Quand le Cham­pagne ré­gnait sur la F1

Bulles & Millesimes - - SOMMANAIRE -

En 1936, le grand cham­pion au­to­mo­bile Ta­zio Nu­vo­la­ri, vain­queur de la Van­der­bilt Cup à Long Is­land, re­ce­vait un sal­ma­na­zar de cham­pagne Moët & Chan­don. Ain­si dé­bu­tait la tra­di­tion de la vic­toire fê­tée au cham­pagne. Par Gilles Na­var­ro Pho­tos Bernard As­set

La pho­to, en noir et blanc, date de quatre-vingt-un ans. Re­prise par la presse mon­diale, elle a mar­qué le dé­but d’une belle et longue his­toire. Le cli­ché im­mor­ta­lise un ins­tant ma­gique, ce­lui où Ta­zio Nu­vo­la­ri, le grand cham­pion ita­lien, re­çoit un sal­ma­na­zar de cham­pagne Moët & Chan­don en ré­com­pense de sa vic­toire dans la Van­der­bilt Cup 1936. Sur le Roo­se­velt Field de Long Is­land, État de New-York aux États-Unis, « Ni­vo­la » vient de bou­cler les 479 ki­lo­mètres de course au vo­lant de son Al­fa Ro­meo 12C-36 (la Scu­de­ria Fer­ra­ri, qui ne construit pas en­core ses propres voi­tures de course, en a en­ga­gé trois pour Ta­zio Nu­vo­la­ri, An­to­nio Bri­vo, au­teur de la pole po­si­tion, et Ni­no Fa­ri­na), en un peu plus de quatre heures et de­mie. S’ex­tir­pant de son Al­fa, Ta­zio est tout sou­rire. Il ne pa­raît pas éprou­vé par l’ef­fort qu’il vient de réa­li­ser. Quel­qu’un lui glisse alors entre les mains son pre­mier ca­deau de vain­queur, le sal­ma­na­zar de cham­pagne. On ne sait pas comment ont écla­té les bulles des neuf litres de nec­tar cham­pe­nois. On sait sim­ple­ment que l’Ita­lien n’a pas en­core ac­com­pli ce geste, de­ve­nu lé­gen­daire par la suite, d’agi­ter le fla­con pour as­per­ger les spec­ta­teurs à la ronde. Le cham­pagne n’a pas fi­ni sur les che­veux ou les cos­tumes de toux ceux qui avaient ac­cou­rus pour fé­li­ci­ter Nu­vo­la­ri. Il l’au­ra pro­ba­ble­ment par­ta­gé avec ses proches, mé­ca­ni­ciens ou co­équi­piers, per­pé­tuant ain­si la tra­di­tion de convi­via­li­té et de par­tage que confère la dé­gus­ta­tion d’une coupe du vin pé­tillant le plus fa­meux de la pla­nète.

