TER­RIENS, PLANQUEZ-VOUS !

Books - - ÉDITO | SOMMAIRE - GERO VON RANDOW. Die Zeit.

Far­fe­lue, l’idée d’en­trer un jour en contact avec des ex­tra­ter­restres ? De plus en plus de scien­ti­fiques en­vi­sagent cette éven­tua­li­té et ses consé­quences. Pour l’écri­vain chi­nois Liu Cixin, la dé­cou­verte des hu­mains par d’autres ci­vi­li­sa­tions se­rait ca­tas­tro­phique..

Far­fe­lue, l’idée d’en­trer un jour en contact avec des ex­tra-ter­restres ? De plus en plus de scien­ti­fiques en­vi­sagent cette éven­tua­li­té et ses consé­quences. Pour l’écri­vain chi­nois Liu Cixin, la dé­cou­verte des hu­mains par d’autres ci­vi­li­sa­tions se­rait une ca­tas­trophe.

La pro­vince du Guiz­hou, dans le sud-ouest de la Chine, abrite de­puis peu le plus grand ra­dio­té­les­cope du monde. Il cherche de l’hy­dro­gène dans l’es­pace, des pul­sars et – peut-on lire dans la des­crip­tion of­fi­cielle de l’ins­tal­la­tion – «d’éven­tuels si­gnaux émis par d’autres ci­vi­li­sa­tions ». La struc­ture oc­cupe le fond d’une cu­vette et, vue du ciel, elle res­semble à l’in­té­rieur d’une tasse à thé – une tasse de 300 mètres de dia­mètre, tou­te­fois, et dont la sur­face est com­po­sée de 4500 pan­neaux fixés par 2 225 poin­çons hy­drau­liques.

Le su­jet semble in­so­lite, mais il se trouve qu’on a ac­tuel­le­ment de bonnes rai­sons de s’in­té­res­ser à la quête de ci­vi­li­sa­tions ex­tra­ter­restres. Et au rôle de la Chine, qui est à la pointe dans ce do­maine. Ce que, il y a quelques an­nées en­core, les cher­cheurs pre­naient pour une lu­bie est au­jourd’hui ins­ti­tu­tion­na­li­sé sous le nom de Se­ti (Search for Ex­tra­ter­res­trial In­tel­li­gence, re­cherche d’une in­tel­li­gence ex­tra­ter­restre) et consti­tue une branche à part en­tière de l’astronomie. On le doit à la puis­sance ac­crue des or­di­na­teurs et au dé­ve­lop­pe­ment d’al­go­rithmes af­fi­nés pour in­ter­pré­ter des suites de si­gnaux, mais sur­tout au té­les­cope spa­tial Ke­pler, dont les me­sures laissent sup­po­ser qu’au­tour des étoiles de notre ga­laxie gra­vitent des mil­liards de pla­nètes sem­blables à la Terre. Ke­pler était un pro­jet de la Na­sa, mais, aux États-Unis, le pro­gramme Se­ti ne re­çoit qua­si au­cun fi­nan­ce­ment pu­blic. Il doit se conten­ter de dons. En Chine, en re­vanche, il est sub­ven­tion­né par l’État.

Se­lon une opi­nion ré­pan­due, le ré­gime com­mu­niste chi­nois mène une po­li­tique pu­re­ment prag­ma­tique: le ca­pi­ta­lisme pour la crois­sance, la dic­ta­ture pour la sta­bi­li­té. Mais c’est une vi­sion ré­duc­trice. Le PC n’est nul­le­ment de­ve­nu un ap­pa­reil de pou­voir dé­pour­vu de toute pers­pec­tive. Il conti­nue de pro­duire l’idéo­lo­gie do­mi­nante, il lé­gi­time et pro­gramme l’ac­tion po­li­tique. Et ce, sur le très long terme. Sa di­rec­tion l’a dé­ci­dé il y a plus de deux dé­cen­nies : un siècle après sa fondation, la Ré­pu­blique po­pu­laire de­vra avoir at­teint le ni­veau d’un pays plei­ne­ment dé­ve­lop­pé, do­té de tech­no­lo­gies et d’une éco­no­mie mo­dernes.

