Jean-Roch, le grand té­moin

Bulles & Millesimes - - SOM­MAIRE -

Le cham­pagne est un signe de raf­fi­ne­ment, de culture et de connais­sance e

Que vous ins­pire le cham­pagne ?

Le cham­pagne est un signe de raf­fi­ne­ment, de culture et de connais­sance. Pour moi, c’est aus­si un élé­ment de sa­voir. En ef­fet, se­lon le cham­pagne que choi­sissent les clients, je suis ca­pable de dé­fi­nir leurs centres d’in­té­rêt.

Quand avez-vous bu votre der­nière coupe de cham­pagne ?

Quand ? J’ai du mal à me sou­ve­nir mais je sais que j‘ai juste trem­pé mes lèvres dans la coupe car je ne bois pas d’al­cool. Alors certes je ne suis pas pra­ti­quant mais j’ap­pré­cie cette re­li­gion.

Le cham­pagne est-il dans votre es­prit as­so­cié à des oc­ca­sions par­ti­cu­lières ?

Pour moi chaque jour de la vie est un pré­texte au cham­pagne. Il faut ap­pré­cier chaque jour et quoi de mieux que de le faire avec du cham­pagne.

Vous sou­ve­nez vous de la pre­mière fois où vous avez trem­pé vos lèvres dans une coupe de cham­pagne ?

Je de­vais être ga­min. C’était lors d’un di­ner de fa­mille et mes pa­rents ne re­gar­daient pas vers moi. Je dois dire que j’étais très très at­ti­ré par cette flute et les bulles qui re­mon­taient. Je vou­lais ab­so­lu­ment en connaître le goût. Et j’ai fait la gri­mace comme tous les enfants qui goûtent du cham­pagne.

Quelle est pour vous la spé­ci­fi­ci­té du cham­pagne par rap­port aux vins ef­fer­ves­cents du monde ?

Le cham­pagne est pour moi l’ex­cep­tion. C’est un signe fort. Lorsque les gens boivent un ro­sé, un blanc de blancs, ce­la re­pré­sente un raf­fi­ne­ment dans la cé­lé­bra­tion.

Quel est votre plus grand sou­ve­nir as­so­cié à du cham­pagne ?

C’est le rêve de la nuit der­nière dans le­quel il y avait du cham­pagne par­tout.

Ven­dez vous beau­coup de cham­pagne dans vos éta­blis­se­ments VIP Room ?

Le cham­pagne est le coeur de cible des VIP Room à tra­vers le monde et pas seule­ment en France. C’est la re­li­gion pre-

Je dois dire que j’ étais très très at­ti­ré par cette flûte et les bulles quire mon­taient Am­bas­sa­deur du monde de la nuit de Pa­ris à Saint-Tro­pez en pas­sant par Du­baï ou New-York, Jean-Roch affiche un vé­ri­table in­té­rêt pour le cham­pagne. Le créa­teur des VIP Room tra­vaille avec les plus grandes marques. De­puis un quart de siècle, il a lar­ge­ment contri­bué à dé­trô­ner les whis­kys et autres vod­kas dans ses éta­blis­se­ments où la bulle cham­pe­noise est dé­sor­mais la bois­son fa­vo­rite. C’est à ce titre qu’il s’est vu dé­cer­ner en oc­tobre le titre de Cham­pe­nois de l’An­née 2017 par notre ma­ga­zine. Propos re­cueillis par Jean-Bap­tiste Du­teurtre

mière, la dy­na­mique pre­mière, la cé­lé­bra­tion pre­mière dans nos éta­blis­se­ments. Je fais par­tie de ceux qui sont au ser­vice du peuple de Cham­pagne.

Est-il im­por­tant qu’il y ait un cé­ré­mo­nial au­tour du cham­pagne ?

Le ri­tuel pour moi est es­sen­tiel. La mise en scène, la fa­çon d’ame­ner le cham­pagne, la mu­sique, les ef­fets spé­ciaux… Tout ce qui per­met de su­bli­mer l’ar­ri­vée du fla­con est es­sen­tiel. J’ai l’exemple de Saint-Tro­pez où j’ai conçu, il y a plus de dix ans, ce que j’ap­pelle l’as­cen­seur du bon­heur « Co­ming from the sky ». Il amène des ma­thu­sa­lems, des jé­ro­boams mais aus­si des bou­teilles de cham­pagne. Des gens du monde en­tier viennent à Saint-Tro­pez pour voir ce ri­tuel, et ils com­mandent gé­né­ra­le­ment de su­pers fla­cons.

Quelles est la bou­teille la plus chère ven­due dans un de vos éta­blis­se­ments ?

L’ar­gent dans ce do­maine est anec­do­tique. Le plus im­por­tant pour moi est la qua­li­té du fla­con ven­du. J’ai ven­du des bou­teilles dans toutes les marques et dans des for­mats pha­rao­niques. Mais je n’ai ja­mais ser­vi n’im­porte quoi, n’im­porte com­ment.

Cer­tains mettent des gla­çons dans le cham­pagne, ce­la vous choque ?

Je trouve ce­la bi­zarre, ef­fec­ti­ve­ment. Dans les VIP Room, nous ser­vons le cham­pagne dans des coupes gla­cées. Il n’y a donc pas be­soin de mettre de la glace. Mais il faut de beaux verres. La ver­re­rie est im­por­tante, le ser­vice est im­por­tant, le ri­tuel est im­por­tant. Mais le plus im­por­tant est le cham­pagne choi­si.

La ro­man­cière Amé­lie No­thomb parle du Cham­pagne comme d’une oeuvre d’art. Etes-vous d’ac­cord ?

Elle a rai­son. C’est une oeuvre d’art éphé­mère qui est comme le quart d’heure d’An­dy Wa­rhol.

(NDLR, l’ar­tiste dans le ca­ta­logue d’une ex­po­si­tion es­time : « À l’ave­nir, cha­cun au­ra droit à 15 mi­nutes de cé­lé­bri­té mon­diale. »)

Or­son Welles di­sait : « il y a trois choses dans la vie que je ne sup­porte pas : le ca­fé bru­lant, le cham­pagne tiède et les femmes froides. » Vous en pen­sez quoi ?

Je suis d’ac­cord avec lui sur le cham­pagne et le ca­fé.

Une vie sans cham­pagne, ce­la peut exis­ter ?

Une vie sans cham­pagne est une vie sans joie, sans cé­lé­bra­tion, sans bon­heur, sans par­tage. Ce­la ne peut pas exis­ter.

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© Mi­chel Jo­lyot

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