Un jé­ro­boam de Moët pour Fan­gio

La pho­to de Nu­vo­la­ri à Long Is­land dort au­jourd’hui dans la pho­to­thèque de la mai­son Moët & Chan­don à Épernay. L’al­bum, de­puis, s’est en­ri­chi de quelques mil­liers de cli­chés té­moi­gnant de la conni­vence gran­dis­sante entre cham­pagne et course au­to­mo­bile. Il faut dire que Reims est au coeur de l’évo­lu­tion de la course au­to­mo­bile. De­puis 1926, le cir­cuit de Reims-Gueux ac­cueille les mer­veilleux fous rou­lants et leurs bo­lides. Et lorsque la Fé­dé­ra­tion internationale de l’au­to­mo­bile (FIA) crée le cham­pion­nat du monde de For­mule 1, en 1950, l’at­tri­bu­tion du Grand Prix de France re­vient tout na­tu­rel­le­ment au tra­cé cham­pe­nois, qui avait dé­jà ac­cueilli plu­sieurs édi­tions du Grand Prix de l’Au­to­mo­bile Club de France (ACF). Pe­tit clin d’oeil à l’His­toire, Ta­zio Nu­vo­la­ri avait im­po­sé son Al­fa Ro­méo Ti­po B pour la pre­mière édi­tion, en 1932, quatre ans avant l’anec­dote du sal­ma­na­zar de Long Is­land. Long de 7,815 ki­lo­mètres, le cir­cuit de Reims-Gueux se fau­file au mi­lieu du vi­gnoble, sur des routes ou­vertes (RN 31, CD2 6, CD 27). Pour la pre­mière édi­tion d’un Grand Prix de France de For­mule 1, le 2 juillet 1950, la foule a en­va­hi la cam­pagne cham­pe­noise. On dé­nombre 150.000 spec­ta­teurs ve­nus de tout l’Hexa­gone ad­mi­rer les as du vo­lant. Ils ne se­ront pas dé­çus puis­qu’ils as­sis­te­ront à la vic­toire du plus grand, ce­lui qui de­vien­dra un mythe des cir­cuits, l’Ar­gen­tin Juan-Ma­nuel Fan­gio, au vo­lant de son Al­fa Ro­meo 158. La mu­sique du huit cy­lindres ita­lien ré­sonne dans l’ouest ré­mois, au­tour de la com­mune de Gueux, dont deux des maires furent Eu­gène Roe­de­rer (1857-1876) et Jean Tait­tin­ger (1953-1958), grands noms de la fa­mille du cham­pagne s’il en est. L’Al­fa Ro­meo 158 est, à l’époque, une bête de course. Sur le tra­cé ré­mois, les trois voi­tures en­ga­gées par l’écu­rie officielle Al­fa Ro­meo SpA squattent la pre­mière ligne de la grille de dé­part. Elles se­ront deux à grim­per sur le po­dium du Grand Prix de France, Juan Ma­nuel Fan­gio de­van­çant Lui­gi Fa­gio­li au terme d’une course épous­tou­flante de 500 ki­lo­mètres ava­lés en moins de trois heures ! Giu­seppe Fa­ri­na, qui se­ra sa­cré pre­mier cham­pion du monde de For­mule 1 un mois plus tard à Mon­za, der­nière course de la sai­son (Fan­gio, contraint à l’aban­don sur casse mo­teur, lais­se­ra fi­ler le titre), doit aban­don­ner sur panne d’ali­men­ta­tion de sa pompe à es­sence. Cette pre­mière ré­moise est un franc suc­cès spor­tif, po­pu­laire et mé­dia­tique. Les deux cou­sins Paul Chan­don-Moët et Fré­dé­ric Chan­don de Briailles di­rigent alors Moët & Chan­don. Grands ama­teurs de course au­to­mo­bile, ils dé­cident de re­prendre à leur compte l’idée de Long Is­land 1936 et d’of­frir une bou­teille de leur meilleur cru au vain­queur du jour. Fan­gio se voit re­mettre un jé­ro­boam de Moët pour sa su­perbe vic­toire en Cham­pagne. L’his­toire est en marche. Une pas­sion amou­reuse est née. Le cham­pagne de­vient l’un des gènes de la nais­sante For­mule 1. Dé­sor­mais, il n’y au­ra pas un Grand Prix sans son jé­ro­boam sur le po­dium.

Le Mans 1967 et la douche au cham­pagne

La pas­sion de Moët pour la course au­to­mo­bile ne se dé­ment pas. On fê­te­ra toutes les grandes vic­toires en ou­vrant un fla­con de bulles mil­lé­si­mé. Les 24 Heures du Mans vont don­ner une nou­velle orien­ta­tion au cé­ré­mo­nial de la cé­lé­bra­tion de la vic­toire au cham­pagne. Nous sommes en 1966. Mar­ri de ne pas avoir pu ra­che­ter Fer­ra­ri au Com­men­da­tore En­zo, son pro­prié­taire qui a re­fu­sé toutes les pro­po­si­tions amé­ri­caines, Hen­ry Ford II dé­cide de ve­nir le défier, pour le battre sur son ter­rain de jeu, ce­lui de la plus cé­lèbre course d’en­du­rance. « Fré­dé­ric Chan­don

