Le par­quet se met à la dé­co

Le par­quet s’ac­corde à mer­veille aux vieilles bâ­tisses, aux­quelles il ap­porte cha­leur et au­then­ti­ci­té. Au­jourd’hui, grâce à des mo­dèles dé­co­ra­tifs, il sait aus­si ap­por­ter une note d’ori­gi­na­li­té dans un in­té­rieur.

Campagne Décoration - - SOMMAIRE - Texte et Sé­lec­tion : Vic­to­ria Guern

De­puis tou­jours, la pierre et le bois sont deux ma­té­riaux nobles qui se ma­rient har­mo­nieu­se­ment. Plus qu’un car­re­lage, un par­quet sait rendre une mai­son de cam­pagne cha­leu­reuse et donne en­vie d’y marcher pieds nus. Il prend gé­né­ra­le­ment la forme de lames rec­tan­gu­laires dans l’une des nom­breuses nuances de bois dis­po­nibles. La ten­dance des lames longues et larges est tou­jours de mise, au point qu’elle est de­ve­nue la règle.

NOU­VELLES FORMES, NOU­VEAUX AS­PECTS

Ce­pen­dant, la ten­dance émer­gente est à de nou­velles formes et à des as­pects plus ori­gi­naux. Ain­si, on voit ap­pa­raître des lames aux cô­tés on­du­lés comme une vague, des lames oc­to­go­nales imi­tant les to­mettes, ou en­core en forme de pe­tits pa­vés faits de bois de­bout (le fil du bois est à la ver­ti­cale, à la fa­çon des billots de bou­cher). Avec le temps, ces pa­vés se fen­dillent, ce qui leur confère un charme sup­plé­men­taire. Les par­quets ins­pi­rés du « point de Hon­grie » ou à bâ­tons rom­pus re­viennent sur le de­vant de la scène, dans des teintes in­édites. Ils donnent du rythme au sol jus­qu’à le trans­for­mer en ta­bleau. Les de­si­gners se sont mis à ima­gi­ner des ca­le­pi­nages (as­sem­blages de lames) ex­trê­me­ment so­phis­ti­qués. L’usine four­nit alors un plan de ca­le­pi­nage à son client car ce type de par­quet est un vrai casse-tête à po­ser. Autre pro­po­si­tion, des mé­daillons de bois avec in­crus­ta­tions de ba­guettes d’alu­mi­nium, à pla­cer au mi­lieu d’une en­trée, par exemple. Ils al­lient an­cien et contem­po­rain pour un ren­du très chic. Toutes ces nou­veau­tés sont, bien sûr, des pro­duits haut de gamme et donc très oné­reux. Outre la forme des lames, c’est aus­si par son as­pect de sur­face qu’un par­quet sait se rendre ori­gi­nal. Les par­quets struc­tu­rés, vieillis en usine pour don­ner l’illu­sion de marques et ci­ca­trices du temps, ont une pro­fon­deur de ma­tière sou­vent appréciée. Cer­tains pro­duits sont gou­gés (comme tra­vaillés à la gouge par la main de l’homme), ce qui leur at­tri­bue un re­lief plus pro­non­cé em­preint de charme. Plus en­core, cer­tains par­quets à l’an­cienne ou de ré­cu­pé­ra­tion offrent des dif­fé­rences de ni­veau (jus­qu’à 1,5 cen­ti­mètre !). Ce qui pour­rait être un dé­faut leur donne

au fi­nal un ca­chet in­imi­table. En règle gé­né­rale, tous les par­quets vieillis, d’es­prit « ré­cup’ », ins­pirent les fa­bri­cants et plaisent aux clients.

NOU­VELLES COU­LEURS

En termes de co­lo­ris, là aus­si, les nou­veau­tés sont lé­gion. Le noir et toute la pa­lette des gris sont très ten­dance et prennent peu à peu le pas sur les par­quets blan­chis. Ces nuances gri­sées créent un ef­fet vin­tage ou planches de chan­tier très ap­pré­cié en ce mo­ment. Pour ob­te­nir ce ren­du si ac­tuel, une autre so­lu­tion consiste à ache­ter un par­quet en chêne brut (ou à pon­cer un vieux par­quet de chêne) et à le vieillir soi-même : à l’aide d’un tam­pon, on passe de l’am­mo­niaque sur le bois (on porte, bien sûr, un masque) et le bois se met à gri­ser. Mieux vaut avoir la main lé­gère pour do­ser le gri­saille­ment. Plus éton­nants, les par­quets rouges, verts, jaunes ou bleus, par­fois de forme oc­to­go­nale comme des to­mettes, donnent du peps au sol, no­tam­ment dans une chambre d’en­fants. Autre so­lu­tion ten­dance : op­ter pour un simple plan­cher en pin ou en sa­pin, à peindre dans la cou­leur de son choix, uni­for­mé­ment, en pei­gnant les lames de dif­fé­rentes cou­leurs ou en ne co­lo­rant qu’une lame sur deux. Mais at­ten­tion à choi­sir une pein­ture qui lais­se­ra res­pi­rer le bois afin

