CE QUI RESTE DE SAPPHÔ

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«Nous avons sans doute fait cou­ler plus d’encre sur cette poé­tesse que sur tout autre écri­vain, en pro­por­tion de l’oeuvre par­ve­nue jus­qu’à nous », re­marque l’hél­lé­niste Edith Hall dans The New York Re­view of Books à pro­pos de Sapphô (voir Books no 77, juin 2016). Celle que Pla­ton sur­nom­ma « la dixième Muse » et qui na­quit en 620 avant J.-C sur l’île de Les­bos avait com­po­sé neuf re­cueils, soit à peu près 12 000 vers. Quelques cen­taines ont sur­vé­cu, presque ex­clu­si­ve­ment sous forme de frag­ments. La faute à un chris­tia­nisme qui ju­geait scan­da­leuses les pas­sions évo­quées par cette femme trop libre. « Cer­tains sa­vants de la Renaissance soup­çon­naient le pape Gré­goire VII d’avoir fait brû­ler tous les ma­nus­crits de la Grecque au xie siècle, en rai­son de leur ca­rac­tère dan­ge­reu­se­ment gri­vois », rap­pelle Hall. Les édi­tions Syn­chro­nique pro­posent un flo­ri­lège des frag­ments qui ont échap­pé à cette dam­na­tio me­mo­riae. Ils sont ma­gni­fi­que­ment illus­trés et sur­tout ex­cel­lem­ment tra­duits. Leur sur­vie au sein d’une oeuvre mu­ti­lée leur confère sou­vent une force qu’ils n’avaient peut-être pas à l’origine, celle des for­mules ora­cu­laires. Frag­ment 14 : « Je sou­haite et re­cherche ar­dem­ment…»

L’Éter­nelle Amou­reuse, de Sapphô, tra­duit par Au­rore Guille­mette et Au­ré­lien Clause, Syn­chro­nique Édi­tions, 186 p., 12,90 €.

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