connais­sait bien Hen­ry F ord, ra­conte Jean Ber­chon, des­cen­dant de la f amille fon­da­trice et char gé pen­dant qua­rante ans de la c om­mu­ni­ca­tion de Moët & Chan­don. Le grand pa­tron amé­ri­cain, qui cher­chait à dy­na­mi­ser et à ra­jeu­nir l’image de sa marque, avait dit à Fred avant la pre­mière par­ti­ci­pa­tion en 1964 : « Nous all ons cou­rir au Mans pour es­sayer de battre Fer­ra­ri ! ». Sauf que tout n’est pas al­lé aus­si vite que le pré­sident de Ford l’ima­gi­nait… » En 1964, les deux voi­tures of­fi­cielles de Ford Mo­tor Com­pa­ny, les fa­meuses GT 40 Mark 1, ne sont plus là dès la mi-course, lais­sant le champ libre à un tri­plé Fer­ra­ri. L’an­née sui­vante, c’est bien une écu­rie amé­ri­caine qui s’im­pose au Mans, celle du NART (North Ame­ri­can Ra­cing Team)… mais elle fait cou­rir des Fer­ra­ri. Ford ne lé­sine pas sur les moyens pour par­ve­nir à ses fins. En 1966, le cé­lèbre « Star-Span­gled Ban­ner », l’hymne amé­ri­cain, ré­sonne

en­fin dans la Sarthe. Le duo néo-zé­lan­dais Bruce McLa­renCh­ris Amon offre au géant amé­ri­cain son pre­mier suc­cès aux 24 Heures. « À une heure de l’ar­ri­vée, pour­suit Jean Ber­chon, avec trois de ses v oi­tures en tête, Hen­ry Ford II a de­man­dé à Fred Chan­don de pr épa­rer une bout eille de cham­pagne. De­puis le dé­but des an­nées 1960, les vain­queurs avaient droit à une flûte, ap­por­tée sur un pla­teau par un ser­veur. Cette fois­ci, Hen­ry Ford chan­gea la donne. « Quand l ’Amé­rique gagne, ce n’est pas une bou­teille qu’elle boit pour fê­ter son suc­cès,

mais un jé­ro­boam ! » , cla­ma-t-il. Et McLa­ren-Amon eurent droit aux trois litres de cham­pagne ! » Lors de la re­mise des ré­com­penses sur le po­dium du Mans, un in­ci­dent va se pro­duire, qui au­ra des ré­per­cus­sions sur les pro­to­coles fu­turs. Jus­qu’alors le cham­pagne était dé­gus­té par les vain­queurs avec dé­lec­ta­tion. Mais, en 1966, tan­dis que ré­sonnent les hymnes na­tio­naux, la bou­teille of­ferte aux vain­queurs de la ca­té­go­rie 2 litres, le Suisse Jo Sif­fert et le Bri­tan­nique Co­lin Da­vis (Porsche 906), a été trop se­couée. Elle li­bère son bou­chon, bruyam­ment. Le cham­pagne jaillit du fla­con en gey­ser et écla­bousse ceux qui se trouvent tout au­tour. Ce bap­tême au cham­pagne amuse la ga­le­rie qui ne sait pas en­core que cette anec­dote co­casse se­ra le point de dé­part d’une nou­velle pra­tique. En 1967, Dan Gur­ney et son com­pa­triote amé­ri­cain AJ Foyt rem­portent les 24 Heures au vo­lant de leur Ford MK IV, fran­chis­sant pour la pre­mière fois la barre my­thique des 5.000 ki­lo­mètres par­cou­rus (5.232,9 km). Se re­mé­mo­rant l’anec­dote amu­sante de l’an­née pré­cé­dente, Gur­ney n’hé­site pas à cé­lé­brer sa vic­toire en agi­tant vo­lon­tai­re­ment, à la ma­nière d’un ex­tinc­teur, son jé­ro­boam dont le bou­chon ex­plose ra­pi­de­ment. La douche au cham­pagne, qui n’épar­gne­ra pas Hen­ry Ford II et son épouse, vient de naître, pour le plus grand bon­heur du pu­blic man­ceau. Quelques an­nées plus