Quand on pla­ni­fie sur une du­rée aus­si longue, il faut s’at­tendre à des sur­prises, en­sei­gnaient les sages de la stra­té­gie chi­noise il y a des siècles. Et la plus grande de ces sur­prises se­rait d’en­trer en contact avec des ex­tra­ter­restres. En 1956, Mao Ze­dong spé­cu­lait dé­jà sur cette éven­tua­li­té: «Si l’on dé­cou­vrait sur Mars ou sur Vé­nus des êtres sem­blables aux hu­mains, nous de­vrions exa­mi­ner, en temps utile, comment nous al­lier à eux et for­mer avec eux un front com­mun.»

On n’en est pas là, mais Pé­kin a conti­nué à s’in­té­res­ser à l’es­pace ; en 1970, son pre­mier sa­tel­lite dif­fuse triom­pha­le­ment sur Terre L’orient est rouge, l’hymne de la Révolution cultu­relle. Cinq dé­cen­nies plus tard, la Chine est à la pointe dans plu­sieurs do­maines : les su­per­cal­cu­la­teurs, les voyages dans l’es­pace, les sa­tel­lites de com­mu­ni­ca­tion quan­tique, les sondes spa­tiales. Et la re­cherche sur les ex­tra­ter­restres n’a pas ces­sé non plus.

Ce­la vaut pour la pla­nète en­tière. Des cher­cheurs de nom­breux pays pu­blient dé­sor­mais sur le su­jet dans des re­vues spé­cia­li­sées comme As­tro­bio­lo­gy Ma­ga­zine, mais les contri­bu­tions de la lit­té­ra­ture de science-fic­tion ali­mentent aus­si la ré­flexion ; après tout, leurs auteurs ré­flé­chissent sur ce su­jet de­puis des dé­cen­nies (le Po­lo­nais Sta­nis­law Lem, par exemple, dans son ro­man gran­diose de 1986, Fias­co 1). Ces trois ou quatre der­nières an­nées, un dé­bat pas­sion­né s’est engagé

par­mi les as­tro­nomes et les phi­lo­so­phes : l’hu­ma­ni­té doit-elle cher­cher à en­trer en contact, doit-elle en­voyer des mes­sages dans l’Uni­vers – ou ne fe­rait-elle pas mieux de se ca­cher ?

C’est ici qu’in­ter­vient Liu Cixin, un in­for­ma­ti­cien chi­nois de­ve­nu un au­teur de science-fic­tion de re­nom­mée mon­diale. Il doit sa cé­lé­bri­té à une tri­lo­gie de 1700 pages qui com­mence par Le Pro­blème à trois corps 2. La tra­duc­tion an­glaise de ce vo­lume a conquis jus­qu’aux grands ma­ni­tous de la Si­li­con Val­ley. Même le Co­mi­té cen­tral du Par­ti com­mu­niste chi­nois y été al­lé de ses louanges : « Des auteurs comme Liu Cixin sont aus­si rares que des plumes de phé­nix et des cornes de li­corne.» À en croire un ar­ticle ré­cent du ma­ga­zine amé­ri­cain The At­lan­tic, les as­tro­nomes chi­nois consultent l’écri­vain. Les ro­mans de Liu re­flètent les idées que l’on se fait en Chine du pro­gramme Se­ti et des consé­quences d’un contact avec des ex­tra­ter­restres.

Un tel événement concer­ne­rait l’hu­ma­ni­té tout en­tière, mais celle-ci ré­agi­rait-elle à l’unis­son et met­trait-elle, si tant est qu’elle en soit ca­pable, ses que­relles de cô­té? Ce­lui qui éta­bli­ra le pre­mier un contact de ce genre bé­né­fi­cie­ra d’une pri­mau­té in­ouïe. Peut-être sous la forme d’une ex­pé­rience atroce, peut-être sous celle d’une pro­di­gieuse en­vo­lée tech­no­lo­gique. Sans comp­ter que l’im­pres­sion qu’au­ront de nous les vi­si­teurs ve­nus d’une autre pla­nète dé­pen­dra des premiers hu­mains qui se­ront en­trés en rap­port avec eux. En tout cas, ce pre­mier contact pour­rait bien bou­le­ver­ser les rap­ports de force sur Terre. C’est ce que dé­crit Liu Cixin au dé­but de sa tri­lo­gie, la­quelle de­vient de plus en plus sombre au fil des pages.

