DOR­MIR POUR OU­BLIER ?

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Deux sé­ries de tra­vaux ré­cents donnent du poids à une hy­po­thèse for­mu­lée par l’équipe de Giu­lio To­no­ni et Chia­ra Ci­rel­li à l’uni­ver­si­té du Wis­con­sin à Ma­di­son. Pour sto­cker les in­for­ma­tions utiles, le cer­veau éveillé crée de nou­velles connexions entre les neu­rones – de nou­velles sy­napses. Le pro­blème est que la masse d’in­for­ma­tions re­çues chaque jour crée un foi­son­ne­ment sy­nap­tique dif­fi­cile à gé­rer ; l’une des fonc­tions du som­meil se­rait de mettre de l’ordre dans ce fouillis. Pour tes­ter l’idée, les cher­cheurs ont dé­cou­pé en la­melles ul­tra­fines les cer­veaux de sou­ris tuées éveillées et d’autres tuées en­dor­mies. Puis ils ont la­bo­rieu­se­ment dé­ter­mi­né la taille et la forme de quelque 6 920 sy­napses au to­tal. Au bout de quatre ans de tra­vail, leurs ré­sul­tats, pu­bliés en 2017 dans la re­vue Science, semblent élo­quents: les sy­napses des sou­ris en­dor­mies sont plus pe­tites que celles des sou­ris éveillées, la dif­fé­rence étant de 18 %. Ce­la contri­bue­rait à ex­pli­quer que les ondes cé­ré­brales ra­len­tissent pen­dant le som­meil ; le ra­len­tis­se­ment se­rait dû au ré­tré­cis­se­ment sy­nap­tique.

De ma­nière in­dé­pen­dante, l’équipe de Gra­ham Die­ring, à l’uni­ver­si­té Johns-Hop­kins, a trou­vé le moyen de créer une sorte de lu­carne per­met­tant d’ob­ser­ver in vi­vo les pro­téines de sur­face des sy­napses dans le cer­veau de sou­ris. Or le nombre de ces pro­téines di­mi­nue quand les sou­ris dorment, ce qui confirme l’hy­po­thèse de To­no­ni. Les cher­cheurs ont même iden­ti­fié un gène qui joue un rôle dans la ré­duc­tion de la taille des sy­napses. L’équipe de To­no­ni a aus­si mon­tré qu’en­vi­ron un cin­quième des sy­napses res­taient in­tactes. Peut-être pour conso­li­der les in­for­ma­tions ju­gées les plus utiles, pense-t-elle.

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