tard, Dan Gur­ney ex­pli­que­ra ain­si son geste. « J’étais épui­sé, quand ils m’ont t en­du le mag­num de Moët, je l ’ai se­coué et j’ai com­men­cé à ar­ro­ser les pho­to­graphes, les autres pi­lotes, Hen­ry Ford II, Car­roll Shel­by et leur épouse. Ce fut un mo­ment très spé­cial. Mon ges te ét ait t ota­le­ment spont ané. Je ne pou­vais pas ima­gi­ner qu’il al­lait de­ve­nir une tra­di­tion. J’étais rat­tra­pé par l’émo­tion, c’était un de ces mo­ments par­ti­cu­liers de la vie où tout se passe par­fai­te­ment bien. J’ai juste pen­sé que ce suc­cès ob­te­nu dans la dou­leur, et après une in­tense ba­taille sur la piste, né­ces­si­tait quelque chose de spé­cial pour le cé­lé­brer… » « Ce ges te de­vien­dra une tr adi­tion, sou­rit Jean Ber­chon. Une sym­bo­lique es t née, qui v a per­du­rer. Celle du gl orieux vain­queur par­ta­geant son bon­heur et sa vic­toire avec la foule. Bien dans la tra­di­tion du cham­pagne : par­tage et gé­né­ro­si­té. » Le ré­flexe fes­tif de Dan Gur­ney al­lait non seule­ment en­trer dans l’His­toire, dé­jà si riche, du cham­pagne, mais aus­si se re­trou­ver im­mor­ta­li­sé par un pos­ter pour les fans, sur le­quel on pou­vait lire : « Spray it Again, Dan ! » Ar­rose-les à nou­veau, Dan…

L’his­toire du jé­ro­boam du Mans 1967 n’est pas ter­mi­née. Les bulles éva­po­rées, le cham­pagne dans les go­siers, la grosse bou­teille de Moët ter­mine dans les bras d’un pho­to­graphe amé­ri­cain de LIFE. Flip Schulke était très lié avec les pi­lotes de l’époque, et lors­qu’il de­man­da à Dan Gur­ney de re­faire le geste pour une ul­time pho­to, ce­lui-ci s’exé­cu­ta avant de si­gner une dé­di­cace sur l’éti­quette du jé­ro­boam vide et de l’of­frir à son co­pain. Tel un tro­phée de guerre, Schulke rap­por­ta l’ob­jet chez lui, en Flo­ride. Il trans­for­ma la bou­teille en lampe de sa­lon. Elle y res­ta trente ans avant que le pho­to­graphe, un beau jour, ne la confie à Dan et Evin Gur­ney, qui vi­vaient en Ca­li­for­nie du Sud. « Le geste, c’est toi qui l’a fait… Tu dois l’avoir chez toi ! Après tout, si quel­qu’un doit gar der ce sou­ve­nir, c’est bien toi », dit-il à son ami. Evin Gur­ney re­don­na au jé­ro­boam sa pre­mière ap­pa­rence, ôtant tout l’ap­pa­reillage élec­trique, et le couple fit fa­bri­quer une boîte spé­ciale pour pré­ser­ver la bou­teille. Elle trône au­jourd’hui au mi­lieu de la salle de confé­rence du siège de l’All Ame­ri­can Ra­cers, à San­ta Ana (Ca­li­for­nie).

Les moeurs ont chan­gé

Les temps changent. Les tra­di­tions aus­si. Cin­quante ans durant, Moët & Chan­don a ar­ro­sé les po­diums, s’of­frant une vi­trine pres­ti­gieuse. L’idée gé­né­reuse des deux cou­sins, Paul Chan­donMoët et Fré­dé­ric Chan­don de Briailles, trans­for­mée en un coup mar­ke­ting de gé­nie, bien ma­na­gée pen­dant trente ans par JeanMa­rie Du­bois, l’Am­bas­sa­deur des bulles et roi du ca­veau Na­po­léon à Épernay, a fait tache d’huile. La pra­tique s’est éten­due à d’autres épreuves du sport mé­ca­nique (en­du­rance, Pa­ris-Da­kar, ral­lye, mo­to). Mais par­fois, le cham­pagne n’a pas pé­tillé. Comme en 1978 à Mon­tréal, lorsque le ta­len­tueux pi­lote ca­na­dien Gilles Ville­neuve (Fer­ra­ri), vain­queur de « son » Grand Prix, dé­lais­sa les bulles sur la plus haute marche du po­dium, pour ava­ler la mousse d’un bras­seur de ses spon­sors, La­batt. Au dé­but des an­nées 1990, c’est la loi Évin qui bous­cule pro­to­cole et tra­di­tion en France. Dans le sou­ci de lut­ter contre l’al­coo­lisme des jeunes, elle li­mite les pu­bli­ci­tés pour les al­cools. Une me­sure qui ne se­ra pas du tout du goût de Ber­nie Ec­cles­tone, pa­tron de la For­mule 1. En 1997, il se pré­sen­ta sur le po­dium de Ma­gny-Cours avec des jé­ro­boams qu’il avait lui-même ache­tés. Il les of­frit à Mi­chael Schu­ma­cher, vain­queur du Grand Prix de France, et à ses ca­ma­rades de po­dium, Heinz-Ha­rald Frent­zen et Ed­die Ir­vine. Ec­cles­tone sou­hai­tait pro­tes­ter contre une me­sure qu’il ju­geait désuète… et qui le pri­vait au pas­sage d’une source pé­tillante de re­ve­nus. Lors des édi­tions qui sui­virent, le cham­pagne fit son re­tour. Sans éti­quettes sur les bou­teilles. En 2000, Moët & Chan­don aban­don­na la For­mule 1.