Liu est d’ac­cord avec nombre d’as­tro­nomes pour pen­ser que la dé­cou­verte des hu­mains par des ci­vi­li­sa­tions d’autres pla­nètes se­rait une ca­tas­trophe. Dans le deuxième vo­lume de sa tri­lo­gie, La Fo­rêt sombre, il dresse un pa­ral­lèle avec l’his­toire de l’hu­ma­ni­té : les ci­vi­li­sa­tions ne cessent de s’étendre, les plus fortes au dé­tri­ment des plus faibles. Étant don­né le très grand nombre de pla­nètes et leur très longue exis­tence, on peut sup­po­ser qu’une my­riade d’or­ga­ni­sa­tions com­po­sées d’êtres in­tel­li­gents par­courent l’Uni­vers et qu’elles pour­raient éra­di­quer toute vie sur Terre sans même s’en rendre compte. D’ailleurs, elles le fe­raient aus­si si elles étaient conscientes de notre exis­tence, de ma­nière pré­ven­tive pour ain­si dire, afin d’em­pê­cher qu’Ho­mo sa­piens ne fasse un jour, de son cô­té, ce qu’il sait faire le mieux : pas­ser à l’at­taque.

Mais, alors, pour­quoi n’est-ce pas en­core ar­ri­vé ? pour­rait-on bien sûr ré­tor­quer. Et, plus gé­né­ra­le­ment, s’il y a tant d’ex­tra­ter­restres ca­pables de com­mu­ni­quer, pour­quoi n’en­tend-on au­cun si­gnal de leur part ? Ou, pour re­prendre la cé­lèbre ques­tion du phy­si­cien italien En­ri­co Fer­mi en 1950 : « Où sont-ils donc ? »

Ré­ponse de Liu et d’un cer­tain nombre de scien­ti­fiques: ils se cachent,

ils ne veulent pas être dé­cou­verts. L’Uni­vers est une fo­rêt sombre pleine de pré­da­teurs, et la meilleure stra­té­gie de sur­vie tient en un con­seil: planque-toi! Dans cette pers­pec­tive, nous autres hu­mains pou­vons nous es­ti­mer heu­reux de ne pas avoir en­core trop at­ti­ré l’at­ten­tion.

Mais comment au juste pour­rait-on se ca­cher au sein de l’Uni­vers? Notre écri­vain a la par­tie fa­cile: il ima­gine les tech­no­lo­gies ap­pro­priées. Il in­vente ain­si une ma­ni­pu­la­tion lo­cale des constantes de la na­ture qui per­met d’obs­cur­cir des pans en­tiers du cos­mos. Deux as­tro­nomes de l’uni­ver­si­té Co­lum­bia de New York se sont don­né un peu plus de mal pour dé­ter­mi­ner si, avec les ins­tru­ments dont on dis­pose au­jourd’hui, nous se­rions en me­sure d’évi­ter la dé­cou­verte et l’étude de la Terre. Leur point de dé­part est la mé­thode de dé­tec­tion d’exo­pla­nètes consis­tant à dé­ce­ler les ombres que celles-ci pro­jettent lors­qu’elles se trouvent entre l’ob­ser­va­teur et leur étoile. Ces ombres, écri­vaient Da­vid Kip­ping et Alex Tea­chey en 2016 dans la re­vue Month­ly No­tices of the Bri­tish Royal As­tro­no­mi­cal Society, pour­raient être à peu près com­pen­sées par des la­sers adap­tés: la lu­mière du So­leil mo­men­ta­né­ment blo­quée par la Terre se­rait rem­pla­cée par des rayons la­ser. Kip­ping et Tea­chey ont cal­cu­lé l’ef­fort tech­no­lo­gique que ce­la sup­po­se­rait. Leur conclusion : en prin­cipe, dis­si­mu­ler la Terre est fai­sable. Faut-il le faire pour au­tant ?

