiers sont, avant les grands ro­man­ciers russes, Sha­kes­peare, Mil­ton et William Blake. Sous sa plume, les ré­fé­rences sont fré­quentes aux bio­lo­gistes J.B.S. Hal­dane et J.D. Ber­nal ou à l’écri­vain H.G Wells, tous les trois so­cia­listes, pré­oc­cu­pés par l’avenir de l’hu­ma­ni­té dans un monde do­mi­né par la tech­nique, et bri­tan­niques. An­glais, Freeman Dyson l’est, en­fin et sur­tout, par son at­ta­che­ment aux faits et au sa­voir pra­tique, son peu de sym­pa­thie pour les grandes construc­tions théo­riques et son ap­proche em­pi­rique de la connais­sance, qui en font l’hé­ri­tier de toute une tra­di­tion re­mon­tant à Fran­cis Ba­con, dont il re­prend vo­lon­tiers, en les re­for­mu­lant en lan­gage mo­derne, les idées clés: la science ne peut être que réa­liste, ri­gou­reuse et ba­sée sur l’ex­pé­ri­men­ta­tion, sa vo­ca­tion est l’amé­lio­ra­tion de l’hu­ma­ni­té, et les sa­vants doivent res­ter mo­destes dans leurs pré­ten­tions, parce que la na­ture au­ra tou­jours plus d’ima­gi­na­tion que nous.

— Mi­chel An­dré, phi­lo­sophe de for­ma­tion, a tra­vaillé sur la po­li­tique de re­cherche et de culture scien­ti­fique au ni­veau international. Né et vi­vant en Bel­gique, il a pu­blié en 2008 Le Cin­quan­tième Pa­ral­lèle. Pe­tit essai sur les choses de l’es­prit (L’Har­mat­tan). — Cet ar­ticle a été écrit pour Books.

LE LIVREMa­ker of Pat­terns. An Au­to­bio­gra­phy Through Let­ters (« Créa­teur de mo­dèles. Une au­to­bio­gra­phie fon­dée sur des lettres »), Li­ve­right, 2018, 416 p.L’AU­TEURFreeman Dyson, né en 1923, est un phy­si­cien et ma­thé­ma­ti­cien amé­ri­cain d’origine bri­tan­nique.Il est pro­fes­seur émé­rite à l’Ins­ti­tute for Ad­van­ced Stu­dy de l’uni­ver­si­té de Prin­ce­ton.

Freeman Dyson (ici en 2016 dans le do­cu­men­taire Space Drea­mer). Le pu­blic a dé­cou­vert son al­lure sin­gu­lière, avec son nez aqui­lin et ses grandes oreilles poin­tues qui lui donnent l’air d’un elfe.

Mos­cou, 1956. Phy­si­ciens so­vié­tiques et bri­tan­niques lors d’un congrès sur les usages pa­ci­fiques de l’atome. De gauche à droite : Igor Tamm, Freeman Dyson, Ru­dolf Peierls et Vi­ta­ly Ginz­burg.

Dyson a sou­vent af­fir­mé que les choses les plus im­por­tantes dans sa vie étaient, dans cet ordre, « la fa­mille, les amis et le tra­vail ». Ici en 1990, avec sa petite-fille Lau­ren.

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