Vi­site de la co­opé­ra­tive de Ville­dom­mange

De­puis trois ans, la co­opé­ra­tive de Ville­dom­mange (Marne) a dé­ci­dé de re­cou­rir au meilleur de la tech­no­lo­gie et au char­ge­ment au­to­ma­tique des pres­soirs afin d’aug­men­ter la qua­li­té des jus. Un dy­na­misme col­lec­tif pour va­lo­ri­ser le cham­pagne de ce ter­roir d

Bulles & Millesimes - - SOMMANAIRE - Par Sa­sha Ter­guev

Si quelques adhé­rents avaient at­ta­qué les ven­danges dès le 15 sep­tembre2016, l’ef­fer­ves­cence a vrai­ment ga­gné l’en­semble de la co­opé­ra­tive de Ville­dom­mange quatre jours plus tard. Tou­jours sou­cieuse d’ac­croître la qua­li­té de sa pro­duc­tion, cette struc­ture, forte de quelque 160 adhé­rents et rayon­nant sur 195 hec­tares de vignes, s’est équi­pée de­puis trois ans d’un sys­tème de char­ge­ment au­to­ma­tique des pres­soirs. Di­ri­gée de­puis plus de 15 ans par Laurent Char­lier, la co­opé­ra­tive fê­te­ra ses 60 ans en 2018.

Mo­ment pri­vi­lé­gié

« Nous amé­lio­rons ré­gu­liè­re­ment nos pra­tiques dans tous les do­maines, sou­ligne son pr ésident. La chaîne de char ge­ment au­to­ma­tique nous ap - porte un réel plus en pé­riode de v en­danges, no­tam­ment pour la pro­pre­té des lieux. Avec le char­ge­ment ma­nuel, des gr appes tombent tou­jours sur le sol, mais grâce à cet ou­til, ce­la se li­mite à quelques grains… Nous nous em­ploie­rons à faire vieillir au mieux cette ins­tal­la­tion pour la trans­mettre à nos suc­ces­seurs. » En sep­tembre der­nier, plu­sieurs membres du Co­mi­té in­ter­pro­fes­sion­nel du vin de Cham­pagne (CIVC) sont ve­nus as­sis­ter à un es­sai com­pa­ra­tif des deux mé­thodes. Pour l’oc­ca­sion, quelques so­lides gaillards ré­pé­tèrent les gestes tra­di­tion­nels en em­poi­gnant les caisses char­gées à ras bord de rai­sins fraî­che­ment cou­pés. Un exer­cice de force !

Thi­bault Char­lier oeuvre beau­coup en cu­ve­rie

« Les ven­danges sont un mo­ment pri­vi­lé­gié pour ren­con­trer nos par­te­naires éco­no­miques, re­lève Laurent Char­lier. Nous re­ce­vons des re­pré­sen­tants du né­goce, des chefs de cave. En fait, nous pré­pa­rons notre an­née de tra­vail durant cette courte mais in­tense pé­riode. »

Sa­tis­fac­tion

« C’est propre ! » Pa­role de vi­ti­cul­teur. Les adhé­rents s’avouent heu­reux et chan­ceux car peu de co­opé­ra­tives dis­posent d’ores et dé­jà d’un tel sys­tème au­to­ma­ti­sé. Si les pré­lè­ve­ments se font tou­jours à la main, le nou­veau dis­po­si­tif per­met d’ap­pré­ciables gains de temps et d’éner­gie phy­sique lors de la bas­cule, du char­ge­ment et du net­toyage. Bien sûr, la pre­mière an­née, quelques pe­tits ajus­te­ments furent né­ces­saires mais, au­jourd’hui, l’ins­tal­la­tion fonc­tionne bien. Et un tech­ni­cien est en per­ma­nence pré­sent sur place pour in­ter­ve­nir au cas où. Lors de la der­nière ven­dange, les pres­soirs ont vu pas­ser 2.600.000 ki­los de rai­sins, pour en­vi­ron 16.500 hec­to­litres de moût, ré­par­tis dans la cu­ve­rie d’une ca­pa­ci­té to­tale de 30.000 hec­to­litres. Cette der­nière est le do­maine d’un pe­tit groupe se fé­mi­ni­sant peu à peu. So­phie, Va­lé­rie, Jé­rôme, Oli­vier et Thi­bault s’ac­tivent pour le bien des vins de tous. Un tra­vail dif­fi­cile et par­fois in­grat pour ces co­opé­ra­teurs mo­ti­vés n’aper­ce­vant guère la lu­mière du jour à cer­taines époques de l’an­née. « En fait, ce sont les plus gros ma­ni­pu­lants qui se re­trouvent gé­né­ra­le­ment en cu­ve­rie. Nous sommes les pre­miers concer­nés » , ex­plique Thi­bault Char­lier. « Nous pré­pa­rons les as­sem­blages. Nous pro­po­sons une dé­gus­ta­tion aux adhé­rents qui le veulent avant la mise en bou­teille. Bien en­ten­du, l’as­sem­blage est réa­li­sé en fonc­tion des de­mandes, mais nous sommes cinq ou six à le dé­ter­mi­ner. En toute lo­gique, la règle veut en­suite que les adhé­rents re­prennent les fla­cons en fonc­tion de leur en­cé­pa­ge­ment. Pas ques­tion qu’une per­sonne s’ap­pro­vi­sionne en blanc de blancs s’il ou elle n’a pas une vigne de char­don­nay… »

Dix as­sem­blages dif­fé­rents

Pour l’heure, la co­opé­ra­tive s’en­or­gueillit d’une di­zaine d’as­sem­blages dif­fé­rents que les adhé­rents peuvent in­té­grer à leur gamme de cham­pagnes. Une pro­duc­tion de ra­ta­fia a éga­le­ment vu le jour. « L’al­cool pro­vient d’une fine éle­vée en fût durant deux ans mi­ni­mum, pour­suit Thi­bault. Puis, le ra­ta­fia est­lui-même pas­sé en fût pen­dant la même du­rée. Au fi­nal, cette pro­duc­tion peut être destinée au seul plai­sir des vi­ti­cul­teurs ou à la com­mer­cia­li­sa­tion. » Le tra­vail de la co­opé­ra­tive prend fin avec la mise en bou­teille et le sto­ckage se li­mite à la du­rée lé­gale de vieillis­se­ment. Au­cun pro­duit n’est mis en vente sous une marque as­so­ciée à la struc­ture. Ou­til au ser­vice de ses membres, la co­opé­ra­tive de Ville­dom­mange per­met ain­si aux vi­ti­cul­teurs lo­caux de dis­po­ser d’une gamme tou­jours amé­lio­rée de cu­vées re­flé­tant les atouts des co­teaux du vil­lage.

C’est propre! Pa­role de vi­ti­cul­teur

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