On pour­rait, du moins, évi­ter de se li­vrer à l’ex­cès in­verse : dif­fu­ser un ap­pel à l’Uni­vers en­tier. Un pro­jet de ce genre, bap­ti­sé Me­ti (Mes­sa­ging Ex­tra­ter­res­trial In­tel­li­gence, en­voi de mes­sages à une in­tel­li­gence ex­tra­ter­restre), est conduit par l’as­so­cia­tion Me­ti International. Com­po­sée d’as­tro­nomes et de cher­cheurs en sciences hu­maines, de théo­lo­giens et d’ar­tistes, elle sou­haite pro­cla­mer le plus loin pos­sible que l’hu­ma­ni­té est in­té­res­sée par une ren­contre avec des ex­tra­ter­restres; pour l’heure, elle étu­die la tech­nique idoine pour son pro­jet. Et planche sur la for­mu­la­tion de cette petite an­nonce in­ter­stel­laire.

Une sé­rie de cé­lé­bri­tés par­mi les­quelles le PDG de Tes­la, Elon Musk, et l’as­tro­phy­si­cien Ste­phen Haw­king [dé­cé­dé en mars der­nier] s’in­surgent contre ce pro­jet. Leur pro­tes­ta­tion a été re­layée par l’ins­ti­tut Se­ti de Moun­tain View, en Ca­li­for­nie. Cette as­so­cia­tion in­ter­na­tio­nale d’exo­bio­lo­gistes et d’autres spé­cia­listes des mondes ex­tra­ter­restres jouit d’un réel pres­tige. Se­lon elle, en­voyer un si­gnal dans l’es­pace loin­tain ne re­lève pas de la science, mais de la po­li­tique – et de la mau­vaise, que rien ni per­sonne ne lé­gi­ti­me­rait et dont les consé­quences pour­raient être ca­tas­tro­phiques.

Le simple fait de re­ce­voir un mes­sage d’ex­tra­ter­restres risque d’avoir des ré­per­cus­sions ter­ribles. Une pa­nique pla­né­taire, par exemple. Un as­tro­nome ré­pu­té de Ha­waii et un cher­cheur ama­teur al­le­mand de l’ob­ser­va­toire de Son­ne­berg dé­crivent ce scé­na­rio et d’autres dans l’ar­ticle «In­ters­tel­lar com­mu­ni­ca­tion IX. Mes­sage de­con­ta­mi­na­tion is im­pos­sible », pu­blié en fé­vrier 2018 sur le site de pré­pu­bli­ca­tions scien­ti­fiques arXiv. Ils y ex­pliquent que les si­gnaux qui nous par­vien­dront se­ront né­ces­sai­re­ment du code in­for­ma­tique parce que les lois ma­thé­ma­tiques valent aus­si dans les mondes loin­tains. Mais il se pour­rait qu’un mes­sage ve­nu de l’Uni­vers ex­prime son conte­nu par des al­go­rithmes – et que, lorsque nous vou­drons bâ­tir un pro­gramme pour les dé­chif­frer, ce mes­sage se ré­vèle être un re­dou­table vi­rus in­for­ma­tique. Une in­tel­li­gence qui est ca­pable de se faire com­prendre de­vrait après tout avoir com­pris à quel point l’hu­ma­ni­té est dé­pen­dante non seule­ment de cer­taines mo­lé­cules, mais aus­si des bits, l’uni­té de me­sure de base en in­for­ma­tique.

Tout ce­la fait l’ob­jet de dis­cus­sions sé­rieuses dans les re­vues spé­cia­li­sées et da­van­tage en­core dans les ro­mans sombres de Liu Cixin. Par exemple, si toutes les ten­ta­tives de ca­mou­flage échouaient, quelle mé­thode de dis­sua­sion fau­drait-il em­ployer? Dans la tri­lo­gie de Liu, les Ter­riens me­nacent les ex­tra­ter­restres qui les at­taquent de ré­vé­ler dans l’Uni­vers en­tier leur lieu de sé­jour afin de scel­ler leur des­truc­tion par des êtres en­core plus in­tel­li­gents qu’eux. Ce qui est in­té­res­sant ici, ce n’est pas uni­que­ment le cô­té fan­tas­tique, mais la ma­nière gla­ciale avec la­quelle Liu dé­ploie cette lo­gique de dis­sua­sion ; sur Terre, la Chine est une puis­sance nu­cléaire, et ses stra­tèges étu­dient sû­re­ment ces ques­tions avec au­tant de soin que leurs ho­mo­logues à Mos­cou ou à Wa­shing­ton. L’au­teur in­for­mé qu’est Liu n’a sans doute pas in­ven­té grand-chose quand il a éla­bo­ré ses ré­flexions mi­li­taires, qui se fondent sur la théo­rie du jeu et la psy­cho­lo­gie.

