La cham­pagne en 1915

Le phyl­loxe­ra n’est pas a ujourd’ hui notre plus dan­ge­reux en­ne­mi. Il at­ten­dra que l’autre soit chas­sé

Bulles & Millesimes - - ÉDITO - Par Bru­no Du­teurtre Pho­tos : CIVC et Lan­son

En no­vembre 1914, la ven­dange est ren­trée. Un grand mil­lé­sime est en cours de vi­ni­fi­ca­tion (lire Bulles & Mil­lé­simes n°2 de juin 2014) et les stocks de vins sont à peu près in­tacts. Se­lon Émile Man­ceau, di­rec­teur du Vi­gne­ron cham­pe­nois, la pre­mière an­née de guerre a très peu en­dom­ma­gé le vi­gnoble, à l’ex­cep­tion de cer­tains sec­teurs proches de Reims où quelques hec­tares de vignes ont été sa­cri­fiés pour la construction de tran­chées. De­puis le mois pré­cé­dent, Le Vi­gne­ron cham­pe­nois pa­raît à un rythme bi­men­suel. Le titre a failli dis­pa­raître en rai­son d’une si­tua­tion fi­nan­cière très com­pli­quée. Il sur­vit grâce au sou­tien, en es­pèces son­nantes et trébuchantes, de deux né­goces spar­na­ciens. Le prin­ci­pal sou­ci de la pro­fes­sion concerne alors le manque de maind’oeuvre pour les tra­vaux à ve­nir dans le vi­gnoble. La re­vue pro­fes­sion­nelle re­com­mande donc d’avan­cer ceux-ci au­tant que faire se peut. Fi­na­le­ment, la pré­sence de nom­breux re­fu­giés dans la ré­gion pal­lie­ra en par­tie l’ab­sence des hommes par­tis au front. Lorsque ce­la s’avère pos­sible, il est aus­si conseillé d’an­ti­ci­per la lutte contre le mil­diou, en tra­çant par exemple des sentes dans le vi­gnoble pour per­mettre le pas­sage d’ap­pa­reils à bât. En ef­fet, com­battre la ma­la­die à dos d’homme est in­en­vi­sa­geable. Concer­nant la pé­nu­rie mo­men­ta­née de che­vaux, la re­vue se veut ras­su­rante car « un cer­tain nombre de che­vaux ré­for­més a été dis­tri­bué dans le vi­gnoble »

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