In­ven­dus à pe­tits prix

L’ap­pli­ca­tion Too good to go à Quim­per

Côté Quimper - - LA UNE - A.L.B.

Les der­niers clients ont quit­té l’Ins­tant T. La pa­tronne Fan­ny Car­rié range la salle et pré­pare un pa­nier consti­tué du plat du jour : fi­let mi­gnon avec du riz et une belle part de tarte rhu­barbe-fram­boises. Aux alen­tours de 15 h, une étu­diante de­vrait ve­nir cher­cher cet in­ven­du pour la mo­dique somme de 4 eu­ros. La tran­sac­tion s’est faite grâce à l’ap­pli­ca­tion Too good to go.

150 000 re­pas sau­vés en un an

Le concept a été ima­gi­né par Lucie Basch, jeune in­gé­nieure de 25 ans. « Le but est de lut­ter contre le gas­pillage ali­men­taire. On es­time qu’un tiers de la pro­duc­tion ali­men­taire mon­diale est gas­pillé chaque an­née. Ce­la re­pré­sente 10 mil­lions de tonnes de nour­ri­ture par

an en France » , éclaire Ca­mille Col­bus, de Too good to go. L’en­tre­prise cible les com­merces de bouche : bou­lan­gers, pâ­tis­siers, pri­meurs, res­tau­rants… Elle com­mence aus­si à dé­mar­cher les épi­ce­ries bios et les grandes sur­faces. Les com­mer­çants s’en­gagent à mettre à dis­po­si­tion un ou plu­sieurs pa­niers chaque

jour à l’heure qui leur convient. « Ces pa­niers sont ven­dus entre 2 et 4 eu­ros alors qu’ils en valent 10 à 15 eu­ros. Nous pre­nons une com­mis­sion d’un eu­ro et c’est gra­tuit pour

le consom­ma­teur » , dé­crit Ca­mille Col­bus. Too good to go s’est ra­pi­de­ment éten­du à une tren­taine de villes fran­çaises. 1500 com­mer­çants et 350 000 consom­ma­teurs (dont 30 à 40 % vrai­ment ac­tifs) ont été sé­duits par cette ap­pli­ca­tion. Elle a dé­bar­qué à Brest en juin der­nier. Vingt com­mer­çants se sont en­ga­gés dont Eat su­shi. « Chaque jour, je pro­pose trois pa­niers conte­nant 10 à 15 pièces. Ils partent sys­té­ma­ti­que­ment. Ce­la me per­met de va­lo­ri­ser mes pertes qui au­raient fi­ni à la pou­belle. Et puis, ce­la peut at­ti­rer de nou­veaux clients qui dé­couvrent ain­si les su­shis » , té­moigne Em­ma­nuel Mo­rin, le gé­rant.

Beau­coup de bou­lan­gers à Quim­per

A Quim­per, l’ap­pli­ca­tion fonc­tionne de­puis le 5 sep­tembre. Dix com­mer­çants se sont lan­cés dont une ma­jo­ri­té de bou­lan­gers. Jo­seph Loui­set a na­tu­rel­le­ment adhé­ré. « De­puis

sept ou huit ans, j’ai pris l’ha­bi­tude de dis­tri­buer à la fer­me­ture pains et sand­wichs aux per­sonnes sans res­source. Too good to go s’ins­crit dans la même lo­gique de lutte contre

de gas­pillage » , ex­plique le pa­tron du Four­nil du Cha­peau rouge et du Bon vieux temps. Trois pa­niers sont dis­po­nibles tous les jours dans chaque bou­lan­ge­rie au prix de 3 eu­ros. Con­trai­re­ment à Jo­seph Loui­set, Fan­ny Car­rié a

peu d’in­ven­dus. « Ce qu’il reste, on le ra­mène à la mai­son ou on le donne aux poules. Au­tant que ça aide un étu­diant ou une per­sonne avec peu de moyens » , consi­dère la pa­tronne de l’Ins­tant T qui met en ligne un pa­nier par jour. Elle peut aug­men­ter le nombre en fonc­tion de la clien­tèle du jour.

Fan­ny Car­rié pro­pose un pa­nier du mar­di au sa­me­di. A re­ti­rer entre 13 h 45 et 15 h 15 pour ne pas per­tur­ber le ser­vice.

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