Comme si sou­vent avec la scien­ce­fic­tion, le lec­teur fi­nit par at­ter­rir dans le pré­sent. Et il se de­mande: nos re­pré­sen­ta­tions des ci­vi­li­sa­tions ex­tra­ter­restres ne sont-elles pas sim­ple­ment des pro­jec­tions de ce que nous sa­vons des hu­mains ? Pour­quoi des ex­tra­ter­restres mi­se­raient-ils sur l’ex­pan­sion et l’anéan­tis­se­ment d’autres mondes? N’est-ce pas faire preuve d’un cu­rieux égo­cen­trisme que de prê­ter à d’hy­po­thé­tiques êtres vi­vants ve­nus d’ailleurs le dé­sir de conqué­rir et de co­lo­ni­ser le cos­mos uni­que­ment parce que l’his­toire de l’hu­ma­ni­té est faite de luttes, de guerres et de co­lo­ni­sa­tion ?

En fait, nous ne sa­vons même pas si, pour une vie ex­tra­ter­restre, les no­tions d’in­di­vi­du, de concur­rence et de so­cié­té au­raient né­ces­sai­re­ment un sens. Liu parle de «so­cio­lo­gie cos­mique » comme si ce­la al­lait de soi. N’est-il pas plau­sible que les phases na­tu­relles de la vie, à l’aune de l’im­men­si­té du cos­mos, ne durent qu’un court mo­ment avant d’être sup­plan­tées par des construc­tions ins­tal­lées dé­li­bé­ré­ment dans le monde (dans le cas de la Terre : les ro­bots), les­quelles, pen­dant une éter­ni­té, se mul­ti­plient et se trans­forment de fa­çon au­to­nome, elles et leurs mondes ar­ti­fi­ciels? Et ce­la peut-être jus­qu’à ce qu’elles soient devenues des su­per­cal­cu­la­teurs pour les­quels les tem­pé­ra­tures du cos­mos ac­tuel sont trop éle­vées et qui doivent donc en­trer en hi­ber­na­tion en at­ten­dant que l’Uni­vers se soit suf­fi­sam­ment éten­du et ra­fraî­chi ?

C’est l’une des idées qui ont cours, et pas la moins bi­zarre. Peut-être ces êtres ar­ti­fi­ciels se cachent-ils, en at­ten­dant leur heure, dans des zones obs­cur­cies sur les­quelles nous sommes in­ca­pables d’ob­te­nir des in­for­ma­tions. Ce ne se­rait pas plus mal.

— Gero von Randow est un jour­na­liste et es­sayiste al­le­mand. Son der­nier ou­vrage, pu­blié en 2017, est consa­cré aux sou­lè­ve­ments po­pu­laires. — Cet ar­ticle est pa­ru dans Die Zeit le 8 mars 2018. Il a été tra­duit par Bap­tiste Touverey.

Un mes­sage ve­nu de l’Uni­vers pour­rait se ré­vé­ler être un re­dou­table vi­rus in­for­ma­tique.

LE LIVRELa Mort im­mor­telle, tra­duit du chi­nois par Gwen­naël Gaf­fric, Actes Sud, 2018, 816 p.L’AU­TEURAn­cien in­gé­nieur en in­for­ma­tique dans une cen­trale hy­dro­élec­trique, Liu Cixin est l’au­teur chi­nois de science-fic­tion le plus cé­lèbre dans son pays et à l’étran­ger. La Mort im­mor­telle est le der­nier vo­let de la « tri­lo­gie des Trois Corps », qui re­late l’in­va­sion de la Terre par une ci­vi­li­sa­tion ex­tra­ter­restre. Les deux premiers tomes, Le Pro­blème à trois corps et La Fo­rêt sombre, ont pa­ru aux édi­tions Actes Sud.

La Chine est à la pointe de la re­cherche de ci­vi­li­sa­tions ex­tra­ter­restres. Le grand ra­dio­té­les­cope dont elle s’est do­tée en 2016 doit per­mettre de dé­tec­ter des si­gnaux de vie sur d’autres pla­nètes.

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