« En fait, nous nous sommes re­ti­rés fin 1997, ra­joute pour

l’anec­dote Jean Ber­chon. Mais alors que nous n’avions plus de c on­trat avec la F1, Ber­nie Ec cles­tone fai­sait ache­ter par P ad­dy McNal­ly, le pa­tron de F or­mu­la One Pad­dock, des jé­ro­boams qu’il dis­tri­buait sur les po­diums

comme si de rien n’ét ait. » Moët ne fe­ra pas marche ar­rière et lais­se­ra sa place à Mumm, de­ve­nu four­nis­seur of­fi­ciel de cham­pagne sur les cir­cuits. Une his­toire qui du­re­ra seize sai­sons, au cours des­quelles le pro­duc­teur ré­mois dut faire face lui aus­si au chan­ge­ment des moeurs et cou­tumes. À Bah­rein, en 2004, les bulles n’eurent pas

La­dou­cheau­cham­pa­gne­ne­se­ra-t-elle bien­tôt­plus­qu’un­cli­ché­con­ser­vé­dans les­meilleu­res­pho­to­thèques?

le droit de pé­tiller, la vente d’al­cool étant in­ter­dite par la re­li­gion mu­sul­mane, en vi­gueur dans le royaume. Elles furent rem­pla­cées par celles, plus su­crées, d’un jus de fruits ga­zeux. Fin 2015, sa pro­po­si­tion fi­nan­cière de sponsoring (5 mil­lions d’eu­ros) étant moi­tié moins éle­vée que celle sou­hai­tée par la F1, Mumm dé­cide de se re­ti­rer pour concen­trer ses ef­forts sur d’autres ma­ni­fes­ta­tions spor­tives comme le cham­pion­nat du monde de For­mule élec­trique ou la Coupe de l’Ame­ri­ca. De­puis 2016, c’est la marque amé­ri­caine Chan­don qui as­sure la pro­mo­tion de son « spark­ling wine » par le biais de la For­mule 1. Une évo­lu­tion qui dé­plaît aux pu­ristes. Ils peuvent se conso­ler en se di­sant que le vain­queur des 500 Miles d’In­dia­na­po­lis, la plus cé­lèbre course au­to­mo­bile amé­ri­caine, se voit of­frir une bou­teille de lait ! Pour les pi­lotes, qu’im­porte le fla­con, eux ont l’ivresse. Près de quatre-vingts ans après l’of­frande faite à Ta­zio Nu­vo­la­ri pour sa vic­toire à Long Is­land, l’his­toire d’amour du cham­pagne et de la course au­to­mo­bile est peut-être ar­ri­vée à un tour­nant. Sy­no­nyme de par­tage et de so­li­da­ri­té, deux mots qui ré­sonnent au­jourd’hui moins gé­né­reu­se­ment à nos oreilles, la douche au cham­pagne ne se­ra-t-elle bien­tôt plus qu’un cli­ché conser­vé dans les meilleures pho­to­thèques ? Ain­si va la vie, ain­si soit-il… Ou plu­tôt « il faut qu’il en soit

ain­si »… C’est la de­vise de la fa­mille Moët de­puis le XVe siècle !

Alain Prost - F1 San Ma­ri­no GP 1985 Mi­chael Schu­ma­cher - Schu­mi Re­ti­re­ment 2006

Alain Prost - F1 Bra­zi­lian GP 1990

Jacques Ville­neuve - Oli­vier Pa­nis - Jean Ale­si - F1 Spa­nish Grand Prix 1997

Max Vers­tap­pen - F1 Spa­nish Grand Prix 2016

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