de ne pas em­pri­son­ner l’hu­mi­di­té et d’évi­ter que le bois ne se dé­grade au fil des an­nées. En­fin, l’ori­gi­na­li­té passe éga­le­ment par la dé­cou­verte de nou­velles es­sences de bois. Les par­quets exo­tiques sont en perte de vi­tesse car on choi­sit de plus en plus du bois pro­ve­nant de fo­rêts eu­ro­péennes, voire fran­çaises. Mais outre le chêne et le sa­pin, il existe de très jo­lies es­sences. C’est le cas de l’érable sy­co­more, par exemple, qui offre une pâle blon­deur et un ef­fet cha­lou­pé très es­thé­tique. Ou en­core du bou­leau, dont le grain res­semble à du me­ri­sier, mais dans une belle cou­leur claire ou blanche. Le noyer et le pa­lis­sandre offrent eux aus­si de très jo­lis as­pects et co­lo­ris. Du cô­té des fi­ni­tions, si l’on connaît bien les par­quets vi­tri­fiés, ver­nis et hui­lés, on connaît moins ceux trai­tés au sa­von. Les bois vi­tri­fiés ou ver­nis sont ré­sis­tants aux taches et se net­toient fa­ci­le­ment à l’eau. Les par­quets hui­lés sont éco­lo­giques et laissent le bois res­pi­rer. Une fi­ni­tion au sa­von per­met de conser­ver le tou­cher brut et na­tu­rel du bois tout en le sa­tu­rant, en le nour­ris­sant et en le pro­té­geant. Il faut uti­li­ser un sa­von li­quide spé­ci­fique (ven­du chez les mar­chands de par­quets) et l’ap­pli­quer en fine couche, sur un par­quet brut ou lé­gè­re­ment hui­lé (mais pas sur un sol ver­ni ni vi­tri­fié). Le « plus » : si le par­quet est sale à un en­droit de pas­sage, une en­trée, par exemple, pas­ser un peu de ce sa­von per­met de faire dis­pa­raître les sa­lis­sures. Après la pose, il reste sou­vent des lames de par­quet in­uti­li­sées. Pour­quoi ne pas les re­cy­cler ? On peut en faire un pla­teau de bu­reau, une table basse, une tête de lit, une cré­dence (à évi­ter au-des­sus de l’évier et de la cui­si­nière) et même des bacs à fleurs pour la ter­rasse. Trans­for­mées en éta­gères ou en bi­blio­thèque, elles se­ront du plus bel ef­fet. On ca­che­ra alors la tranche de chaque éta­gère avec une ba­guette de bois plus épaisse, der­rière la­quelle on fixe­ra une ba­guette à Leds qui vien­dra éclai­rer l’éta­gère pla­cée en-des­sous.

4. Brut à peindre Ce par­quet mas­sif en pin ma­ri­time noueux brut de style rus­tique a été peint d’un jaune as­sor­ti au ca­na­pé pour un ef­fet dé­co rayon­nant. 16,16 €/m², Le­roy Mer­lin.

2. Pré­cieux Par­quet contre­col­lé en dalles de chêne hui­lé (39,2 x 39,2 cm), es­prit mar­que­te­rie re­vi­si­té. Ven­du par co­lis de 6 dalles avec en­tou­rage (1,42 m²). 139,50 €/m², Tra­di­tion Tuf­feau Car­men n°8, Pa­na­get chez Dis­pa­no.

3. Mé­lan­gé Par­quet mixant dif­fé­rentes cou­leurs de bar­dage an­cien pour un ren­du très ori­gi­nal et unique. Prix sur de­mande. At­mo­sphère & Bois.

5. Vieilli-adou­ci Po­sé en échelle, ce par­quet contre­col­lé en chêne gris-brun hui­lé ré­pond aux poutres du pla­fond. 100,70 €/ m², Chêne Ze­ni­tude huile « Fla­nelle », Pa­na­get.

6. Noir Lames longues et élé­gantes pour ce par­quet contre­col­lé en chêne co­lo­ris wen­gé soie. 79,90 €/m², « Cas­tel­lo », Quick Step.

10. clas­sique Par­quet en chêne contre­col­lé à l’es­prit d’au­tre­fois en bois cer­ti­fié PEFC, fa­bri­qué en France. À par­tir de 85 €/m², « Par­quet d’Au­tre­fois », Chêne de l’Est.

9. Es­prit ré­cup’ Plan­cher de vieux chêne au­then­tique, ra­bo­té pour ob­te­nir un tou­cher doux. Trois ef­fets de sur­face dis­po­nibles. Fond de wa­gon, prix sur de­mande, Art/Dé­co Par­ket.

11. Er­satz « Par­quet » fait en réa­li­té de lames de liège ver­nies. Iso­la­tion ther­mique et acous­tique naturelle. 37,98 €/m², « Cork­com­fort », Wi­can­ders.

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