CARTE DE VI­SITE

AGORA En­tre­tien avec Mi­chelle La­ruë-char­lus

Bordeaux Moments - - Sommaire / Contents -

Que cherche-t-on à Agora ?

Agora est une vo­lon­té de croi­ser les ac­teurs du fait ur­bain avec le grand pu­blic pour ré­pondre à trois ob­jec­tifs. Tout d’abord, ou­vrir le dé­bat sur les grandes ques­tions po­sées aux mé­tro­poles eu­ro­péennes. En­suite, de­ve­nir un la­bo­ra­toire d’idées sus­cep­tible d’ai­der les dé­ci­deurs de la ville et les don­neurs d’ordre, y com­pris les pro­mo­teurs im­mo­bi­liers. Dans le contexte de l’ex­pan­sion bor­de­laise, ces der­niers se sentent par­fois obli­gés de par­ti­ci­per au fi­nan­ce­ment de la ma­ni­fes­ta­tion, mais tous té­moignent après coup d’un vé­ri­table en­ri­chis­se­ment dans cette ac­cul­tu­ra­tion com­mune. En­fin, der­nier ob­jec­tif : faire connaître le pro­jet bor­de­lais.

Quel est le thème de cette 7e édi­tion ?

Nous avons ex­cep­tion­nel­le­ment fait un pas de trois ans de­puis la der­nière édi­tion pour ac­com­pa­gner le mar­queur du dé­ve­lop­pe­ment de la mé­tro­pole que consti­tue l’ar­ri­vée de la LGV, et nous avons choi­si pour thème le pay­sage mé­tro­po­li­tain. Du coup, « Pay­sage » est de­ve­nu la thé­ma­tique des ma­ni­fes­ta­tions cultu­relles réunies à cette même oc­ca­sion. Quant à notre com­mis­saire gé­né­ral, l’ar­chi­tecte pay­sa­giste Bas Smets, son ex­po­si­tion s’in­ti­tule « pay­sage aug­men­té ».

Qu’en­ten­dez-vous par pay­sage ?

En Eu­rope, il n’y a plus de na­ture vierge de l’in­ter­ven­tion hu­maine. La dé­fi­ni­tion du pay­sage est de­ve­nue émi­nem­ment cultu­relle. C’est un en­semble de re­pré­sen­ta­tions fruit d’une plu­ra­li­té des re­gards. Dans des dé­cli­nai­sons de notre thème à l’échelle bor­de­laise, nous avons de­man­dé à plu­sieurs pho­to­graphes ou vi­déastes de tra­vailler sur des ter­ri­toires com­muns. Ils ne nous livrent pas la même mé­tro­pole. Pour les uns, les ha­bi­tants s’im­posent, pour d’autres le pay­sage plan­té est au centre, d’autres en­core mettent en avant le mou­ve­ment, qu’il soit dé­pla­ce­ment ou chan­ge­ment au gré du temps et des sai­sons.

Tout en at­ti­rant le grand pu­blic -55 000 vi­si­teurs pour la pré­cé­dente édi­tion- la bien­nale Agora est de­ve­nue un ren­dez-vous ma­jeur pour les ac­teurs eu­ro­péens de l’ur­ba­nisme. Ex­pli­ca­tion de texte avec son or­don­na­trice, Mi­chelle La­ruë Char­lus, éga­le­ment di­rec­trice gé­né­rale de l’amé­na­ge­ment de Bor­deaux Mé­tro­pole.

Mais cette thé­ma­tique du pay­sage est es­sen­tielle à l’heure d’un né­ces­saire ac­cord entre l’homme et la géo­gra­phie. Face aux en­jeux du dé­ve­lop­pe­ment du­rable et du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique, nous sa­vons dé­sor­mais que la tech­nique ne pour­ra tout so­lu­tion­ner et tout conte­nir. Nous de­vons lut­ter mais ce­la ne fe­ra pas tout, nous de­vons aus­si nous adap­ter. Le pay­sage, par la glo­ba­li­té de ses mé­ca­nismes, est un ins­tru­ment es­sen­tiel.

Vous par­lez de ré­vé­la­tion après chaque édi­tion ?

Tout au moins à l’échelle lo­cale. Par exemple, les dé­bats sur les mé­tro­poles mil­lion­naires ont créé lo­ca­le­ment un consen­sus po­li­tique pour at­teindre ce ni­veau de po­pu­la­tion, l’édi­tion sur le pa­tri­moine et le tra­vail de Marc Ba­ra­ni a per­mis de mettre en avant le ca­rac­tère dé­ci­sif des tra­cés, seul hé­ri­tage qui tra­verse toutes les époques, avec ici le rôle pré­pon­dé­rant des cours d’eau et de la Ga­ronne dans la dé­fi­ni­tion de la ville. Je ne peux dire vers quel en­sei­gne­ment s’orien­te­ra cette édi­tion, mais j’es­père un nou­veau pro­jet ur­bain à l’ho­ri­zon 2050 dans un monde nu­mé­rique qui prenne en compte la vie ur­baine au­tour du grand an­neau de la ro­cade tout en fai­sant at­ten­tion aux pe­tites com­munes de pé­ri­phé­rie.

Com­ment s’or­ga­nise la bien­nale ?

Tout ce qu’on dit et montre à Agora est sé­rieu­se­ment tra­vail- lé, mais c’est aus­si un ren­dez-vous ani­mé et amu­sant. Au Han­gar 14, le pro­pos tour­ne­ra au­tour de trois su­jets : l’agri­cul­ture ur­baine, l’amé­na­ge­ment du pé­ri-ur­bain et le de­si­gn avec la fa­bri­ca­tion d’ob­jet aux temps nu­mé­riques. Il y au­ra beau­coup de ma­quettes sur les pro­jets bor­de­lais, des films sur les jalles, la pres­qu’île d’am­bès, le del­ta vert de Bègles, des édi­tions pour un ka­léi­do­scope de la mé­tro­pole et puis des es­paces lu­diques pour les fa­milles, des dé­bats bien sûr, des ter­rasses... En ville ce sont de nom­breuses ex­po­si­tions, à la Base sous-ma­rine, à l’hô­tel de ville, à la Mai­son éco-ci­toyenne, au 308, sur les grilles du Jar­din pu­blic, au mi­roir d’eau, Sta­tion Au­sone, église St Ré­mi, ga­le­rie Ma­ren­go... Et une sur­prise de plus de 1km sur les quais, une fête au Bas­sin à flot, une nuit blanche entre le CAPC et le tri pos­tal à Ar­ma­gnac avec la Rock­school Bar­bey. C’est aus­si l’ins­ti­tut Ma­grez qui ac­cueille une ex­po Port­zam­parc, Arc-en-rêve qui pré­sente les pay­sa­gistes de To­po­tek. Do­ré­na­vant, les pro­fes­sion­nels et ama­teurs qui se dé­placent pour Agora ne font plus l’al­ler-re­tour, ils s’y donnent des ren­dez-vous, prennent le temps de pro­fi­ter des ani­ma­tions ou partent à la dé­cou­verte du ter­ri­toire.

AGORA Bien­nale de Bor­deaux, ar­chi­tec­ture-ur­ba­nisme-de­si­gn 7e édi­tion du 14 au 24 sep­tembre – Di­vers lieux Ex­po­si­tion « Pay­sages mé­tro­po­li­tains » du 20 au 24 sep­tembre – Han­gar 14 www.ago­ra­bor­deaux.fr

Plaque por­tuaire Bas­sins à flot © Monts et Mer­veilles

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